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La femme dans les pays en guerre
 

enfant albanais* Le Kosovo et la Conférence de New York
*
Communiqué de presse (Conseil de l'Europe)
* Communiqué de presse (Assemblée des Femmes)

 

 

 

 Le Kosovo et la Conférence de New York
 Temps forts sur la situation des femmes dans le monde, juin 2000

Yvette Roudy s'est rendue au Kosovo, dans le cadre d'une mission parlementaire, du 25 au 28 avril. De nombreux contacts ont pu, à cette occasion être noués. La délégation s'est, en effet, notamment entretenue, pendant son séjour, avec Monsieur Kouchner, le général Ortunio, commandant de la KFOR, Monsieur Rugova, président de la ligue démocratique.

Ce déplacement a permis de prendre conscience des problèmes qui restent à régler dans un pays encore meurtri par une guerre fratricide, où tout reste à construire. C'est à quoi Bernard Kouchner s'emploie en s'appuyant sur l'aide considérable que lui apporte la communauté internationale. Les enfants recommencent à fréquenter les écoles, le ravitaillement est assuré, partout on reconstruit ce que la guerre a détruit.

Mais, si la vie commence à reprendre ses droits, la situation demeure tendue. On sait bien que sans la présence des forces internationales, la violence s'imposerait à nouveau. Toutefois, il semble envisageable d'organiser les prochaines élections municipales en octobre prochain. Selon les responsables politiques albanophones rencontrés par Yvette Roudy, la question religieuse n'est pas cruciale. On ne rencontre que peu de femmes voilées au Kosovo.

Mais cela ne doit pas faire oublier le sujet plus que préoccupant que constitue la traite des femmes au Kosovo. Les réseaux de prostitution ont compris que la situation trouble en Albanie et au Kosovo constituait le terrain idéal pour leur trafic. La MINUC qui administre le pays temporairement semble consciente de la situation et coopère avec d'autres organisations intergouvernementales et non-gouvernementales ainsi qu'avec les associations locales de femmes qui luttent contre la traite des femmes et des jeunes filles. De nombreuses actions de prévention et de protection sont en cours. Un avant-projet de loi concernant les "mesures pour combattre la traite des personnes au Kosovo" est en préparation. Cela renforcerait les actions de lutte contre la traite et les établissements suspectés d'héberger des femmes destinées à la prostitution, menées par la police.

 

Civil War

For a decade and more
We yelled for rescue
Our boat
Sinking
Into the bottom of the dark sea
Sierra Leone falling
To the bottom of the list
The civilized nations
Those who made the holes
In our boat
With the wealth in our minerals
Killed the innocent
Mimed the young
Raped the poor
Women and children
In the name of politics
Insatiable greed
For a decade and more
We lived in blood
In fire
We lived in mistrust
Perpetual fear
We cried tears of blood
Sweated pain
We breathed in the smell
Burning bodies
The rest of the world
Slept
Wounded children
Buried their dead
Fathers
Mothers
Who, too young to died
Slaughtered, were
Fed to vultures

C'est là une avancée que de nombreuses organisations non gouvernementales appelaient de leurs voeux. Il s'agit maintenant au-delà de la répression de ces crimes d'organiser une vaste campagne d'éducation et de sensibilisation à la traite des femmes.

La prostitution sera l'un des thèmes de l'Université d'été de L'Assemblée des Femmes qui se tiendra à Lisieux les 29 et 30 août prochains. Ce sera l'occasion de faire le point avec des spécialistes de la question.

Yvette ROUDY s'est rendue du 5 au 9 juin à l'assemblée générale de l'ONU, qui, cinq ans après Pékin, a fait le point sur les suites données par les Etats à la plate-forme d'actions adoptée en 1995. Ces recommandations et déclarations de principes affirmaient alors solennellement le nécessaire respect des droits des femmes comme droits humains fondamentaux, mais elles n'avaient pas de caractère contraignant quant à leur application.

