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La femme et sa place dans la société

* Des féministes ont dit NON au système prostitutionnel
* Il ne faut pas rouvrir les maisons closes
* Esclavage moderne
* Aménagement du temps de travail
* Féminisation des noms de métiers
* Journée internationale de la femme

Voir aussi :
Politiques européennes pour l'emploi : la clé pour réaliser l'égalité femmes-hommes (2003)

Journée internationale de la femme, 8 mars 1998

 Des féministes ont dit NON au système prostitutionnel
 Florence Montreynaud, 11 décembre 2002

Paris, 10 décembre 2002, anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains : pour la première fois, des féministes sont descendu-es dans la rue en nombre pour dire NON au système prostitutionnel, NON à la répression visant les personnes prostituées, et OUI à un monde sans prostitution.

La participation d'un quart d'hommes est un événement historique. Le système prostitutionnel concerne la société tout entière, y compris les hommes qui refusent les clichés sur la prostitution, comme celui des prétendus " besoins sexuels masculins irrépressibles ".
Cette manifestation, couverte par de nombreux journalistes et photographes, marque un tournant : il y avait déjà eu des actions de petits groupes féministes contre les viandards (" clients ") mais jamais, ni en Europe ni même, semble-t-il, dans le monde, il n'y avait eu une telle manifestation. Dynamique et colorée, elle a été organisée par un groupe réuni autour du Collectif national pour les Droits des femmes, et comprenant des associations féministes, des associations travaillant auprès de personnes prostituées, des partis (PS, PC, PRG, les Verts, LCR), des syndicats, la Ligue des droits de l'homme, ATTAC, etc.
Environ trois cents personnes ont marché derrière la banderole " LES ÊTRES HUMAINS NE SONT PAS DES MARCHANDISES " : elles sont entrées dans l'histoire, en ce 10 décembre, anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains. Alors que l'un de ces droits fondamentaux devrait être celui de ne pas être prostituée, dans les faits, payer pour avoir accès au sexe d'autres êtres humains est trop souvent considéré comme l'un des droits des hommes.
C'est ce que dénonçaient pancartes et slogans comme : " Un 'mal nécessaire'... ou 'nécessaire' aux mâles ? ", " Prostitution = liberté sexuelle... pour qui ? ", " Viol et prostitution sont les deux mamelles du patriarcat ", et encore : " Si c'est un métier, proposez-le à vos enfants ", " 'Services sexuels'= sévices sexuels ", " Si ça vous démange, grattez-vous " Oui au plaisir sans argent ", " Oui au plaisir sans violence ", etc.
Cet événement s'est produit en France, dans le pays qui a inventé en 1810 le système réglementariste (les bordels tolérés par l'État), dans le pays où la féministe Marcelle Legrand-Falco a fondé en 1926 la première association abolitionniste (qui demandait l'abolition de la réglementation de la prostitution). La présence à la manifestation de sa nièce Denise Pouillon-Falco, militante de 86 ans, faisait le lien avec ces générations de féministes qui, depuis plus d'un siècle dans les pays occidentaux, proclament leur refus du système d'oppression machiste qu'est la prostitution. Autre figure historique présente, Yvette Roudy, première ministre des Droits de la femme en 1981. Parmi les personnalités venues manifester, les socialistes Anne Hidalgo et Christophe Caresche, adjoints au maire de Paris, la députée Martine Lignières-Cassou, ainsi que les Vertes Martine Billard et Francine Bavay, et aussi l'avocate algérienne Wassyla Tamzali, ex-directrice des droits des femmes à l'Unesco.
Au coin de la rue Saint-Denis, lieu de prostitution, une dizaine de femmes, portant sur le visage un masque blanc, attendaient les manifestant-es, et deux militantes de France-Prostitution ont distribué des tracts.
Le défilé s'est poursuivi sans encombre sur les boulevards. Il s'est conclu par le rappel de l'opposition au projet de loi Sarkozy, et l'annonce de nouvelles manifestations, notamment quand celui-ci sera discuté à l'Assemblée nationale. Sur le constat qu'un ample réseau féministe et abolitionniste est en train de se constituer, le groupe s'est dispersé aux cris de : " Vive l'amour libre et gratuit ! ".

