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Université d'été à Floirac - 26 et 27 août 2003
Castel de Floirac
Le Castel de Floirac
 La presse en parle

SUD-OUEST 27/08/03
FLOIRAC.--L'auditorium accueille la 9e Université d'été de l'Assemblée des femmes

Les femmes veulent une loi contre les violences sexistes

Jean-François Harribey

" Ne parlez pas d'amour quand il s'agit de violence et de mort ". L'ombre de Marie Trintignant tombée début août sous les coups mortels de son compagnon et celle de Sohanne Benziane, brûlée vive l'an dernier à Vitry-sur-Seine " par de jeunes voyous pour insoumission à leurs lois " ont lourdement plané sur les débats de la 9e Université de l'Assemblée des Femmes qui se tient depuis hier à l'auditorium de Floirac.
Les deux tragédies " qui ont brutalement mis en évidence la réalité d'une violence sexiste " et l'absence d'une législation spécifique dans le pays ont amené l'Assemblée des femmes à interpeller dans une motion le gouvernement et les parlementaires, afin qu'" ils ouvrent les yeux sur cette réalité insoutenable frappant chaque année un million et demi de femmes en France et qu'ils assument leurs responsabilités ".
Bref, qu'ils se décident enfin à examiner le projet de loi antisexiste qu'avait proposé dès 1983 Yvette Roudy, sur une suggestion de Simone de Beauvoir, mais qui, barrée " par le pouvoir machiste ", n'a jamais été inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.
" Les dispositions prises en 1994 lors de la révision du Code pénal ont qualifié les violences domestiques de "coups et blessures volontaires contre autrui", mais du même coup ont contribué à les banaliser, alors que s'impose un cadre législatif spécifique, à l'instar des pays nordiques et du Canada qui reconnaissent ces crimes pour ce qu'ils sont ", précise l'ancienne ministre et présidente de l'Assemblée des femmes.

Débat à Floirac

En débat hier à Floirac, Olga Zrihen, vice-présidente de la commission des femmes au Parlement européen, Yvette Roudy, présidente de l'Assemblée des femmes, Pervenche Berès, députée européenne, et Conchita Lacuey, députée-maire de Floirac
PHOTO THIERRY DAVID

" Fausse route " ? Yvette Roudy profitera également de la tribune que lui offre la table ronde organisée sur le thème " Où en sont les femmes ", pour régler ses comptes avec Elisabeth Badinter, l'auteur de " Fausse Route ", un livre qui de toute évidence lui est resté en travers de la gorge.
" En exigeant la parité, nous aurions placé une bombe à retardement dans nos institutions, et en appelant à la lutte contre les violences faites aux femmes nous les "victimiserions"; en condamnant la prostitution, nous porterions atteinte à leur droit de choisir librement le "métier" de prostituée et en réclamant le droit pour les femmes de transmettre leur nom à leurs enfants, nous ferions décidément fausse route ! ", lâche Yvette Roudy.
" Il est clair qu'Elisabeth Badinter manque d'expérience sur le terrain, objecte-t-elle. Le terrain c'est justement ce qui fait la différence entre le froid théoricien enfermé dans son laboratoire et le travailleur social ou le militant politique confronté aux luttes de classe, à la dure réalité sociale, ses douleurs, ses tragédies humaines et ses rapports de forces impitoyables ".
" Contrairement à ce que prétend Elisabeth Badinter, enchaîne-t-elle, la violence machiste n'est pas une invention des associations féministes. Pendant des siècles, elle a été couverte, acceptée, autorisée par l'autorité paternelle récemment transformée en autorité parentale ". Et d'en appeler au PS " qui pourrait prendre l'initiative d'une grande campagne contre ces violences barbares " et aux députés qui devraient sortir son projet de loi du placard, " car seule la loi est en mesure de protéger le faible ".
Plus généralement, concernant la lutte menée par les femmes pour la parité, " force est de constater, concédera plus tard Yvette Roudy, que depuis quelques années nous piétinons, nous régressons en laissant du même coup la voie libre à nos détracteurs. En matière de droits conquis, si les femmes ont réussi à couvrir au cours des trente dernières années plus de distance qu'au cours des deux derniers siècles, il leur reste encore beaucoup à faire, conclura-t-elle, mais je reste persuadée que nous sommes dans la bonne direction ".

