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La femme et les élections de 1994 à 2007
Osez, osez, osez

Présidentielles 2007

Ségolène Royal à Lille le 3 mai 2007

A trois jours du deuxième tour, Ségolène Royal a appelé, lors de son dernier grand meeting de campagne à Lille, les Français à oser le choix d'une femme à l'Elysée.
Photo prise le 3 mai 2007/REUTERS/Pascal Rossignol


* Congrès de Grenoble
* Femmes en politique
et stars du show-biz


* Élections européennes
* Élections présidentielles
* Élections municipales
Osez, Femmes, devenez Maires

Voir aussi :
Du Sénat des hommes au Sénat paritaire (Octobre 2004)
Pourquoi la parité en politique reste-t-elle un enjeu pour la démocratie française ?
(Mars 2003)
L'élargissement de l'Europe : quelle place pour les femmes ?
(Université d'été 2003)
Avant-projet de traité constitutionnel (Novembre 2002)
Y a-t-il une place pour les femmes en politique ? (Novembre 2002)
Les oubliées du Président (Mai 2002)
Manifestation contre Le Pen (Avril 2002)

 Congrès de Grenoble
 Madame Yvette Roudy, 24 et 25 novembre 2000

Dans son texte soumis au vote des militants, notre Premier Secrétaire, François Hollande, propose pour les prochaines législatives, 40 % de candidatures féminines.
Cette proposition s'ajoute à notre loi sur la parité qui en imposant la parité par tranches de 6 aux élections municipales peut porter à 40 le pourcentage de conseillères municipales.

Lorsque Lionel Jospin, alors Premier Secrétaire du Parti a imposé 30 % de candidates aux législatives de 1997, on a pu dire que ce n'était pas si mal, mais il faut dire que nous n'étions alors que 6 % au groupe socialiste qui ne comptait que 50 députés.
Le courant de 1997 aidant, on a vu arriver 250 députés socialistes ce qui a entraîné du même coup 40 femmes soit 18 % au sein du groupe.
Les circonstances sont très différentes. 40 % de candidates ne signifie pas grand chose aujourd'hui, surtout tant qu'on ne connaît pas la qualité des circonscriptions qui leur seront allouées.

Les sièges déjà réservés à des femmes le resteront-ils, y compris le siège du XXème arrondissement de Paris et de Fécamp ?
Réserverez-vous les places laissées disponibles - pour diverses raisons - par des sortants, qui ne souhaitent pas se représenter, à des femmes ?

Ce sont là des méthodes qui ont été largement utilisées et avec succès par nos amis socialistes du Nord de l'Europe, notamment la Finlande où je me trouvais il y a deux semaines et où je rencontrais la Présidente de la République, Madame Tarja Halonen, socialiste et féministe.
Je note que ce pays compte aujourd'hui près de 40 % de députés femmes.

Mais, il faut, quant à nous, mes chers camarades, plus d'imagination, de volonté. La stratégie des petits pas ne peut plus nous satisfaire.

En effet, s'agissant des municipales, nous savons que la loi sur la parité ne donnera de résultat que sur le nombre des conseillères municipales. On ne peut espérer de grands changements quant aux nombre de femmes-maires, pas plus d'ailleurs quant à la composition des structures intercommunales. Nous savons par ailleurs que de nombreuses mairies ne sont pas concernées par la loi. Vous me direz trois par tranches de six, cela va donner autour de 40 % de conseillères municipales et certains considèrent que ce n'est pas si mal, qu'elles pourront ainsi se former, selon cette étrange croyance qui voudrait que les femmes aient besoin d'une période d'apprentissage, alors que les hommes, bien sûr, n'en ont pas besoin, car ils sont naturellement compétents.
Notre faiblesse est là. Si nous sommes imbattables dans la conceptualisation de nos idées, ce qui est gratifiant quand on est dans l'opposition, quand nous devons passer aux actes, nous nous laissons embourber dans les ornières de notre bureaucratie d'État, qui ne fait que reproduire des schémas sociaux. Nous oublions alors que notre rôle est d'instiguer les transformations sociales.