Voir aussi :
Motion n°2 - Le corps n'est pas une marchandise (Université d'été 2002)

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 Il ne faut pas rouvrir les maisons closes
 Yvette Roudy, Ancienne Ministre,Parlementaire Honoraire, Présidente de l'Assemblée des Femmes, 4 juillet 2002

Non, Françoise de Panafieu, il ne faut pas rouvrir les maisons closes. Sanctionnez plutôt le client.

Mais quelle mouche a bien pu piquer Françoise de Panafieu qui nous avait habituées à plus de finesse ? Rouvrir les maisons closes, dit-elle. En d'autres termes officialiser l'esclavage.
Parlons clair. Nul n'ignore que derrière une femme sur le trottoir se cache toujours le proxénète, les trafics, les systèmes, la mafia, les maisons de dressage, le conditionnement, les ventes et achats de femmes, un énorme trafic financier, des intérêts. Et des ramifications parfois très proches, insoupçonnées.
Comment peut-on être à ce point aveugle, dupe, ignorant, complice, ou indifférent à cette misère humaine, sociale, culturelle qui jette sur le trottoir des êtres humains réduits à l'état de marchandise ? Si il y a prostitution c'est qu'il y a des clients, donc un marché et une organisation de trafiquants d'êtres humains. Tout cela est interdit par de nobles déclarations internationales, largement bafouées, avec la complicité des clients de leurs avocats, et des proxénètes qui, au fond d'eux-mêmes, ont la nostalgie de la double morale patriarcale, permissive pour les hommes, répressive pour les femmes...
Réouvrir les bordels ? Voilà qui peut rapporter gros à certains à l'heure où des cohortes de malheureux venant de l'est espèrent trouver chez nous une terre de liberté et de dignité.

Non Françoise de Pannafieu, la prostitution ne peut être un métier.

J'attends que l'on me présente une prostituée qui prépare sa fille à sa propre succession. Les solutions au désordre actuel doivent se placer sous le signe de la dignité. Le Maire de Paris et ses adjoints ont raison de demander la sanction du client, la poursuite du proxénète, le démantèlement des réseaux. C'est la bonne direction...

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 Esclavage moderne
 Compte rendu de l'Assemblée Générale ordinaire du 7 novembre 1998

L'Assemblée Générale ordinaire a été précédée de 10h à 13h15 d'une réunion sur le thème "L'esclavage au féminin" avec la participation de Christiane Taubira-Delannon, George Pau-Langevin, Sylvie O'Dy, Nicole Castioni. La table ronde était présentée et animée par Françoise Durand.

Françoise Durand présente les intervenantes devant une salle très remplie, environ 80 participantes, et ouvre la réunion par un exposé très précis des données historiques du sujet et de sa problématique moderne. Elle donne ensuite la parole aux intervenantes.

Christiane Taubira-DelannonChristiane Taubira-Delannon, députée de la Guyane, précise malheureusement le peu de documents sur ce sujet ainsi qu'une résistance spécifique aux femmes. Elle précise les bases du système esclavagiste avec l'application du "code noir". Pour Christiane Taubira-Delannon, trois éléments sont essentiels à l'heure actuelle :

  • Reconnaître la traite négrière comme crime contre l'humanité.
    400 ans de déportation, de 15 à 30 millions de déportés, les chiffres sont tragiques et éloquents.
  • La traite négrière était un système étatique.
    L'état était en grande partie propriétaire des plantations et percevait des taxes sur les esclaves. Il existait même une concurrence entre états.
  • Le devoir de mémoire est indispensable et capital.
    Pour l'ensemble de l'humanité, il faut savoir jusqu'où a été l'abomination. Il faut admettre la nécessité de la justice historique.

