| Des
féministes ont dit NON au système prostitutionnel |
Florence
Montreynaud, 11 décembre 2002
Paris,
10 décembre 2002, anniversaire de la Déclaration universelle
des droits humains : pour la première fois, des féministes
sont descendu-es dans la rue en nombre pour dire NON au système
prostitutionnel, NON à la répression visant les personnes
prostituées, et OUI à un monde sans prostitution.
La
participation d'un quart d'hommes est un événement historique.
Le système prostitutionnel concerne la société
tout entière, y compris les hommes qui refusent les clichés
sur la prostitution, comme celui des prétendus " besoins
sexuels masculins irrépressibles ".
Cette manifestation, couverte par de nombreux journalistes et photographes,
marque un tournant : il y avait déjà eu des actions de
petits groupes féministes contre les viandards (" clients
") mais jamais, ni en Europe ni même, semble-t-il, dans le
monde, il n'y avait eu une telle manifestation. Dynamique et colorée,
elle a été organisée par un groupe réuni
autour du Collectif national pour les Droits des femmes, et comprenant
des associations féministes, des associations travaillant auprès
de personnes prostituées, des partis (PS, PC, PRG, les Verts,
LCR), des syndicats, la Ligue des droits de l'homme, ATTAC, etc.
Environ trois cents personnes ont marché derrière la banderole
" LES ÊTRES HUMAINS NE SONT PAS DES MARCHANDISES "
: elles sont entrées dans l'histoire, en ce 10 décembre,
anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains.
Alors que l'un de ces droits fondamentaux devrait être celui de
ne pas être prostituée, dans les faits, payer pour avoir
accès au sexe d'autres êtres humains est trop souvent considéré
comme l'un des droits des hommes.
C'est ce que dénonçaient pancartes et slogans comme :
" Un 'mal nécessaire'... ou 'nécessaire' aux mâles
? ", " Prostitution = liberté sexuelle... pour qui
? ", " Viol et prostitution sont les deux mamelles du patriarcat
", et encore : " Si c'est un métier, proposez-le à
vos enfants ", " 'Services sexuels'= sévices sexuels
", " Si ça vous démange, grattez-vous "
Oui au plaisir sans argent ", " Oui au plaisir sans violence
", etc.
Cet événement s'est produit en France, dans le pays qui
a inventé en 1810 le système réglementariste (les
bordels tolérés par l'État), dans le pays où
la féministe Marcelle Legrand-Falco a fondé en 1926 la
première association abolitionniste (qui demandait l'abolition
de la réglementation de la prostitution). La présence
à la manifestation de sa nièce Denise Pouillon-Falco,
militante de 86 ans, faisait le lien avec ces générations
de féministes qui, depuis plus d'un siècle dans les pays
occidentaux, proclament leur refus du système d'oppression machiste
qu'est la prostitution. Autre figure historique présente, Yvette
Roudy, première ministre des Droits de la femme en 1981.
Parmi les personnalités venues manifester, les socialistes Anne
Hidalgo et Christophe Caresche, adjoints au maire de Paris, la députée
Martine Lignières-Cassou, ainsi que les Vertes Martine Billard
et Francine Bavay, et aussi l'avocate algérienne Wassyla Tamzali,
ex-directrice des droits des femmes à l'Unesco.
Au coin de la rue Saint-Denis, lieu de prostitution, une dizaine de
femmes, portant sur le visage un masque blanc, attendaient les manifestant-es,
et deux militantes de France-Prostitution ont distribué des tracts.
Le défilé s'est poursuivi sans encombre sur les boulevards.
Il s'est conclu par le rappel de l'opposition au projet de loi Sarkozy,
et l'annonce de nouvelles manifestations, notamment quand celui-ci sera
discuté à l'Assemblée nationale. Sur le constat
qu'un ample réseau féministe et abolitionniste est en
train de se constituer, le groupe s'est dispersé aux cris de
: " Vive l'amour libre et gratuit ! ".