Il est donc surprenant de constater que le mouvement féministe et les femmes sont à nouveau si peu considérées en notre sein au motif que les thèses que nous défendons seraient dépassées. Certainement pas, l'histoire montre que le mouvement féministe entraîne ces mêmes transformations sociales : égalité de droits, partage des responsabilités, revendication paritaire. En ce sens, le féminisme est un courant politique. Et je saluerai, à cet égard, dans le domaine de l'avancement de nos idées, les propos de Lionel Jospin, lors de l'Université d'été de la Rochelle, qui disaient que lorsque l'on était socialiste, on était féministe.

Pour toutes ces raisons et afin de mettre en application tous les beaux principes que nous avançons, je vous propose une méthode de passage à l'acte : " l'objectif de parité intégrale des élus devra être atteint dans la décennie à venir et cela pour toutes les élections. "

Je vous demande donc de voter cet amendement qui vous est présenté ainsi rédigé.

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 Femmes en politique et stars du show-biz
 Libération, 2 et 3 octobre 1999, par Yvette Roudy, députée-maire de Lisieux, ancienne ministre

" M. Le président de l'Association des maires de France,
Je vous prie de bien vouloir noter que la députée-maire que je suis refuse de participer au concours que vous avez eu l'étrange idée d'organiser en proposant aux maires de France de choisir, pour symbole de la République, parmi certaines stars du show-biz.
Cette idée, sortie - à l'évidence - tout droit d'un cerveau bien gaulois, n'est pas si surprenante quand on observe que votre organisation ne compte même pas 5% des femmes et qu'elles n'y ont donc pas droit à la parole.
Mais j'espérais vaguement que vous auriez pu rendre compte que le monde avait bougé depuis les années 50. En imposant si tranquillement vos goûts si archaïquement masculins, vous révélez vos pensées profondes : les femmes n'auraient de place en politique qu'à travers de superbes images capables d'enflammer vos imaginations.
Pardonnez-moi de ne pas partager vos fantasmes, et en attendant vos prochaines déclarations en faveur de la parité, croyez, Monsieur le Président, en l'assurance de mes salutations distinguées."

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 Élections européennes
 L'Europe montre la voie Libération, lundi 28 juin 1999, Yvette Roudy

Une chose est certaine : il était devenu insupportable pour les représentants de la France, berceau des droits de l'homme, de s'asseoir à la table des grands et de défendre les principes de notre démocratie tout en s'affichant parmi les derniers de la classe européenne en matière de représentation féminine en politique avec 10,9%. Le vote de ce lundi constitue donc une avancée, un progrès qu'il a fallu arracher, mais c'est un tout petit pas et le gouvernement doit absolument le confirmer. Il peut dans ce domaine s'inspirer des recommandations de l'Europe.

Ainsi, mardi dernier, lors d'un débat qui eut lieu à Strasbourg, le Conseil de l'Europe a fixé à 30% le seuil critique au-delà duquel le poids des femmes, leur culture, leur vision des choses, peut commencer à peser vraiment sur les décisions. Seuls la Suède (42%), le Danemark (37,5%), la Norvège (36,4%), les Pays-Bas (36%) et l'Allemagne depuis peu (30,9%) ont atteint ce chiffre.

Le thème de la parité est venu de l'Europe, de la charte d'Athènes, adoptée en 1992. La France y faisait pâle figure. Depuis, pressés par les institutions européennes, de nombreux pays ont fait de sérieux efforts pour rattraper leur retard : l'Autriche (26,2%), l'Espagne (24%), le Luxembourg (20%), la Grande-Bretagne (18%).

La France doit la faible progression (+4%) du nombre de ses femmes parlementaires aux seuls efforts du Parti socialiste en juin 1997, qui a triplé sa représentation féminine à l'Assemblée nationale.

Saurons-nous lundi soir ce que le gouvernement compte adopter comme méthode pour nous sortir de ce rang peu glorieux ? Les recommandations ne manquent pas, qu'elles viennent de l'Europe ou de l'ONU, de la convention des Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, ou encore de la Conférence interministérielle européenne sur l'égalité entre les femmes et les hommes comme critère fondamental de la démocratie (1997).