Christiane Taubira-Delannon échange quelques propos avec la salle et remercie les participantes de leur soutien chaleureux dans son futur combat sur la reconnaissance de ce crime contre l'humanité et fera connaître dès que possible le texte de la proposition de loi pour que l'Assemblée des Femmes puisse le soutenir.

George Pau-Langevin, membre de l'Assemblée des Femmes, Directrice de l'Agence Nationale Pour l'Insertion des Travailleurs d'Outre-Mer, parle d'une réflexion nécessaire à l'occasion du 150ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage. Elle s'étonne que les gens soient si silencieux sur ce sujet. Les Français ont oublié qu'ils ont été esclavagistes. Elle regrette le peu de participation aux diverses manifestations organisées cette année. En fait, il y a des choses incommunicables : La traite négrière et les déportations sont difficilement concevables. Aux Antilles, les relations entre Français et Antillais sont fausses, les gens ne disent pas ce qu'ils pensent. Par rapport aux femmes, George Pau-Langevin précise que d'être femme n'était pas une garantie contre les razzias et les violences. Les femmes étaient exploitées physiquement, violées, leurs enfants appartenaient avant tout au maître. Pourtant, elles ont combattu ; on en retrouve quelques unes dans les luttes de libération, les armes à la main. George Pau-Langevin en profite pour affirmer sa colère de voir une rue de Paris (8ème arrondissement) porter le nom du général Richepance, qui s'est illustré sous Napoléon comme grand organisateur des déportations d'esclaves...

Sylvie O'Dy, membre du Comité contre L'Esclavage Modene, rappelle que, dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, rédigée il y a cinquante ans, l'article 4 précisait que : "nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes".

Le CCEM lutte et dénonce les formes modernes de l'esclavage, celui qui nous est très proche puisque, sans que nous puissions nous en douter, des gens sont retenus contre leur gré et dans des conditions effroyables. Ce sont les " petites bonnes ", ce sont les travailleurs des ateliers clandestins, les mendiantes aux carrefours avec des enfants qui ne sont pas toujours les leurs... Il y a des négriers modernes qui tirent parti de la misère et dirigent de véritables réseaux mondiaux de traites d'humains. Sylvie O'Dy à la question " que faire en face d'une femme qui mendie sous la pluie dans un état physique effroyable, un enfant dans les bras ? "  répond qu'il faut prévenir les autorités. Plus il y aura de dénonciations, plus on pourra alerter l'opinion, assez passive jusque-là (ainsi que l'administration...).

Nicole CastioniNicole Castioni, députée de Genève, auteure du livre " Le soleil au bout de la nuit ", nous présente son expérience personnelle : 5 ans de prostitution rue St Denis, enfer aggravé par la drogue. Elle s'enfuit au risque de sa vie. Par une volonté extraordinaire, s'en sort sans trop d'encombres, poursuit ses études. Elle est maintenant juge et députée. C'est ce parcours qu'elle décrit sans complaisance dans son livre. La Prostitution est une autre forme d'esclavagisme. A l'heure actuelle, 500 000 femmes sont victimes d'esclavagisme sexuel. Elle précise bien qu'elle parle de la prostitution contrainte, représentant 80 à 90% de l'ensemble des prostitués (femmes, enfants, hommes). C'est un sujet toujours difficile à aborder, car il fait souvent sourire les parlementaires hommes... On retrouve malheureusement toujours des arguments pour l'expliquer, contraintes économiques, misères sexuelles, etc. Nicole Castioni lutte pour l'abolition de la Traite des Humains. Il faut qu'une commission extraparlementaire travaille sur le sujet et interpelle l'ONU et le Parlement Européen. Le phénomène est d'ampleur internationale, car les réseaux de proxénètes partent souvent d'Afrique ou d'Asie ou de pays de l'Est pour arroser l'Europe occidentale. Les proxénètes ne sont plus uniquement une personne physique mais de véritables sociétés. Les femmes sont réduites à de la marchandise.

