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L'année 2009 de l'Assemblée des Femmes

Janvier à Avril 2009

* Projection du film " Les Bureaux de Dieu "
* Assemblée générale du 08 janvier 2009

  Projection du film " Les Bureaux de Dieu "


À l’occasion de la Journée Internationale des Femmes et en soutien au Planning Familial

Projection – Débat autour du film de Claire Simon : « LES BUREAUX DE DIEU »

le jeudi 26 mars 2009 à 18h30 en présence de la réalisatrice, de Françoise Laurant (Présidente du Planning Familial), et d'Yvette ROUDY (Ancienne Ministre et Présidente de l’Assemblée des Femmes) au cinéma L’ENTREPÔT (7-9, rue Francis de Pressensé 75014 Paris - Métro : Pernéty).

Dîner sur place.

  Assemblée générale du 08 janvier 2009


L'Assemblée générale de l'Assemblée des Femmes s'est tenue :

le Jeudi 08 janvier 2009
Assemblée nationale
Bureau n°1
126, rue de l'Université
75007 PARIS

Cette Assemblée générale s'est déroulée en 2 parties :

1ère partie de 18h00 à 19h30
Rapport moral, rapport financier, votes, élection du Conseil d'administration.

2ème partie de 19h30 à 21h00
Rencontre avec Benoîte Groult, écrivaine, qui vient de publier " Mon évasion " aux éditions Grasset.

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Mai à Juillet 2009

* À propos du voile et de la burka
* Obama favorable au signe religieux qu'est le voile
* Invitation à l'Université d'été des 26 et 27 août 2009

  À propos du voile et de la burka

Communiqué de Presse, Yvette Roudy

Yvette Roudy, ancienne Ministre des droits des femmes, Parlementaire Honoraire et Présidente de l’Assemblée des Femmes se félicite de l’initiative du député PC André Guerin et des 57 autres députés de droite comme de gauche qui réclament un débat national sur le port de la burka en France.

Elle souhaite que nos parlementaires aillent plus loin et déposent une proposition de loi interdisant la burka, cet insupportable accoutrement vestimentaire imposé aux femmes au nom d’une religion qui n’en demande pas tant, qui les renvoie à une invisibilité de fait qui symbolise une absence de droits, d’identité, de reconnaissance, d’existence tout simplement.

Ces vêtements ne sont pas de simples chiffons, n’ont rien à voir avec une mode éphémère. Ils font ressurgir de vieux fantasmes machistes que l’ont croyait oubliés. Ce sont les Chevaux de Troie d’une idéologie discriminatoire, manipulatrice, insidieuse, sectaire qui laisse peu de place à la liberté de jugement.

En vérité, les tenants de cette idéologie rêvent de destabiliser nos démocraties par le biais des droits des femmes qu’ils nient, récusent, méprisent.

La burka tout comme le voile sont contraires à notre Constitution qui a inscrit l’égalité entre homme et femme dans ses grands principes. Ils sont anticonstitutionnels.

Nos parlementaires doivent exiger une loi et compléter celle dite du « voile » dont l’interdiction doit être étendue au-delà des écoles, universités ou hôpitaux, à tous les lieux publics.

En même temps, nous voulons redire notre soutien à toutes celles qui refusent le port du voile et de la burka, se battent et défient quotidiennement l’obscurantisme intégriste , au péril de leur vie.

Paris le 20 Juin 2009

Yvette Roudy, Présidente de l’Assemblée des femmes et Françoise Durand, Secretaire Générale - Danielle Bousquet, Députée - Pascale Crozon, Députée.

  Obama favorable au signe religieux qu'est le voile

Communiqué de Presse, Yvette Roudy

Quelle déception ! Mais faut-il s'en étonner ? Obama est avant tout un bon américain pour qui la religion est partout. " In God we trust " disent les billets de banque. Ne l'oublions pas. Et toutes les religions sont misogynes. Ne l'oublions pas non plus. N'ont-elles pas été crées par des hommes ?

Tout de même quelle tristesse. Obama avait apporté son soutien au Planning, il semblait plus ouvert que les autres, parlait des droits des femmes, il incarnait le rêve. Mais il est temps de se réveiller, c'est un chef d'Etat Américain.

Et il convient d'être réaliste, n’est-ce pas ? Il veut renouer avec le monde arabe ? Alors cela vaut bien un morceau de tissu, pense-t-il. Et peu importe que ce voile soit un cheval de Troie intégriste infiltré dans nos démocraties ou même le signe extérieur affiché de l'infériorité de la femme, laquelle se doit de cacher cet élément de séduction insupportable qu'est sa chevelure qui rendrait, paraît- il, les hommes fous et les autoriserait à les traiter en marchandise disponible. Sont-ils donc si fragiles ? Si cruels ?

" Soyez fière de ce signe religieux " nous dit M. Obama. Comment ? Vous dites que c'est un signe affiché de soumission ? Mais s'il s'agit d'une soumission librement consentie, est-ce que cela ne change pas tout ? " Librement " - tout est dans le mot - tout comme la femme qui retire " librement " sa plainte du commissariat après avoir dénoncé le mari violent mais qui jure qu'il ne recommencera pas. Tout comme l'esclave qui suivra " librement " son maître, une fois libéré, parce qu'il ne sait rien de la liberté, tout comme l'oiseau qui restera dans sa cage alors que la porte est ouverte. Parce qu'il ne saura pas voler.

