Yvette
Roudy, Présidente de l'Assemblée des Femmes, Juin 2008
L'assemblée
des Femmes condamne la décision inique du tribunal de Lille qui
vient d'annuler un mariage au motif de non virginité de la mariée.
Il y aurait,
paraît-il, une base juridique à cette décision.
Mais le principe de l'Egalité entre homme et femme n'est-il pas
inscrit dans notre Constitution ? Si, bien sûr.
Et quand
on se trouve devant deux principes contradictoires ne faut-il pas choisir
le plus élevé ? Si, bien sûr, et le plus élevé
est celui qui est inscrit dans la Constitution. L'égalité.
Le mari est-il vierge ?
Voilà
les questions que le juge aurait pu se poser.
Je suis
convaincue que derrière cette décision se cache un islamiste
religieux particulièrement pervers qui connaît bien nos
lois et qui a conseillé ce marié aussi sot que vaniteux.
Mais si
il existe une base juridique à une telle décision, il
faut l'abroger au nom de notre Constitution qui rendra une telle décision
anticonstitutionnelle.
Ensuite,
il faut rappeler à ce juge ignorant et simplet qu'il aurait pu
se souvenir dans quel pays il vit, où le principe d'égalité
existe avant tout, plutôt que de s'appuyer sur un texte ancien
déterré par un quelconque macho pervers.
Troisièmement,
il faut rappeler solennellement aux familles concernées que ces
pratiques (le drap tâché de sang) ne sont pas reconnues
en France (Bourguiba l'avait interdit en Tunisie). Leur rappeler que
la France est un pays de droits où la Charia n'est pas reconnue,
où la loi de la République a primauté sur toute
loi religieuse.
Et quatrièmement,
il faut s'excuser au nom de la République solennellement auprès
de cette jeune femme humiliée, livrée à la vindicte
de machos excités.
C'est
une atteinte grave à sa dignité et à celle de toutes
les femmes.
Il faut
mettre à sa disposition l'assistance d'une association telle
que le Planning Familial.
Enfin,
il faut restaurer dans ce pays une structure de vigilance digne de ce
nom afin que de telles " bavures " ne puissent pas
se renouveler.
Ceci est
un signal d'alarme de taille.
Signé
Yvette ROUDY
Présidente de l'Assemblée des Femmes
Ancienne Ministre aux droits des femmes