Voir
aussi :
Motion
n°2 - Le corps n'est pas une marchandise (Université
d'été 2002)
| Il
ne faut pas rouvrir les maisons closes |
Yvette
Roudy, Ancienne Ministre,Parlementaire Honoraire, Présidente de l'Assemblée
des Femmes, 4 juillet 2002
Non,
Françoise de Panafieu, il ne faut pas rouvrir les maisons closes.
Sanctionnez plutôt le client.
Mais
quelle mouche a bien pu piquer Françoise de Panafieu qui nous
avait habituées à plus de finesse ? Rouvrir les maisons
closes, dit-elle. En d'autres termes officialiser l'esclavage.
Parlons clair. Nul n'ignore que derrière une femme sur le trottoir
se cache toujours le proxénète, les trafics, les systèmes,
la mafia, les maisons de dressage, le conditionnement, les ventes et
achats de femmes, un énorme trafic financier, des intérêts.
Et des ramifications parfois très proches, insoupçonnées.
Comment peut-on être à ce point aveugle, dupe, ignorant,
complice, ou indifférent à cette misère humaine,
sociale, culturelle qui jette sur le trottoir des êtres humains
réduits à l'état de marchandise ? Si il y a prostitution
c'est qu'il y a des clients, donc un marché et une organisation
de trafiquants d'êtres humains. Tout cela est interdit par de
nobles déclarations internationales, largement bafouées,
avec la complicité des clients de leurs avocats, et des proxénètes
qui, au fond d'eux-mêmes, ont la nostalgie de la double morale
patriarcale, permissive pour les hommes, répressive pour les
femmes...
Réouvrir les bordels ? Voilà qui peut rapporter gros à
certains à l'heure où des cohortes de malheureux venant
de l'est espèrent trouver chez nous une terre de liberté
et de dignité.
Non Françoise de Pannafieu, la prostitution ne peut être
un métier.
J'attends
que l'on me présente une prostituée qui prépare
sa fille à sa propre succession. Les solutions au désordre
actuel doivent se placer sous le signe de la dignité. Le Maire
de Paris et ses adjoints ont raison de demander la sanction du client,
la poursuite du proxénète, le démantèlement
des réseaux. C'est la bonne direction...
Compte
rendu de l'Assemblée Générale ordinaire du 7 novembre
1998
L'Assemblée
Générale ordinaire a été précédée
de 10h à 13h15 d'une réunion sur le thème "L'esclavage
au féminin" avec la participation de Christiane Taubira-Delannon,
George Pau-Langevin, Sylvie O'Dy, Nicole Castioni. La table ronde était
présentée et animée par Françoise Durand.
Françoise
Durand présente les intervenantes devant une salle très
remplie, environ 80 participantes, et ouvre la réunion par un
exposé très précis des données historiques
du sujet et de sa problématique moderne. Elle donne ensuite la
parole aux intervenantes.
Christiane
Taubira-Delannon, députée de la Guyane, précise
malheureusement le peu de documents sur ce sujet ainsi qu'une résistance
spécifique aux femmes. Elle précise les bases du système
esclavagiste avec l'application du "code noir". Pour Christiane
Taubira-Delannon, trois éléments sont essentiels à
l'heure actuelle :
- Reconnaître
la traite négrière comme crime contre l'humanité.
400 ans de déportation, de 15 à 30 millions de déportés,
les chiffres sont tragiques et éloquents.
-
La
traite négrière était un système étatique.
L'état était en grande partie propriétaire
des plantations et percevait des taxes sur les esclaves. Il existait
même une concurrence entre états.
-
Le
devoir de mémoire est indispensable et capital.
Pour l'ensemble de l'humanité, il faut savoir jusqu'où a
été l'abomination. Il faut admettre la nécessité
de la justice historique.
Christiane
Taubira-Delannon échange quelques propos avec la salle et remercie
les participantes de leur soutien chaleureux dans son futur combat sur
la reconnaissance de ce crime contre l'humanité et fera connaître
dès que possible le texte de la proposition de loi pour que l'Assemblée
des Femmes puisse le soutenir.