Nicole Castioni, en écrivant son livre, a voulu mettre un visage sur une situation. Elle a voulu témoigner et être le porte-parole de ces 500 000 personnes en Europe.

Après la pause déjeuner, la journée s'est poursuivie avec la tenue de l'Assemblée Générale proprement dite.

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 Aménagement du temps de travail

 Quelle place pour les femmes dans quelle société ?
 Projet de Charte proposé par B. Joncour Chapuis lors de l'université d'été 1998
 1ère version faisant suite aux travaux menés au sein de la Clef, de la Commission Droits des femmes du PS, des  premières consultations avec diverses associations et notamment au sein de l'Assemblée des Femmes.

Préambule
Les avancées d'aujourd'hui
Propositions
En conclusion
Appel à participation

Préambule

Les femmes veulent, aujourd'hui, une vie à part entière.

Vie personnelle, pleine, épanouie, pour elles, leurs enfants et leurs compagnons. Vie professionnelle, source d'intégration sociale et d'autonomie. Vie civique, enfin, pour apporter leur pierre d'efficacité et de réalisme à la cité.

Comment obtenir tout cela dans un monde en profonde mutation, où pèsent l'exclusion et une paupérisation qui s'accélèrent en même temps que croissent les richesses offertes. Un monde que menacent les explosions sociales, raciales, religieuses. 

L'histoire récente - L'évolution du statut féminin, en 100 ans, a été déterminante (ouverture de l'éducation en 1880, droit de vote, droits civils et juridiques, liberté réelle par la contraception et l'avortement en 1970).

L'accès au monde du travail s'est accéléré : de 49 à 61 % de taux d'activité féminin de 1970 à 1998 en France (80 % pour les 25 / 39 ans ). L'augmentation du travail féminin a été plus rapide que celle du travail masculin dans le monde. En France + 2,5 millions d'emploi féminin gagnés (domaine des services essentiellement), 1 million d'emplois masculins perdus (dans l'industrie principalement ).

La progression des femmes dans les postes de cadres et les professions intellectuelles supérieures est sensible : de 27 à 34 % en 10 ans. 54 % de professeurs et 13 % seulement d'ingénieurs et cadres techniques. Elles représentent 6 % seulement des dirigeants (quand 1 PME sur 3 est créée par une femme en France, 51 % aux USA ). 60 % du monde ouvrier. Le chômage féminin reste important (14,2 % contre 10, 8 % chez les hommes ), pire encore chez les 20 à 24 ans (31,4 cf. 21,7 % ) mais diminue depuis 1996. (Aux USA les 2 taux sont égaux). De plus, les femmes restent plus longtemps inscrites au chômage.

Les salaires ont, malheureusement, suivi la pente descendante observée en général et les écarts, défavorables aux femmes, ne se résorbent que très lentement. En 97, encore 25 % de femmes occupent les plus bas salaires pour 7 % d'hommes (13% cf. 4% en Suède et 37 % cf. 7 % au Japon). La précarité se généralise pour tous : en 94, 3 sur 4 des embauches réalisées par les entreprises de plus de 50 salariés sont faites en contrats de courte durée.

Le domaine politique, est le bastion bien connu des pires injustices et des blocages les plus néfastes à l'évolution de la société. Les réelles ouvertures faites aux femmes par le parti socialiste constituent un premier pas qui devra être sérieusement consolidé (sans oublier les jeunes).

Les avancées d'aujourd'hui

Réduction du temps de travail - Cette avancée, dont la nécessité créée par l'évolution accélérée de l'automatisation et des nouvelles technologies est une évidence, représente un enjeu et une chance majeure tant pour l'évolution de notre société que pour les hommes et femmes qui la composent.

Rappelons, si encore nécessaire, que le temps de travail est passé de 4000 h par an en 1883 à 1750 en 1980. Soit une réduction par 2 du temps de travail tandis que les revenus étaient multipliés par 10. La réduction du temps de travail nécessaire est déjà dans les faits, la question est la répartition ?

