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La femme sous le joug de l'intégrisme

L'Assemblée des Femmes, solidaire des femmes dans le monde, organise des débats autour de la projection de films.

* Afghanistan : "Les prisonnières de Kaboul"
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"Pakistan, meutres de femmes"
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Algérie : "La moitié du ciel d'Allah"

Voir aussi :
À propos du voile (2003)
Ma soeur a été exécutée comme en Afghanistan" (2003)
Motion n°4 - Solidarité internationale avec les femmes victimes de l'intégrisme et de l'oppression (Université d'été 2002)
Qui écoutera les Afghanes ? (2001)

Afghanes copyright AFP
Photo Seed Khan - AFP
 
 Afghanistan : "Les prisonnières de Kaboul"
 Film présenté par l'Assemblée des Femmes le 15 avril 1999 et le 29 août 2001 à l'Université d'été de Floirac
 Elizabeth Drévillon : journaliste réalisatrice
 Céline Hue : JRI
 Diffusion : " Des racines et des ailes ", France 3

" Mars 1998. Frontière pakistano-afghane. Caméra cachée et enveloppées d'un voile, nous entrons clandestinement en Afghanistan. Pendant cinq jours, déambulant dans Kaboul, la capitale, nos pas nous mènent à la rencontre des femmes afghanes, qui depuis septembre 1996, vivent sous le joug intégriste des Talibans. Un groupe ultra-fondamentaliste, tout droit issu des " Madrassas " (écoles coraniques) pakistanaises.

Les Talibans, ou étudiants en religion, ont instauré dans Kaboul, un climat de peur et d'angoisse. Ils sont présents partout, juchés sur leurs Pick-up, la kalachnikov à la main, symbole de leur puissance. Aux quatre coins des rues notre caméra cachée suit les femmes afghanes, prisonnières sous leur " burqa ", un voile intégral, encore plus contraignant que le tchador, qui marchent, jamais seules, toujours à deux ou à trois, voire accompagnées d'un enfant, pour ne pas subir le fouet des Talibans.

Victimes d'interdits édités au nom d'Allah, le tout puisant, certaines de ces femmes ont accepté de témoigner sur leurs conditions de vie. Elles sont médecins, professeurs, étudiantes, femmes du peuple, jeunes filles...

Toutes, du jour au lendemain ont dû porter la " burqa ". Puis, au fils des jours, elles se sont vues privées d'étudier, d'enseigner, de sortir seules " sans raison justifiée ", de prendre seules les transports en commun, de parler avec un homme qu'elles ne connaissent pas, d'être soignées dans les hôpitaux publics, en résumé, de vivre librement.

Malgré ces interdits, certaines ont décidé de se battre ou tout simplement de crier leur calvaire. Ce sont ces femmes que nous avons rencontrées. Des rencontres qui se sont faites dans une école clandestine, dans des hôpitaux, dans une famille... Là, elle nous montrent et nous expliquent leur nouvelle vie imposée par la loi des talibans.

Images, témoignages, c'est au péril de leur vie que ces femmes ont accepté de nous rencontrer. "

La projection du film, organisée en collaboration avec l'IPEFF, fut suivie d'un débat avec la participation :

- des deux réalisatrices, Elizabeth Drevillon & Cécile Hue ;
- d'Emma Bonino, Commissaire Européenne démissionnaire, chargée de l'action humanitaire (pressentie) ;
- du Dr Guy Causse, responsable des missions Afghanistan à Médecins du Monde ;
d'Olivier Tirard-Collet, chargé de mission à Kaboul pour AFRANE, domaine scolaire et éducatif ;
- de Sohella Mameli de la Fondation France-liberté, responsable du secteur Afghanistan ;
d'un représentant de l'A.M.I (Aide Médicale Internationale) ;
- de Shoukria Haidar, Présidente de l'association NEGAR, pour le soutien aux femmes afghanes.
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 Pakistan, meurtres de femmes

 Film produit par la BBC
 Olenka Frenkiel : scénariste
 Gisèle Portenier : réalisatrice

Motion adoptée lors de la 6ème Université d'été de l'Assemblée des Femmes
Pour l'Assemblée des Femmes, Yvette Roudy, 27 août 1999

Dans certains pays qui se réclament parfois des principes démocratiques, comme le Pakistan, femmes et petites filles sont victimes de la barbarie, barbarie qui conduit à des actes on ne peut plus criminels.

Au Pakistan, les femmes, dès la naissance, sont privées de tout droit alors que les hommes détiennent un pouvoir absolu et agissent en toute impunité.

Les femmes sont tuées à coups de hache ou brûlées et leurs bourreaux, qui ne sont autres que leur mari, leur père ou leur frère, bénéficient de la clémence de la justice.

Dans un tel contexte, les ONG sont complètement démunies pour agir.

Nous ne pouvons laisser s'institutionnaliser une tuerie organisée, encouragée et soutenue par les autorités de ces pays.

Dès lors que les droits de l'être humain sont en danger et que le droit d'ingérence humanitaire est désormais admis et consacré par des actions concrètes, la lutte doit être engagée dans tous les pays où les femmes sont massacrées.

L'Assemblée des Femmes demande au Gouvernement de prendre les mesures qui s'imposent pour que cessent de tels comportements, véritables crimes contre l'humanité.

La France ne peut rester témoin muet.

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 Algérie : "La moitié du ciel d'Allah"
 Film présenté le 2 décembre 1997
 Djamila Sahraoui
 Diffusion : " La vie en face ", Arte

Depuis toujours, être femme en Algérie se vit dans la douleur et l'espoir, entre le dehors et le dedans.

Dedans : les murs, le voile, la soumission, la mort...

Dehors la révolte, la liberté, le travail... mais l'exil aussi.

Malgré les risques - parce qu'il FAUT courir ces risques ! - les femmes ont accepté de parler devant ma caméra, de retracer leurs luttes, celles d'hier et celles d'aujourd'hui.

J'ai aussi retrouvé, dans l'exil poussiéreux où elles avaient été volontairement oubliées, les images d'archives de ces femmes. Lorsqu'elles risquaient leur vie pour la libération du pays.

Lorsqu'elles consumaient leurs folles espérances aux lendemains de l'indépendance.

Lorsqu'elles faisaient barrage de leur volonté aux projets scélérats d'enfermement, de mise en tutelle par le code de la famille.

Construit de leur mémoire et de leur espoir - animé de ma mémoire et de mon espoir - ce film est l'histoire d'une " moitié du ciel " contrainte, par l'Histoire et les hommes, à faire de sa vie un combat pour être, tout simplement. "

La projection du film, organisée en collaboration avec le Syndicat du Personnel de l'UNESCO, fut suivie d'un débat avec la participation :

- de la réalisatrice, Djamila Saraoui ;
- de Lila Bacha et Ouardia Zerar, universitaires algériennes.
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