George
Pau-Langevin, membre de l'Assemblée des Femmes, Directrice de
l'Agence Nationale Pour l'Insertion des Travailleurs d'Outre-Mer, parle
d'une réflexion nécessaire à l'occasion du 150ème
anniversaire de l'abolition de l'esclavage. Elle s'étonne que
les gens soient si silencieux sur ce sujet. Les Français ont oublié
qu'ils ont été esclavagistes. Elle regrette le peu de
participation aux diverses manifestations organisées cette année.
En fait, il y a des choses incommunicables : La traite négrière
et les déportations sont difficilement concevables. Aux Antilles,
les relations entre Français et Antillais sont fausses, les gens ne
disent pas ce qu'ils pensent. Par rapport aux femmes, George Pau-Langevin
précise que d'être femme n'était pas une garantie
contre les razzias et les violences. Les femmes étaient exploitées
physiquement, violées, leurs enfants appartenaient avant tout
au maître. Pourtant, elles ont combattu ; on en retrouve quelques unes
dans les luttes de libération, les armes à la main. George
Pau-Langevin en profite pour affirmer sa colère de voir une rue
de Paris (8ème arrondissement) porter le nom du général
Richepance, qui s'est illustré sous Napoléon comme grand
organisateur des déportations d'esclaves...
Sylvie
O'Dy, membre du Comité contre L'Esclavage Modene, rappelle que,
dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, rédigée
il y a cinquante ans, l'article 4 précisait que : "nul
ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l'esclavage et la traite
des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes".
Le
CCEM lutte et dénonce les formes modernes de l'esclavage, celui
qui nous est très proche puisque, sans que nous puissions nous
en douter, des gens sont retenus contre leur gré et dans des
conditions effroyables. Ce sont les " petites bonnes ", ce
sont les travailleurs des ateliers clandestins, les mendiantes aux carrefours
avec des enfants qui ne sont pas toujours les leurs... Il y a des négriers
modernes qui tirent parti de la misère et dirigent de véritables
réseaux mondiaux de traites d'humains. Sylvie O'Dy à la
question " que faire en face d'une femme qui mendie sous la pluie
dans un état physique effroyable, un enfant dans les bras ? " répond
qu'il faut prévenir les autorités. Plus il y aura de dénonciations,
plus on pourra alerter l'opinion, assez passive jusque-là (ainsi
que l'administration...).
Nicole
Castioni, députée de Genève, auteure du livre "
Le soleil au bout de la nuit ", nous présente son expérience
personnelle : 5 ans de prostitution rue St Denis, enfer aggravé
par la drogue. Elle s'enfuit au risque de sa vie. Par une volonté
extraordinaire, s'en sort sans trop d'encombres, poursuit ses études.
Elle est maintenant juge et députée. C'est ce parcours
qu'elle décrit sans complaisance dans son livre. La Prostitution
est une autre forme d'esclavagisme. A l'heure actuelle, 500 000
femmes sont victimes d'esclavagisme sexuel. Elle précise bien
qu'elle parle de la prostitution contrainte, représentant 80
à 90% de l'ensemble des prostitués (femmes, enfants, hommes).
C'est un sujet toujours difficile à aborder, car il fait souvent
sourire les parlementaires hommes... On retrouve malheureusement toujours
des arguments pour l'expliquer, contraintes économiques, misères
sexuelles, etc. Nicole Castioni lutte pour l'abolition de la Traite
des Humains. Il faut qu'une commission extraparlementaire travaille
sur le sujet et interpelle l'ONU et le Parlement Européen. Le
phénomène est d'ampleur internationale, car les réseaux
de proxénètes partent souvent d'Afrique ou d'Asie ou de
pays de l'Est pour arroser l'Europe occidentale. Les proxénètes
ne sont plus uniquement une personne physique mais de véritables
sociétés. Les femmes sont réduites à de
la marchandise.
Nicole
Castioni, en écrivant son livre, a voulu mettre un visage sur
une situation. Elle a voulu témoigner et être le porte-parole
de ces 500 000 personnes en Europe.
Après
la pause déjeuner, la journée s'est poursuivie avec la
tenue de l'Assemblée Générale proprement dite.
| Aménagement
du temps de travail |
Quelle
place pour les femmes dans quelle société ?