" Cette réalité insoutenable frappant chaque année un million et demi de femmes en France "


SUD-OUEST 28/08/03
FLOIRAC.--Hier à l'auditorium, fin de la 9e Université d'été de l'Assemblée des femmes

La laïcité en crise

Jean-François Harribey

Les femmes ont très majoritairement signé hier la motion réclamant l'adoption du projet de loi antisexiste destiné à enrayer les violences dont elles sont victimes (lire notre édition du 27 août).
Mais cette dernière journée de travaux de l'Assemblée des femmes aura surtout été marqué par l'intervention de Michel Miaille sur " la laïcité et l'Europe" ". Ce professeur de droit à Montpellier a placé son exposé sous le signe de la " crise " que rencontrent tant l'écriture de la Constitution européenne que la situation des Eglises.
" La crise en question ne doit pas être entendue comme chaos ou catastrophe, mais comme une situation "fluide", où les acteurs et les secteurs de la vie sociale se réorganisent dans une configuration nouvelle. Ceci vaut particulièrement pour la question de la laïcité en Europe, vue aussi bien du côté de la définition de ses principes que du statut reconnu aux Eglises dans la Constitution européenne ", prend-il le soin de souligner.
Michel Miaille évoque ainsi le " lobbying " des Eglises aussi bien catholique et protestante qu'israélite et musulmane, qui se traduit par l'insertion d'un article dans le texte de la Constitution reconnaissant et pérennisant leurs statuts particuliers dans les différents Etats et prévoyant un " dialogue ouvert, transparent et régulier avec les Eglises et les associations non confessionnelles ".
Le professeur d'université parle de " foire " sur le " marché " religieux, du statut des Eglises d'Etat et officielles comme au Royaume-Uni, au Danemark ou en Allemagne, jusqu'à celui d'institution privée, comme en France.
" Se met donc en place, explique-t-il, un rapport nouveau et officiel de relations entre Eglises et institutions européennes qui réclame une grande vigilance et un inévitable compromis entre des situations et des stratégies aussi différentes suivant les Etats. "


En Serbie et en Hongrie. Concernant la situation des femmes en Europe, Dragana Pétrovic, présidente de la commission du gouvernement serbe pour la parité et le statut des femmes, a évoqué le double héritage de la période Tito et de la période Milosevic. " Après le départ de ce dernier, il a fallu tout reconstruire, réintroduire notamment l'égalité des chances entre les hommes et les femmes ", explique-t-elle en notant cependant aujourd'hui plusieurs avancées : l'introduction d'un quota de femmes sur les listes électorales, le panachage hommes-femmes instauré par la loi, la condamnation pour viols et harcèlement au travail.
" Demain affirme-t-elle, d'autres outils sociaux feront leur apparition, comme la garde des enfants pour les mères qui travaillent ou la promotion des femmes qui réussissent. " Le Parti social-démocrate prône pour sa part un rééquilibrage des femmes en politique : 40 % de ses députés sont des femmes, dans un pays où les femmes représentent 52 % des électeurs.
Zita Gurmai, députée du Parlement de Hongrie, évoque pour sa part les efforts faits dans son pays, après la chute du communisme, dans le sens de l'égalité hommes-femmes. Elle note cependant que, si les femmes sont davantage représentées au sein du gouvernement, elles ne sont plus cependant que 49 % à travailler au lieu de 85 %, et à peine 10 % à siéger au Parlement. Elle croit cependant déceler un véritable élan en faveur des femmes sous l'impulsion du ministère sur l'égalité des chances, qui travaille autour du problème des violences conjugales et de la prostitution.