Si cette conférence, intitulée "Femmes 2000 : égalité entre les sexes", ouverte par le Secrétaire Général de l'ONU, Koffi Annan, par l'affirmation que "les femmes sont l'avenir de la planète", les représentants des différents Etats présents sur place ont pu constater les énormes difficultés qui se profilent du fait d'une hétérogénéité grandissante de la situation des femmes dans les différents pays du globe. Mais elles gagnent du terrain au regard de l'égalité avec les hommes dans des domaines comme l'accès à l'éducation, la santé et au travail. Pourtant, bien du chemin reste à parcourir pour que les droits fondamentaux des femmes soient reconnus. En effet, si le fossé entre les sexes dans les inscriptions dans les écoles primaires et secondaires est en train de disparaître, les deux tiers des 876 millions d'illettrés dans le monde sont des femmes. Par ailleurs, si les femmes accèdent de plus en plus à l'enseignement supérieur (58% par rapport aux garçons en Iran et 50% en Egypte), cela ne suffit pas encore pour qu'elles se trouvent ensuite dans les lieux de décision, a précisé Nicole Péry, Secrétaire d'Etat aux Droits des Femmes, et ce même dans les pays occidentaux.

Tout comme en 1995, les points de tension se sont concentrés sur les droits sexuels avec notamment le problème de la contraception et de l'avortement, mais aussi la prostitution, que certains pays d'Asie du Sud-Est et d'Europe du Nord veulent voir réglementée comme une "industrie de loisir", conception inacceptable quand on sait qu'il s'agit d'un marché où le corps de la femme est traitée comme une marchandise. Ce dernier point est actuellement en discussion à l'ONU dans le cadre d'une convention portant sur la traite des êtres humains.

La violence contre les femmes a fait l'objet d'un rapport accablant de l'UNICEF qui note que 60 millions de femmes ont disparu des statistiques mondiales pour cause de violence familiale ou économique (avortements sélectifs, mutilations sexuelles, malnutrition, manque d'accès aux soins et à l'éducation, crimes d'honneur en Jordanie et au Pakistan notamment).

En France, si la loi sur la parité en politique, récemment adoptée, permettra aux femmes de faire leur entrée dans les instances décisionnelles des communes, plusieurs chantiers restent ouverts comme l'adaptation de la législation sur l'avortement, l'accès à la contraception gratuite.
Le rapport commandé par le Premier Ministre au Conseil Economique et Social, sous la responsabilité de Michèle Cotta, devrait permettre de faire le point en fin d'année sur la place des femmes dans notre pays.

Dans ces rencontres, il est bon de noter qu'aux côtés des représentantes des gouvernements et des parlementaires, la présence des ONG est de plus en plus forte. On peut imaginer que l'ONU pourra devenir un forum où ces trois expressions : gouvernements, parlements et société civile, pourront dialoguer sur le terrain d'une plus grande égalité.

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 Communiqué de presse
 Conseil de l'Europe, Assemblée parlementaire, Délégation française, 28 avril 1999

Yvette Roudy et Lucien Neuwirth, parlementaires en séance au Conseil de l'Europe, viennent de faire adopter un amendement au cours du débat sur le Kosovo ouvrant, pour les femmes qui ont subi un viol suivi d'une grossesse, le droit à une interruption volontaire de grossesse.

L'Assemblée plénière s'est ainsi prononcée favorablement sur cet amendement, malgré l'avis défavorable de la Commission politique.

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 Communiqué de presse
 Assemblée des Femmes, avril 1999

Au Kosovo, des témoignages font état de viols systématiques. Les agresseurs, encore une fois, s'attaquent en tout premier lieu aux plus faibles : enfants, vieillards et femmes.

A l'humiliation et aux violences que subissent l'ensemble des habitants du Kosovo, s'ajoute, pour les femmes, l'humiliation suprême d'être souillées dans l'essence même de leur être avec toutes les conséquences que cela implique : grossesses subies, dégradation de l'image de soi, accompagnées trop souvent d'une absence de reconnaissance du sévice.

L'Assemblée des Femmes dénonce cette utilisation du viol comme arme de guerre, tout comme elle l'avait fait au moment des guerres en Bosnie et au Rwanda.

Les femmes violées sont doublement victimes :

  • en tant que membres de ce peuple chassé de ses terres, déporté, traîné comme du bétail sur les routes de l'exil,
  • en tant que femmes, stigmatisées dans leur chair, contraintes de porter des enfants de ceux qui veulent les détruire dans un hideux raffinement de " l'épuration ethnique ".

L'Assemblée des Femmes demande que cette situation soit reconnue et dénoncée par les instances internationales et que ces femmes soient clairement identifiées comme victimes d'un crime de guerre.

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