Projet de Charte proposé par B. Joncour
Chapuis lors de l'université d'été 1998
1ère version faisant suite aux travaux menés
au sein de la Clef, de la Commission Droits des femmes du PS, des premières
consultations avec diverses associations et notamment au sein de l'Assemblée
des Femmes.
Préambule
Les avancées d'aujourd'hui
Propositions
En conclusion
Appel à participation
Préambule
Les
femmes veulent, aujourd'hui, une vie à part entière.
Vie
personnelle, pleine, épanouie, pour elles, leurs enfants et leurs
compagnons. Vie professionnelle, source d'intégration sociale
et d'autonomie. Vie civique, enfin, pour apporter leur pierre d'efficacité
et de réalisme à la cité.
Comment
obtenir tout cela dans un monde en profonde mutation, où pèsent
l'exclusion et une paupérisation qui s'accélèrent
en même temps que croissent les richesses offertes. Un monde que
menacent les explosions sociales, raciales, religieuses.
L'histoire
récente - L'évolution du statut féminin,
en 100 ans, a été déterminante (ouverture de l'éducation
en 1880, droit de vote, droits civils et juridiques, liberté
réelle par la contraception et l'avortement en 1970).
L'accès
au monde du travail s'est accéléré : de 49 à
61 % de taux d'activité féminin de 1970 à 1998
en France (80 % pour les 25 / 39 ans ). L'augmentation du travail féminin
a été plus rapide que celle du travail masculin dans le
monde. En France + 2,5 millions d'emploi féminin gagnés
(domaine des services essentiellement), 1 million d'emplois masculins
perdus (dans l'industrie principalement ).
La
progression des femmes dans les postes de cadres et les professions
intellectuelles supérieures est sensible : de 27 à 34
% en 10 ans. 54 % de professeurs et 13 % seulement d'ingénieurs
et cadres techniques. Elles représentent 6 % seulement des dirigeants
(quand 1 PME sur 3 est créée par une femme en France,
51 % aux USA ). 60 % du monde ouvrier. Le chômage féminin reste
important (14,2 % contre 10, 8 % chez les hommes ), pire encore
chez les 20 à 24 ans (31,4 cf. 21,7 % ) mais diminue depuis 1996.
(Aux USA les 2 taux sont égaux). De plus, les femmes restent
plus longtemps inscrites au chômage.
Les
salaires ont, malheureusement, suivi la pente descendante observée
en général et les écarts, défavorables aux
femmes, ne se résorbent que très lentement. En 97, encore
25 % de femmes occupent les plus bas salaires pour 7 % d'hommes (13%
cf. 4% en Suède et 37 % cf. 7 % au Japon). La précarité
se généralise pour tous : en 94, 3 sur 4 des embauches
réalisées par les entreprises de plus de 50 salariés
sont faites en contrats de courte durée.
Le
domaine politique, est le bastion bien connu des pires injustices et
des blocages les plus néfastes à l'évolution de
la société. Les réelles ouvertures faites aux femmes
par le parti socialiste constituent un premier pas qui devra être
sérieusement consolidé (sans oublier les jeunes).
Les avancées
d'aujourd'hui
Réduction
du temps de travail - Cette avancée,
dont la nécessité créée par l'évolution
accélérée de l'automatisation et des nouvelles
technologies est une évidence, représente un enjeu et
une chance majeure tant pour l'évolution de notre société
que pour les hommes et femmes qui la composent.
Rappelons,
si encore nécessaire, que le temps de travail est passé
de 4000 h par an en 1883 à 1750 en 1980. Soit une réduction
par 2 du temps de travail tandis que les revenus étaient multipliés
par 10. La réduction du temps de travail nécessaire est
déjà dans les faits, la question est la répartition
?
Rien
pour les uns de plus en plus nombreux qui vivent ainsi l'horreur de
l'exclusion ; la galère, le stress et la culpabilité pour
les autres qui assurent des 60 heures par semaine sur une période
de leur vie de plus en plus courte (de 25 à 55 ans ! !)
