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Le Castel de Floirac
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SUD-OUEST
27/08/03
FLOIRAC.--L'auditorium accueille la 9e Université
d'été de l'Assemblée des femmes
Les
femmes veulent une loi contre les violences sexistes
"
Ne parlez pas d'amour quand il s'agit de violence et de mort ".
L'ombre de Marie Trintignant tombée début août
sous les coups mortels de son compagnon et celle de Sohanne Benziane,
brûlée vive l'an dernier à Vitry-sur-Seine
" par de jeunes voyous pour insoumission à leurs lois
" ont lourdement plané sur les débats de la
9e Université de l'Assemblée des Femmes qui se tient
depuis hier à l'auditorium de Floirac.
Les deux tragédies " qui ont brutalement mis en évidence
la réalité d'une violence sexiste " et l'absence
d'une législation spécifique dans le pays ont amené
l'Assemblée des femmes à interpeller dans une motion
le gouvernement et les parlementaires, afin qu'" ils ouvrent
les yeux sur cette réalité insoutenable frappant
chaque année un million et demi de femmes en France et
qu'ils assument leurs responsabilités ".
Bref, qu'ils se décident enfin à examiner le projet
de loi antisexiste qu'avait proposé dès 1983 Yvette
Roudy, sur une suggestion de Simone de Beauvoir, mais qui, barrée
" par le pouvoir machiste ", n'a jamais été
inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.
" Les dispositions prises en 1994 lors de la révision
du Code pénal ont qualifié les violences domestiques
de "coups et blessures volontaires contre autrui", mais
du même coup ont contribué à les banaliser,
alors que s'impose un cadre législatif spécifique,
à l'instar des pays nordiques et du Canada qui reconnaissent
ces crimes pour ce qu'ils sont ", précise l'ancienne
ministre et présidente de l'Assemblée des femmes.
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En
débat hier à Floirac, Olga Zrihen, vice-présidente
de la commission des femmes au Parlement européen, Yvette
Roudy, présidente de l'Assemblée des femmes, Pervenche
Berès, députée européenne, et Conchita
Lacuey, députée-maire de Floirac
PHOTO THIERRY DAVID
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"
Fausse route " ? Yvette Roudy profitera également de
la tribune que lui offre la table ronde organisée sur le thème
" Où en sont les femmes ", pour régler ses comptes
avec Elisabeth Badinter, l'auteur de " Fausse Route ", un
livre qui de toute évidence lui est resté en travers de
la gorge.
" En exigeant la parité, nous aurions placé une bombe
à retardement dans nos institutions, et en appelant à
la lutte contre les violences faites aux femmes nous les "victimiserions";
en condamnant la prostitution, nous porterions atteinte à leur
droit de choisir librement le "métier" de prostituée
et en réclamant le droit pour les femmes de transmettre leur
nom à leurs enfants, nous ferions décidément fausse
route ! ", lâche Yvette Roudy.
" Il est clair qu'Elisabeth Badinter manque d'expérience
sur le terrain, objecte-t-elle. Le terrain c'est justement ce qui fait
la différence entre le froid théoricien enfermé
dans son laboratoire et le travailleur social ou le militant politique
confronté aux luttes de classe, à la dure réalité
sociale, ses douleurs, ses tragédies humaines et ses rapports
de forces impitoyables ".
" Contrairement à ce que prétend Elisabeth Badinter,
enchaîne-t-elle, la violence machiste n'est pas une invention
des associations féministes. Pendant des siècles, elle
a été couverte, acceptée, autorisée par
l'autorité paternelle récemment transformée en
autorité parentale ". Et d'en appeler au PS " qui pourrait
prendre l'initiative d'une grande campagne contre ces violences barbares
" et aux députés qui devraient sortir son projet
de loi du placard, " car seule la loi est en mesure de protéger
le faible ".