Rien pour les uns de plus en plus nombreux qui vivent ainsi l'horreur de l'exclusion ; la galère, le stress et la culpabilité pour les autres qui assurent des 60 heures par semaine sur une période de leur vie de plus en plus courte (de 25 à 55 ans ! !)

" 25 à 55 ans ", la période de la vie où il faut tout faire : s'insérer professionnellement, construire sa vie personnelle, mettre au monde des enfants et les accompagner, installer sa maison, ses repères, sa participation politique et sociale. Avant la dépendance et la frustration des jeunes, après la vacuité et l'inutilité des retraités forcés en tout genre.

Depuis 1970, le temps de travail n'a plus bougé. Il fallait donc relancer le processus. C'est en route en France. Le comment sera essentiel : semaine de 4 jours, souplesse des horaires au profit des salariés (et pas seulement à celui des entreprises).

Les femmes devront jouer un rôle clef dans ces négociations d'entreprises et les associations féminines devront mettre en oeuvre des structures de réflexion et de soutien pour les y aider.

Le succès de cette avancée française dépend maintenant du "comment". Sans accompagnement fiscal reportant sur l'outil capitalistique une partie des charges, l'espoir de réduction corrélatif du chômage pourrait être anéanti. Rappelons, en effet que le ratio capital sur travail est passé en France de 100 à 200 en Union Européenne de 1970 à 1990 alors qu'il ne passait que de 100 à 120 aux USA sur la même période. Un accroissement de l'automatisation pourrait réduire les emplois que la réduction du temps de travail aurait créés.

N'oublions pas non plus que cette mesure ne dispense nullement des autres voies d'amélioration : meilleur accès au financement aux PME créatrices d'emploi, meilleure intégration des nouvelles technologies, meilleur efficacité de l'état providence et du service public, plus de souplesse positive, etc.

Dans tout ceci, les femmes peuvent et doivent jouer un rôle clef. Ceci est la condition d'existences équilibrées, dignes, donnant le temps de vie nécessaire à la formation continue, à la prise en charge des enfants, à la créativité dans les entreprises.

Tout ceci au bénéfice des femmes et des hommes de notre société. 

Temps partiel - Celui-ci, qui touche à 85 % des femmes, doit disparaître dans sa forme actuelle pour s'intégrer dans la politique de réduction du temps de travail de l'ensemble des salariés.

Temps partiel choisi et non imposé, dont les modalités doivent être très encadrées (plus de bagne style caissières de Carrefour) et assorti de conditions de réintégration à temps complet dans l'entreprise.

Aujourd'hui le temps partiel concerne majoritairement des femmes qui ne le souhaitent pas ; moins de 25 ans et plus de 55 ans et non des mères de famille désireuses de se consacrer plus à leur famille. Les métiers concernés ne sont pas les plus porteurs. Le temps partiel entraîne une marginalisation dans l'entreprise et le plafonnement irréversible des carrières.

" Plafond de verre " : on appelle ainsi la barrière invisible qui empêche les femmes d'accéder, de fait, aux postes de responsabilité. Phénomène que n'explique maintenant ni leur formation où leur réussite tant scolaire qu'au niveau des études supérieures est incontestable. Comme en politique où elles n'occupent que 6 à 10 % de la représentativité nationale, qu'au niveau des postes de haute responsabilité. Pas une femme parmi les patrons des 200 plus grandes entreprises françaises, et pas plus de 15 % de cadres dirigeants féminins. On sait par ailleurs le rôle important que jouent les femmes dans le monde des PME où leurs qualités de gestion et de dynamique est largement reconnu.

Le temps partiel est l'un des facteurs d'exclusion des femmes des postes de responsabilité. Il n'est pas le seul. Ces facteurs doivent combattus.

Devoir et rôle de l'état et de la collectivité au service du domaine privé :

On sait le rôle déterminant qu'a joué, dans les pays scandinaves, l'appui fort donné aux personnes : parents (hommes et femmes ) pour la prise en compte des enfants, personnes âgées. Les emplois publics ainsi créés ont su se mettre au service des particuliers avec générosité et efficacité au plus grand bénéfice d'une économie performante et ouverte.