" 25 à 55 ans ", la période de la vie où il
faut tout faire : s'insérer professionnellement, construire sa
vie personnelle, mettre au monde des enfants et les accompagner, installer
sa maison, ses repères, sa participation politique et sociale.
Avant la dépendance et la frustration des jeunes, après
la vacuité et l'inutilité des retraités forcés
en tout genre.
Depuis
1970, le temps de travail n'a plus bougé. Il fallait donc relancer
le processus. C'est en route en France. Le comment sera essentiel :
semaine de 4 jours, souplesse des horaires au profit des salariés
(et pas seulement à celui des entreprises).
Les
femmes devront jouer un rôle clef dans ces négociations d'entreprises
et les associations féminines devront mettre en oeuvre des structures
de réflexion et de soutien pour les y aider.
Le
succès de cette avancée française dépend maintenant
du "comment". Sans accompagnement fiscal reportant sur l'outil
capitalistique une partie des charges, l'espoir de réduction
corrélatif du chômage pourrait être anéanti. Rappelons,
en effet que le ratio capital sur travail est passé en France
de 100 à 200 en Union Européenne de 1970 à 1990
alors qu'il ne passait que de 100 à 120 aux USA sur la même
période. Un accroissement de l'automatisation pourrait réduire
les emplois que la réduction du temps de travail aurait créés.
N'oublions
pas non plus que cette mesure ne dispense nullement des autres voies
d'amélioration : meilleur accès au financement aux PME
créatrices d'emploi, meilleure intégration des nouvelles
technologies, meilleur efficacité de l'état providence
et du service public, plus de souplesse positive, etc.
Dans
tout ceci, les femmes peuvent et doivent jouer un rôle clef. Ceci est
la condition d'existences équilibrées, dignes, donnant
le temps de vie nécessaire à la formation continue, à
la prise en charge des enfants, à la créativité
dans les entreprises.
Tout
ceci au bénéfice des femmes et des hommes de notre société.
Temps
partiel - Celui-ci, qui touche à 85 % des femmes, doit
disparaître dans sa forme actuelle pour s'intégrer dans la politique
de réduction du temps de travail de l'ensemble des salariés.
Temps
partiel choisi et non imposé, dont les modalités doivent
être très encadrées (plus de bagne style caissières
de Carrefour) et assorti de conditions de réintégration
à temps complet dans l'entreprise.
Aujourd'hui
le temps partiel concerne majoritairement des femmes qui ne le souhaitent
pas ; moins de 25 ans et plus de 55 ans et non des mères
de famille désireuses de se consacrer plus à leur famille.
Les métiers concernés ne sont pas les plus porteurs. Le
temps partiel entraîne une marginalisation dans l'entreprise et le plafonnement
irréversible des carrières.
"
Plafond de verre " : on appelle ainsi la barrière invisible
qui empêche les femmes d'accéder, de fait, aux postes de
responsabilité. Phénomène que n'explique maintenant
ni leur formation où leur réussite tant scolaire qu'au niveau
des études supérieures est incontestable. Comme en politique
où elles n'occupent que 6 à 10 % de la représentativité
nationale, qu'au niveau des postes de haute responsabilité. Pas
une femme parmi les patrons des 200 plus grandes entreprises françaises,
et pas plus de 15 % de cadres dirigeants féminins. On sait par
ailleurs le rôle important que jouent les femmes dans le monde des PME
où leurs qualités de gestion et de dynamique est largement reconnu.
Le
temps partiel est l'un des facteurs d'exclusion des femmes des postes
de responsabilité. Il n'est pas le seul. Ces facteurs doivent
combattus.
Devoir
et rôle de l'état et de la collectivité au service du
domaine privé :
On
sait le rôle déterminant qu'a joué, dans les pays scandinaves,
l'appui fort donné aux personnes : parents (hommes et femmes
) pour la prise en compte des enfants, personnes âgées.
Les emplois publics ainsi créés ont su se mettre au service
des particuliers avec générosité et efficacité
au plus grand bénéfice d'une économie performante
et ouverte.