Plus généralement, concernant la lutte menée par
les femmes pour la parité, " force est de constater, concédera
plus tard Yvette Roudy, que depuis quelques années nous piétinons,
nous régressons en laissant du même coup la voie libre
à nos détracteurs. En matière de droits conquis,
si les femmes ont réussi à couvrir au cours des trente
dernières années plus de distance qu'au cours des deux
derniers siècles, il leur reste encore beaucoup à faire,
conclura-t-elle, mais je reste persuadée que nous sommes dans
la bonne direction ".
"
Cette réalité insoutenable frappant chaque année
un million et demi de femmes en France "
SUD-OUEST
28/08/03
FLOIRAC.--Hier à l'auditorium, fin de la
9e Université d'été de l'Assemblée des femmes
La
laïcité en crise
Les
femmes ont très majoritairement signé hier la motion
réclamant l'adoption du projet de loi antisexiste destiné
à enrayer les violences dont elles sont victimes (lire
notre édition du 27 août).
Mais cette dernière journée de travaux de l'Assemblée
des femmes aura surtout été marqué par l'intervention
de Michel Miaille sur " la laïcité et l'Europe"
". Ce professeur de droit à Montpellier a placé
son exposé sous le signe de la " crise " que
rencontrent tant l'écriture de la Constitution européenne
que la situation des Eglises.
" La crise en question ne doit pas être entendue comme
chaos ou catastrophe, mais comme une situation "fluide",
où les acteurs et les secteurs de la vie sociale se réorganisent
dans une configuration nouvelle. Ceci vaut particulièrement
pour la question de la laïcité en Europe, vue aussi
bien du côté de la définition de ses principes
que du statut reconnu aux Eglises dans la Constitution européenne
", prend-il le soin de souligner.
Michel Miaille évoque ainsi le " lobbying " des
Eglises aussi bien catholique et protestante qu'israélite
et musulmane, qui se traduit par l'insertion d'un article dans
le texte de la Constitution reconnaissant et pérennisant
leurs statuts particuliers dans les différents Etats et
prévoyant un " dialogue ouvert, transparent et régulier
avec les Eglises et les associations non confessionnelles ".
Le professeur d'université parle de " foire "
sur le " marché " religieux, du statut des Eglises
d'Etat et officielles comme au Royaume-Uni, au Danemark ou en
Allemagne, jusqu'à celui d'institution privée, comme
en France.
" Se met donc en place, explique-t-il, un rapport nouveau
et officiel de relations entre Eglises et institutions européennes
qui réclame une grande vigilance et un inévitable
compromis entre des situations et des stratégies aussi
différentes suivant les Etats. "
En Serbie et en Hongrie. Concernant la situation des femmes
en Europe, Dragana Pétrovic, présidente de la commission
du gouvernement serbe pour la parité et le statut des femmes,
a évoqué le double héritage de la période
Tito et de la période Milosevic. " Après le
départ de ce dernier, il a fallu tout reconstruire, réintroduire
notamment l'égalité des chances entre les hommes
et les femmes ", explique-t-elle en notant cependant aujourd'hui
plusieurs avancées : l'introduction d'un quota de femmes
sur les listes électorales, le panachage hommes-femmes
instauré par la loi, la condamnation pour viols et harcèlement
au travail.
" Demain affirme-t-elle, d'autres outils sociaux feront leur
apparition, comme la garde des enfants pour les mères qui
travaillent ou la promotion des femmes qui réussissent.
" Le Parti social-démocrate prône pour sa part
un rééquilibrage des femmes en politique : 40 %
de ses députés sont des femmes, dans un pays où
les femmes représentent 52 % des électeurs.
Zita Gurmai, députée du Parlement de Hongrie, évoque
pour sa part les efforts faits dans son pays, après la
chute du communisme, dans le sens de l'égalité hommes-femmes.
Elle note cependant que, si les femmes sont davantage représentées
au sein du gouvernement, elles ne sont plus cependant que 49 %
à travailler au lieu de 85 %, et à peine 10 % à
siéger au Parlement. Elle croit cependant déceler
un véritable élan en faveur des femmes sous l'impulsion
du ministère sur l'égalité des chances, qui
travaille autour du problème des violences conjugales et
de la prostitution.