La demande des femmes est au bénéfice de tous :

La demande des femmes n'est nullement contraire aux intérêts collectifs, bien au contraire. Les emplois qu'elles occupent dynamisent la société, créant de nouveaux emplois dans le champ familial. L'augmentation de l'activité développe de nouvelles activités. Leur revendication de partage des rôles et de meilleure prise en compte de la vie personnelle est un facteur d'épanouissement pour tous : leurs compagnons, les enfants, la société dans son ensemble.

Propositions

Mise en pratique de la loi du 13 juillet 1983, dite loi Roudy, qui protège les femmes contre la discrimination, notamment lors de l'embauche ou d'une maternité. Ces dispositions permettent d'assurer l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et facilitent l'emploi de celles-ci tant par les responsables d'entreprises que par les salariés. Une mise en place de campagne d'information au niveau national mais aussi directement au sein des entreprises pourrait conduire à une implication plus active des syndicats dans ce domaine.

Poursuite de l'effort éducatif et de la formation professionnelle. élargissement des possibilités d'accès à la formation professionnelle, en particulier après une absence liée à un congé parental. Renforcement des possibilités d'accès à la formation professionnelle pour les femmes, en particulier après une absence liée à un congé parental d'éducation.

Intensification des dispositifs d'appui et d'accompagnement à la prise en charge des enfants : crèches plus nombreuses, aux horaires mieux adaptés, aide à domicile, lieux d'accueil de la petite enfance, etc. Aujourd'hui ces questions pèsent majoritairement sur les femmes, tant dans les couples que dans les cas de monoparentalité. L'un de nos objectifs d'équilibre de vie reste à l'évidence un meilleur partage de ces responsabilités pour le bénéfice de tous et notamment des enfants. Mesures concrètes à prendre dans ce sens : congés pour enfants malades à prendre alternativement par les deux parents etc. Les femmes, qu'elles soient riches ou pauvres, jeunes ou âgées, doivent être vigilantes et solidaires sur ces points essentiels.

Augmentation de la représentation féminine, avec objectif à terme proche de parité, dans les structures syndicales, comités d'entreprises ... afin notamment de mieux assurer un suivi de l'égalité des chances dans l'entreprise, la fonction publique, etc.

Encadrement très stricte du temps partiel, et des conditions de flexibilité qui sont à négocier concrètement entreprise par entreprise. Le temps partiel doit s'intégrer dans la politique de réduction du temps de travail tel que prévu aujourd'hui. Temps partiel choisi et non imposé assorti de conditions de réintégration à temps complet dans l'entreprise. Incitation à une ouverture plus large dans les catégories socio-professionnelles, notamment dans les catégories les plus porteuses : aujourd'hui les femmes choisissent 30 métiers parmi 300. Il faut donc favoriser une diversification de leur formation, à la fois initiale et continue. Ouverture au monde scientifique. Meilleure adaptation au monde de demain qui sera tiré par les nouvelles technologies : Informatique et Télécommunication par exemple. La familiarisation des femmes avec le monde technique est nécessaire : il faut agir sur les habitudes éducatives (moins de poupées Barbie et plus de mécano et Master Mind. ), l'incitation par la connaissance dans les milieux éducatifs (cf. les "rencontres de Denise Fuchs" ), la création de modèles de référence (une forte majorité des "reçues de l'X" ont bénéficié d'une mère scientifique).

En conclusion

La France et plus largement l'Europe pourront bénéficier de la créativité, de la capacité d'adaptation et de la dynamique que les femmes peuvent lui apporter si la juste place de celles-ci y est respectée. Les valeurs dont les femmes sont traditionnellement porteuses : générosité, écoute et respect d'autrui, solidarité sont celles qui doivent être partagées de tous pour la réussite de notre société et de notre démocratie. Ignorer ceci conduirait, en outre, à une déception grave de l'attente de toutes les femmes.