La
demande des femmes est au bénéfice de tous :
La
demande des femmes n'est nullement contraire aux intérêts
collectifs, bien au contraire. Les emplois qu'elles occupent dynamisent
la société, créant de nouveaux emplois dans le
champ familial. L'augmentation de l'activité développe
de nouvelles activités. Leur revendication de partage des rôles
et de meilleure prise en compte de la vie personnelle est un facteur
d'épanouissement pour tous : leurs compagnons, les enfants, la
société dans son ensemble.
Propositions
Mise
en pratique de la loi du 13 juillet 1983, dite loi Roudy, qui protège
les femmes contre la discrimination, notamment lors de l'embauche
ou d'une maternité. Ces dispositions permettent d'assurer l'égalité
professionnelle entre les hommes et les femmes et facilitent l'emploi
de celles-ci tant par les responsables d'entreprises que par les salariés.
Une mise en place de campagne d'information au niveau national mais
aussi directement au sein des entreprises pourrait conduire à
une implication plus active des syndicats dans ce domaine.
Poursuite
de l'effort éducatif et de la formation professionnelle. élargissement
des possibilités d'accès à la formation professionnelle,
en particulier après une absence liée à un congé
parental. Renforcement des possibilités d'accès à
la formation professionnelle pour les femmes, en particulier après
une absence liée à un congé parental d'éducation.
Intensification
des dispositifs d'appui et d'accompagnement à la prise en charge
des enfants : crèches plus nombreuses, aux horaires mieux adaptés,
aide à domicile, lieux d'accueil de la petite enfance, etc.
Aujourd'hui ces questions pèsent majoritairement sur les femmes,
tant dans les couples que dans les cas de monoparentalité.
L'un de nos objectifs d'équilibre de vie reste à l'évidence
un meilleur partage de ces responsabilités pour le bénéfice
de tous et notamment des enfants. Mesures concrètes à
prendre dans ce sens : congés pour enfants malades à
prendre alternativement par les deux parents etc. Les femmes, qu'elles
soient riches ou pauvres, jeunes ou âgées, doivent être
vigilantes et solidaires sur ces points essentiels.
Augmentation
de la représentation féminine, avec objectif à
terme proche de parité, dans les structures syndicales, comités
d'entreprises ... afin notamment de mieux assurer un suivi
de l'égalité des chances dans l'entreprise, la fonction
publique, etc.
Encadrement
très stricte du temps partiel, et des conditions de flexibilité
qui sont à négocier concrètement entreprise par
entreprise. Le temps partiel doit s'intégrer dans la politique
de réduction du temps de travail tel que prévu aujourd'hui.
Temps partiel choisi et non imposé assorti de conditions de
réintégration à temps complet dans l'entreprise.
Incitation à une ouverture plus large dans les catégories
socio-professionnelles, notamment dans les catégories les plus
porteuses : aujourd'hui les femmes choisissent 30 métiers parmi
300. Il faut donc favoriser une diversification de leur formation,
à la fois initiale et continue. Ouverture au monde scientifique.
Meilleure adaptation au monde de demain qui sera tiré par les
nouvelles technologies : Informatique et Télécommunication
par exemple. La familiarisation des femmes avec le monde technique
est nécessaire : il faut agir sur les habitudes éducatives
(moins de poupées Barbie et plus de mécano et Master
Mind. ), l'incitation par la connaissance dans les milieux éducatifs
(cf. les "rencontres de Denise Fuchs" ), la création
de modèles de référence (une forte majorité
des "reçues de l'X" ont bénéficié d'une
mère scientifique).
En
conclusion
La
France et plus largement l'Europe pourront bénéficier
de la créativité, de la capacité d'adaptation et
de la dynamique que les femmes peuvent lui apporter si la juste place
de celles-ci y est respectée. Les valeurs dont les femmes sont
traditionnellement porteuses : générosité, écoute
et respect d'autrui, solidarité sont celles qui doivent être
partagées de tous pour la réussite de notre société
et de notre démocratie. Ignorer ceci conduirait, en outre, à
une déception grave de l'attente de toutes les femmes.
