" Mars
1998. Frontière pakistano-afghane. Caméra cachée et enveloppées d'un
voile, nous entrons clandestinement en Afghanistan. Pendant cinq jours,
déambulant dans Kaboul, la capitale, nos pas nous mènent à la rencontre
des femmes afghanes, qui depuis septembre 1996, vivent sous le joug
intégriste des Talibans. Un groupe ultra-fondamentaliste, tout droit
issu des " Madrassas " (écoles coraniques) pakistanaises.
Les Talibans,
ou étudiants en religion, ont instauré dans Kaboul, un climat de peur
et d'angoisse. Ils sont présents partout, juchés sur leurs Pick-up,
la kalachnikov à la main, symbole de leur puissance. Aux quatre coins
des rues notre caméra cachée suit les femmes afghanes, prisonnières
sous leur " burqa ", un voile intégral, encore plus
contraignant que le tchador, qui marchent, jamais seules, toujours à
deux ou à trois, voire accompagnées d'un enfant, pour ne pas subir le
fouet des Talibans.
Victimes
d'interdits édités au nom d'Allah, le tout puisant, certaines de ces
femmes ont accepté de témoigner sur leurs conditions de vie. Elles sont
médecins, professeurs, étudiantes, femmes du peuple, jeunes filles...
Toutes,
du jour au lendemain ont dû porter la " burqa ".
Puis, au fils des jours, elles se sont vues privées d'étudier,
d'enseigner, de sortir seules " sans raison justifiée ",
de prendre seules les transports en commun, de parler avec un homme
qu'elles ne connaissent pas, d'être soignées dans les hôpitaux publics,
en résumé, de vivre librement.
Malgré
ces interdits, certaines ont décidé de se battre ou tout simplement
de crier leur calvaire. Ce sont ces femmes que nous avons rencontrées.
Des rencontres qui se sont faites dans une école clandestine, dans des
hôpitaux, dans une famille... Là, elle nous montrent et nous expliquent
leur nouvelle vie imposée par la loi des talibans.
Images,
témoignages, c'est au péril de leur vie que ces femmes ont accepté de
nous rencontrer. "
La projection
du film, organisée en collaboration avec l'IPEFF, fut suivie d'un débat
avec la participation :
-
des deux réalisatrices, Elizabeth Drevillon & Cécile Hue ;
-
d'Emma Bonino, Commissaire Européenne démissionnaire, chargée de l'action
humanitaire (pressentie) ;
-
du Dr Guy Causse, responsable des missions Afghanistan à Médecins du
Monde ;
d'Olivier
Tirard-Collet, chargé de mission à Kaboul pour AFRANE, domaine scolaire
et éducatif ;
-
de Sohella Mameli de la Fondation France-liberté, responsable du secteur
Afghanistan ;
d'un
représentant de l'A.M.I (Aide Médicale Internationale) ;
-
de Shoukria Haidar, Présidente de l'association NEGAR, pour le soutien
aux femmes afghanes.