Appel à participation

Vous avez, dès à présent, été nombreuses à réagir aux premières ébauches de réflexion sur ces thèmes. Certaines de vos suggestions n'ont pu encore être intégrées, mais le seront dès la prochaine version. Celle-ci se propose d'enrichir certaines pistes essentielles, telles "le temps partiel" qui méritent des développements précis et concrets.

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 Féminisation des noms de métiers
 La parité linguistique

Par la circulaire du 6 mars 1998, Lionel Jospin rappelle aux membres de son Gouvernement l'obligation de faire figurer dans les textes réglementaires et les documents officiels émanant des administrations et des établissements publics de l'état, la dénomination féminine des métiers, fonctions, grades et titres. Elle n'est que la reprise de la circulaire de 1986, restée malheureusement lettre morte, élaborée par Benoîte Groult, alors présidente de la commission de terminologie chargée de la féminisation des noms de métier et de fonction, sous l'égide de Laurent Fabius, Premier Ministre et d'Yvette Roudy, Ministre des droits de la femme.

Pour Jean Dutour de l'Académie française, "ce sont les effets de la polygamie de Jospin qui est entouré de sultanes et qui pour faire plaisir à son harem relance une vieille idée". L'outrance de ces propos illustre ce totalitarisme appelé machisme qui gangrène notre société.

L'immortalité de nos académiciens les frappe-t-elle de cécité et d'immobilisme les empêchant de voir, d'accepter et d'analyser l'évolution de notre société ?

Être campé sur des certitudes, rester accroché à des traditions surannées, est-ce la méthode pour que le Français soit, parmi les langues vivantes, l'une des figures de proue ?

En instituant une égalité juridique, économique et sociale, la loi est censée conférer les mêmes droits aux femmes et aux hommes. Force est de constater, qu'elle ne crée en réalité, de par l'application qui en est faite, qu'une égalité virtuelle.

Pour quelles raisons, la femme devrait-elle abandonner sa féminité dès lors qu'elle accède à une profession répertoriée comme relevant du domaine exclusif des hommes ? Exige-t-on la même obligation dans le cas inverse ?

Cette "guerre de terminologies" est révélatrice d'un conservatisme qui sclérose tout progrès social et nie aux femmes tout droit à l'existence.

Féminiser les titres, fonctions, c'est donner aux femmes l'accès aux mondes professionnels, politiques qui devraient leur rester étrangers. Féminiser une fonction, c'est une question d'égalité et d'équité, la masculiniser, c'est gommer une partie de l'identité des femmes.

Cette polémique d'un autre âge rappelle que le droit à l'existence est une lutte incessante et que les acquis sont fragiles.

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 Journée internationale de la femme
 Le dimanche 8 mars 1998 à 11 heures, les femmes ont pris la Bastille...

L'Assemblée des Femmes avec Un jour pour l'Algérie ont proposé un "geste pour les femmes". Pourquoi ? :

- par solidarité avec les femmes opprimées,
- par soutien aux femmes de progrès engagées dans le combat politique,
- pour la reconnaissance de leur statut de citoyenne à part entière.

Cet événement a été mis en scène avec concert et lâcher de ballons... Il a eu lieu avec la participation notamment de Yvette Roudy, Catherine Tasca, Catherine Lalumière, Geneviève Fraisse, Madeleine Rebérioux, Michelle Perrot, Rachida Krim, Yamina Benguigui, Isabelle Adjani (pressentie) et de nombreuses autres femmes engagées dans tous les combats pour les libertés et l'égalité...

"Les femmes sont la moitié de la population, elles revendiquent la moitié du pouvoir. Elles se battent pour la parité, pour la reconnaissance et la défense de leurs droits. Solidaires des femmes opprimées à travers le monde, elles manifestent en ce jour aux côtés de leurs soeurs algériennes".

Pour en savoir plus, cliquez ici

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