Mardi dernier, le Conseil de l'Europe a avancé un certain nombre de recommandations : l'instauration de la parité au sein des partis, le calcul de leur financement en fonction de leurs efforts de féminisation, une loi mettant en place un système d'éducation paritaire, la création de commissions ou de délégations parlementaires aux droits des femmes, la création d'une structure publique chargée de l'égalité des chances et d'un système de statistiques permettant de suivre l'évolution de la parité, des campagnes d'information permettant de faire évoluer les mentalités...

Pour ma part, j'avais proposé dès l'automne 1997 de prévoir une sanction financière pour tout parti qui ne ferait pas d'efforts de féminisation et ne s'engagerait pas à assurer la parité dans la décennie. Enfin, pour la proportionnelle, on peut également prévoir la parité tout de suite : faute de quoi les listes seraient refusées.

Ce ne sont pas les idées ni les exemples qui manquent en Europe depuis vingt ans. C'est la volonté politique de nos dirigeants qui fait défaut.

Yvette Roudy est ancienne ministre, députée-maire de Lisieux et présidente de la commission des droits des femmes au Conseil de l'Europe.

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 Élections présidentielles
 Questions de l'Assemblée des Femmes aux candidat(e)s à la Présidentielle, Mars 1995

Le chômage et la précarité frappent davantage les femmes que les hommes. Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre ? D'autre part, vous n'êtes pas sans savoir que les inégalités entre emploi féminin et masculin se sont creusées, alors que la loi Roudy votée en 1983 n'est pas appliquée quand elle n'est pas dévoyée. Comment remédier à cette situation ?

Qu'envisagez-vous pour encourager la représentation paritaire des femmes dans les assemblées élues ? Que pensez-vous d'une loi sur la parité ?

Nul n'ignore que la loi n'est pas appliquée concernant l'IVG, pas plus que l'information faite sur la contraception. Compte tenu de la montée des intégrismes et du développement des commandos à l'encontre des centres IVG, que recommandez-vous ?

Acceptez-vous de défendre, au sein de l'Union européenne, la création d'un observatoire chargé d'organiser, tous les cinq ans, une conférence-forum sur la situation des femmes ?

Comment comptez-vous développer la nécessaire solidarité avec les hommes et les femmes démocrates, menacés dans leur vie par la folie intégriste ?

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 Élections municipales
 "Osez. Femmes, devenez Maires", 23 avril 1994

Une conscience naît : 50 ans après l'obtention du droit de vote, le 21 avril 1944, les Françaises sont toujours exclues des hauts lieux de décision politique.

Avec 6 % de représentantes à l'Assemblée Nationale, elles n'arrivent qu'au 11ème rang des pays de l'Union européenne.

Les deux derniers pays européens à bloquer la représentation des femmes sont paradoxalement la Grèce et la France, symboles de la démocratie.

Si nous acceptons cette place comme une fatalité, si nous nous résignons à cet état de fait, cette scandaleuse situation ne changera pas.

Nous devons compter sur nos propres forces, sur notre élan.

La déclaration d'Athènes du 3 novembre 1992 proclame " la démocratie impose la parité dans la représentation des Nations ".

Une occasion de mettre en oeuvre cette parité va se présenter aux femmes lors des prochaines élections municipales de 1995.

La nature même de ces élections - élections locales de proximité - la loi électorale qui les régit - la représentation proportionnelle - le type de décisions qu'elles auront à assumer - aménagement urbain et rural, budget, vie scolaire, socialisation des enfants et des adolescents, solidarités, etc. - convient pour un premier pas.

Cette entrée à parité dans la gestion municipale - qui peut se concevoir graduellement - devrait être une étape décisive sur la voie de la participation indispensable des femmes à tous les niveaux de décision politique.

Dès maintenant, il s'agit que les femmes se mettent en mouvement et créent des collectifs de préparation à la candidature. Nous les y invitons. Nous les y aiderons.

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