Née
à Pessac (Gironde), Yvette Roudy constitue l'exemple rare, en
France, d'une femme qui s'est faite seule. Issue d'une famille modeste,
elle prend conscience très jeune de l'existence des injustices
qui l'entourent. Jamais elle ne les acceptera. Cette capacité
d'indignation fera d'elle une battante. Des chances se présentent.
Elle sait les saisir, et commence par exprimer sa volonté de
se réaliser en se lançant à la conquête de la culture.
Lectures et cours par correspondance l'amènent au baccalauréat.
Puis, tout en travaillant, elle obtient une licence d'anglais.
C'est
le féminisme qui l'amène à la politique. Dans ce
processus, des rencontres comme celles de Colette Audry, Marie-Thérèse
Eyquem et François Mitterrand en 1965, sont déterminantes.
Epousant
très jeune un écrivain, Pierre Roudy, alors étudiant
d'anglais, Yvette Saldou passe avec lui deux années en Ecosse
où elle acquiert une connaissance courante de la langue. Elle deviendra
traductrice et fera ainsi connaître en France La femme mystifiée
de Betty Friedan.
Cette
activité d'analyse et de réflexion qu'elle mène
tant sur le plan du féminisme que dans le domaine de la politique,
la conduit à publier en 1975, chez Flammarion, La femme
en marge, préfacé par François Mitterrand. Elle
fait dans ce livre le point sur la marginalisation historique des femmes.
Sa
carrière proprement politique commence en 1973 où elle siège
au Comité Directeur du Parti Socialiste. En 1977, elle est Secrétaire
Nationale à l'Action Féminine, puis en 1979, élue
au Parlement Européen.
Cette
charge de Parlementaire lui permettra de développer ses qualités
de débatrice et d'organisatrice politique, et de mettre au point
une stratégie pragmatique pour les femmes, fondée sur
le dessein d'obtenir un consensus politique aussi large que possible.
Ministre
des Droits de la Femme de 1981 à 1986, elle construit son action
autour du principe d'"actions positives ", et lutte pour
l'intégration des femmes dans le système du pouvoir :
six grandes lois marquent son passage.
Pour
parachever une oeuvre ministérielle importante qui n'omet pas
l'aspect culturel, Yvette Roudy publie en 1985, chez Albin Michel, une
autobiographie A cause d'elles, préfacée par Simone
de Beauvoir, où elle retrace son parcours depuis l'enfance, en même
temps qu'elle indique les grandes lignes de son action de Ministre.
De
1986 à 1988, Députée du Calvados, réélue
de 1988 à 1993 et à nouveau en 1997, Yvette Roudy a été
élue Maire de Lisieux en 1989. Nommée Chevalière
de la Légion d'Honneur, elle est reconduite par les Lexoviens
en 1995.
En
tant que parlementaire, son action a été décisive
dans le domaine de la Bioéthique : membre de la Commission
Nationale d'Ethique, elle a aussi présidé la Commission
Parlementaire chargée de préparer l'examen de trois projets
de loi et a cosigné avec Bernard Bioulac en 1992 un rapport sur
la Bioéthique. Elle a déposé à l'automne
1997 deux propositions de loi : une " sur l'imprescriptibilité
des crimes commis sur des mineurs par des adultes ayant autorité
" et une sur " la Parité en politique ".
Parallèlement
à son activité politique, elle a mené une réflexion
théorique sur la place des femmes dans l'Histoire et la Société
françaises qu'attestent les nombreux ouvrages égrenant chaque
décennie depuis 1965.
1965 : Les métiers et les conjoints, Ed. du CAL
1969 : La réussite de la Femme, Ed. du CAL
1975 : La Femme en marge, Ed. Flammarion, préface de François
Mitterrand
1985 : A cause d'Elles, Ed. Albin Michel, préface de Simone
de Beauvoir
1995 : Mais de quoi ont-ils peur ?, Ed. Albin Michel

Who
is Yvette Roudy?
Traductions :
1964 : La Femme mystifiée, de Betty Friedan, Ed.
Gonthier
1965 : Ma Vie, de Eleonor Roosevelt, Ed. Gonthier
Alarmée
par le retard en France de la représentation des femmes en politique,
Yvette Roudy a créé en 1992 l'Assemblée des Femmes
quelle préside, et l'Institut politique Européen de Formation
des Femmes (IPEFF). En
1996, elle réunit autour du " Manifeste
pour la Parité " les signatures de dix anciennes
ministres de Gauche et de Droite qui allaient jouer un rôle déterminant
dans la décision du Parti Socialiste de présenter 30 %
de candidates aux élections de 1997.
Sa
récente nomination au poste de Présidente de la Commission
sur l'Egalité des Chances pour les Femmes et les Hommes du Conseil
de l'Europe va lui permettre de poursuivre, au sein des 40 pays membres
du Conseil, son combat pour la cause des femmes qui a inspiré
sa vie et son engagement politique.
Une
femme attentive, chaleureuse et gaie, dont la capacité exprime
la volonté de comprendre et de communiquer. Enthousiaste, généreuse,
active, sportive, parfois impatiente, mais relevant tous les défis,
elle compte à ce jour un grand nombre de réussites à
son actif.