Le Boulevard des Potes à Bordeaux. Christelle Raspolini, vice-présidente du Mouvement Ni Putes Ni Soumises, initié par la fédération nationale de la Maison des Potes, a fait part enfin à l'Assemblée des femmes des résultats obtenus au lendemain de son tour de France et de la rencontre avec Jean-Pierre Raffarin : la diffusion dans les écoles, les lycées et les collèges, dans les quartiers et dans le milieu associatif, d'un guide à l'éducation au respect, sorte d'outil de communication entre les filles et les garçons; la mise à disposition de cinquante logements d'hébergement d'urgence, qui sont déjà tous occupés; l'organisation des université des femmes les 3,4 et 5 octobre prochain; la mise en place de cellules d'accueil spécifiques aux femmes déjà testées dans certains commissariats et le projet de création de maisons de femmes, lieu d'écoute et de conseil dans les quartiers.
Christelle Raspolini a annoncé enfin la création prochaine à Bordeaux d'un comité local représentant le Mouvement qui est en train d'essaimer en France.

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 Hommage à Chantal Morel

À l'occasion de l'Université d'été 2003, l'Assemblée des Femmes a rendu hommage à Chantal Morel, décédée le 1er août.

Active militante, elle était Conseillère d'arrondissement et de Paris.

Adhérente dès sa création à l'Assemblée des Femmes, elle ne manquait aucune de nos manifestations.
Adhérente engagée, elle a toujours soutenu fidèlement nos entreprises.

Beaucoup d'entre nous avaient établi avec elle des liens amicaux. Nous venons de perdre une amie fidèle et dévouée.

La Présidente
Yvette Roudy

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 Programme

Mardi 26 août 2003

* Accueil des participantes et des participants.

* Allocution de bienvenue par Conchita Lacuey, députée -maire de Floirac, vice -présidente de l'Assemblée des Femmes.

* Présentation du programme par Yvette Roudy, ancienne Ministre, Parlementaire Honoraire, Présidente de l'Assemblée des Femmes.

* L'Europe dans le monde, les enjeux, les défis, par Catherine Lalumière, Ancienne Ministre, ancienne Secrétaire Générale du Conseil de l'Europe, Parlementaire Européenne.

Débat.

Déjeuner sur place.

* Table ronde : Où en sont les femmes ? Introduction de Yvette Roudy et participation de Danielle Bousquet, Catherine Génisson, Conchita Lacuey, Martine Lignières -Cassou et les parlementaires présentes. Pressenties : Fadela Amara, présidente de l'association "Ni putes ni soumises".

Débat et pause.

* Suite du débat : Situation des femmes en Europe, avec Olga Zrihen, Belgique, Dragana Petrovic, Serbie et deux femmes députées pressenties de pays candidats à l'Union.

Débat.

* Dîner -débat animé par Marie-Laure Meyer, maire -adjointe de Nanterre, auteure du livre : Qui veut tuer la démocratie ?

Mercredi 27 août 2003

* Table ronde : La constitution de l'Europe, animée par Manuel Lucbert, journaliste au Monde. Avec, Pervenche Bérès, parlementaire européenne, membre de la commission Constitution, Jacques Floch, parlementaire national, membre de la commission Constitution, Michel Miaille, professeur de droit, université de Montpellier, Harlem Désir, ancien Président de SOS Racisme, parlementaire Européen.

Débat.

Déjeuner sur place.

* Table ronde : L'Europe dans le monde, animée par Manuel Lucbert. Intervenants :
- Michel Miaille (professeur de droit Université de Montpellier)
- Josette Durieu, sénatrice, membre du conseil de l'Europe,
- Gilles Savary, parlementaire européen,
- Axel Queval, secrétaire général de la Fondation Jean Jaurès.

Débat.

* Allocution de clôture par Conchita Lacuey et Yvette Roudy.

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