Le Boulevard des Potes à Bordeaux. Christelle Raspolini,
vice-présidente du Mouvement Ni Putes Ni Soumises, initié
par la fédération nationale de la Maison des Potes,
a fait part enfin à l'Assemblée des femmes des résultats
obtenus au lendemain de son tour de France et de la rencontre
avec Jean-Pierre Raffarin : la diffusion dans les écoles,
les lycées et les collèges, dans les quartiers et
dans le milieu associatif, d'un guide à l'éducation
au respect, sorte d'outil de communication entre les filles et
les garçons; la mise à disposition de cinquante
logements d'hébergement d'urgence, qui sont déjà
tous occupés; l'organisation des université des
femmes les 3,4 et 5 octobre prochain; la mise en place de cellules
d'accueil spécifiques aux femmes déjà testées
dans certains commissariats et le projet de création de
maisons de femmes, lieu d'écoute et de conseil dans les
quartiers.
Christelle Raspolini a annoncé enfin la création
prochaine à Bordeaux d'un comité local représentant
le Mouvement qui est en train d'essaimer en France.
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À
l'occasion de l'Université d'été 2003, l'Assemblée
des Femmes a rendu hommage à Chantal Morel, décédée
le 1er août.
Active
militante, elle était Conseillère d'arrondissement et
de Paris.
Adhérente
dès sa création à l'Assemblée des Femmes,
elle ne manquait aucune de nos manifestations.
Adhérente engagée, elle a toujours soutenu fidèlement
nos entreprises.
Beaucoup
d'entre nous avaient établi avec elle des liens amicaux. Nous
venons de perdre une amie fidèle et dévouée.
La Présidente
Yvette Roudy
Mardi 26 août 2003
Accueil
des participantes et des participants.
Allocution
de bienvenue par Conchita Lacuey, députée -maire
de Floirac, vice -présidente de l'Assemblée des Femmes.
Présentation
du programme par Yvette Roudy, ancienne Ministre, Parlementaire
Honoraire, Présidente de l'Assemblée des Femmes.
L'Europe
dans le monde, les enjeux, les défis, par Catherine Lalumière,
Ancienne Ministre, ancienne Secrétaire Générale
du Conseil de l'Europe, Parlementaire Européenne.
Débat.
Déjeuner
sur place.
Table ronde
: Où en sont les femmes ? Introduction de Yvette Roudy
et participation de Danielle Bousquet, Catherine Génisson, Conchita
Lacuey, Martine Lignières -Cassou et les parlementaires présentes.
Pressenties : Fadela Amara, présidente de l'association "Ni
putes ni soumises".
Débat
et pause.
Suite du
débat : Situation des femmes en Europe, avec Olga Zrihen,
Belgique, Dragana Petrovic, Serbie et deux femmes députées
pressenties de pays candidats à l'Union.
Débat.
Dîner
-débat animé par Marie-Laure Meyer, maire -adjointe de
Nanterre, auteure du livre : Qui veut tuer la démocratie ?
Mercredi
27 août 2003
Table ronde
: La constitution de l'Europe, animée par Manuel Lucbert,
journaliste au Monde. Avec, Pervenche Bérès, parlementaire
européenne, membre de la commission Constitution, Jacques Floch,
parlementaire national, membre de la commission Constitution, Michel
Miaille, professeur de droit, université de Montpellier, Harlem
Désir, ancien Président de SOS Racisme, parlementaire
Européen.
Débat.
Déjeuner
sur place.
Table ronde : L'Europe dans le monde, animée par Manuel
Lucbert. Intervenants :
- Michel Miaille (professeur de droit Université de Montpellier)
- Josette Durieu, sénatrice, membre du conseil de l'Europe,
- Gilles Savary, parlementaire européen,
- Axel Queval, secrétaire général de la Fondation
Jean Jaurès.
Débat.
Allocution
de clôture par Conchita Lacuey et Yvette Roudy.
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