Appel
à participation
Vous
avez, dès à présent, été nombreuses
à réagir aux premières ébauches de réflexion
sur ces thèmes. Certaines de vos suggestions n'ont pu encore
être intégrées, mais le seront dès la prochaine
version. Celle-ci se propose d'enrichir certaines pistes essentielles,
telles "le temps partiel" qui méritent des développements
précis et concrets.
| Féminisation
des noms de métiers |
La
parité linguistique
Par
la circulaire
du 6 mars 1998, Lionel Jospin rappelle aux membres de
son Gouvernement l'obligation de faire figurer dans les textes réglementaires
et les documents officiels émanant des administrations et des
établissements publics de l'état, la dénomination
féminine des métiers, fonctions, grades et titres. Elle
n'est que la reprise de la circulaire
de 1986, restée malheureusement lettre morte, élaborée
par Benoîte Groult, alors présidente de la commission de terminologie
chargée de la féminisation des noms de métier et
de fonction, sous l'égide de Laurent Fabius, Premier Ministre
et d'Yvette Roudy, Ministre des droits de la femme.
Pour
Jean Dutour de l'Académie française, "ce sont les effets
de la polygamie de Jospin qui est entouré de sultanes
et qui pour faire plaisir à son harem relance une vieille idée".
L'outrance de ces propos illustre ce totalitarisme appelé machisme
qui gangrène notre société.
L'immortalité
de nos académiciens les frappe-t-elle de cécité
et d'immobilisme les empêchant de voir, d'accepter et d'analyser
l'évolution de notre société ?
Être
campé sur des certitudes, rester accroché à des
traditions surannées, est-ce la méthode pour que le Français
soit, parmi les langues vivantes, l'une des figures de proue ?
En
instituant une égalité juridique, économique et
sociale, la loi est censée conférer les mêmes droits
aux femmes et aux hommes. Force est de constater, qu'elle ne crée
en réalité, de par l'application qui en est faite, qu'une
égalité virtuelle.
Pour
quelles raisons, la femme devrait-elle abandonner sa féminité
dès lors qu'elle accède à une profession répertoriée
comme relevant du domaine exclusif des hommes ? Exige-t-on la même
obligation dans le cas inverse ?
Cette
"guerre de terminologies" est révélatrice d'un
conservatisme qui sclérose tout progrès social et nie
aux femmes tout droit à l'existence.
Féminiser
les titres, fonctions, c'est donner aux femmes l'accès aux mondes
professionnels, politiques qui devraient leur rester étrangers.
Féminiser une fonction, c'est une question d'égalité
et d'équité, la masculiniser, c'est gommer une partie
de l'identité des femmes.
Cette
polémique d'un autre âge rappelle que le droit à
l'existence est une lutte incessante et que les acquis sont fragiles.
| Journée
internationale de la femme |
Le
dimanche 8 mars 1998 à 11 heures, les femmes ont pris la Bastille...
L'Assemblée des Femmes avec Un jour
pour l'Algérie ont proposé un "geste pour les
femmes". Pourquoi ? :
- par
solidarité avec les femmes opprimées,
-
par soutien aux femmes de progrès engagées dans le combat
politique,
-
pour la reconnaissance de leur statut de citoyenne à part entière.
Cet événement
a été mis en scène avec concert et lâcher
de ballons... Il a eu lieu avec la participation notamment de Yvette
Roudy, Catherine
Tasca, Catherine
Lalumière, Geneviève
Fraisse, Madeleine
Rebérioux, Michelle
Perrot, Rachida
Krim, Yamina
Benguigui, Isabelle
Adjani (pressentie) et
de nombreuses autres femmes engagées dans tous les combats
pour les libertés et l'égalité...
"Les
femmes sont la moitié de la population, elles revendiquent la
moitié du pouvoir. Elles se battent pour la parité, pour
la reconnaissance et la défense de leurs droits. Solidaires des
femmes opprimées à travers le monde, elles manifestent
en ce jour aux côtés de leurs soeurs algériennes".
Pour
en savoir plus, cliquez ici
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