Et après tout, Monsieur Obama, s'il plaît aux femmes d'être battues, lapidées, excisées, humiliées, comme le disait notre bon Molière et aussi notre grand Shakespeare et sa Mégère apprivoisée, il y a quelques siècles chez nous.

Avec Obama nous pensions avoir franchi un grand pas en avant. Mais Trois pas en avant et Deux grands en arrière, n’est-ce pas la marche des féministes ?

Une longue marche pour le cas où nous l'aurions oublié.

Yvette Roudy, ancienne ministre des droits de la femme.

Présidente de l'Assemblée des Femmes

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Août à Septembre 2009

* Communiqué de Presse du 27 Août 2009
* Programme détaillé de l'Université d'été 2009
* Invitation à l'Université d'été des 26 et 27 août 2009

  Communiqué de Presse du 27 Août 2009

La Rochelle, 27 août 2009

L'Assemblée des femmes dénonce les menaces pesant sur les retraites des femmes

L'Assemblée des Femmes, présidée par Yvette Roudy, réunie à la Rochelle les 26 et 27 août 2009 dans le cadre de son université d'été, s'insurge contre le nouveau coup bas qui risque d'être porté aux droits des femmes.

En effet, suite à une décision de justice rendue au nom de " l'égalité entre les mères et les pères ", il est envisagé de remettre en cause les mesures compensatoires que sont les trimestres de bonification de deux années par enfant, acquises par les femmes dans le calcul de leur retraite !

Au-delà de la reconnaissance des interruptions de carrières liées à la grossesse et à ses conséquences, rappelons que ces mesures ont été mises en place pour compenser les nombreux facteurs d'inégalités professionnelles, toujours d'actualité, entre les femmes et les hommes : temps partiels, inégalités de salaires et carrières incomplètes liées aux responsabilités familiales qui incombent encore quasi exclusivement aux femmes.

L'ensemble de ces facteurs a pour conséquence un niveau de retraite des femmes de l'ordre de 40% inférieur à celui des hommes.

Supprimer ces mesures compensatoires conduirait les femmes, dont l'espérance de vie est de plus en plus longue, à une précarité accrue et à une situation de grande dépendance économique vis-à-vis de leur entourage et de la solidarité nationale au moment de leur retraite.

L'Assemblée des Femmes considère comme inacceptable cette remise en cause des droits acquis.

Au-delà d'une égalité fictive, supposant un véritable partage des taches familiales entre les pères et les mères, il est de la responsabilité gouvernementale de s'engager dans des mesures volontaristes permettant notamment une diminution des temps partiels contraints, une égalité réelle des salaires et le partage des congés parentaux.

Conformément à ses engagements européens, la France ne pourra abandonner le principe de droits spécifiques compensatoires dont les femmes sont bénéficiaires, que le jour où elle sera en mesure de garantir une véritable égalité des droits et des devoirs, tant professionnels que familiaux, entre les femmes et les hommes.

  Programme détaillé de l'Université d'été 2009

Programme Université d'été de l'Assemblée des Femmes 26 et 27 Août 2009
Salle de l’Oratoire (6 bis rue Albert 1er - 17000 La Rochelle)

« Les Femmes et l’Europe »

Télécharger le programme au format rtf

Mercredi 26 août

- 9h30 : Accueil.

- 10h00 : Ouverture, Yvette ROUDY, Présidente de l'Assemblée des Femmes :

. Point sur la situation des femmes en France ;

. Présentation du Programme (points forts).

- 11h00 : Françoise MESNARD, Vice - Présidente de la Région Poitou-Charentes.

- 12h00 : Maxime BONO, Maire de La Rochelle.

Déjeuner

- 14h00 : Geneviève COURAUD, Trésorière du MFPF : le point sur la situation du Planning Familial Français.

- 14h45 : Christine MAUGET, chargée des questions internationales au bureau du MFPF.

- 15h30 : Claire RICCIARDI, chargée de l’éducation à la sexualité au bureau du MFPF.

- 16h15 : Débat sur les questions évoquées.

Pause

- 17h00 : Françoise DURAND, Secrétaire générale de l'Assemblée des Femmes : les "mères porteuses".

- 17h45 : Annie JUNTER-LOISEAU, Maîtresse de conférences en droit social à Rennes.

Dîner (avec supplément)

- Dîner au Casino de la Rochelle sur réservation auprès de notre équipe.

Jeudi 27 Août 2009

- 9h30 : Michèle RIVASI, Parlementaire européenne : la rentrée du Parlement Européen.

- 10h15 : Jocelyne BOUGEARD, Adjointe au Maire de Rennes, déléguée aux temps de la ville et aux droits des femmes, Présidente de la commission des élues locales et régionales du conseil des communes et Régions d’Europe (sur la Charte européenne de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale).

Pause

- 11h15 : Danielle BOUSQUET, Députée des Côtes d'Armor, Vice- Présidente de l'Assemblée des Femmes, parlera du rapport de la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée Nationale sur les violences.

- 12h : Michèle LOUP, Conseillère régionale Ile de France et Présidente d’ECVF, sur les violences faites aux femmes.

Déjeuner

- 14h30 : George PAU-LANGEVIN, députée de Paris, membre de la Commission Parlementaire sur la Burqa : la question du voile et de la Burqa.

- 15h15 : Michèle DELAUNAY, Députée de Gironde : questions de bioéthique.

- 16h30 : Clôture.

  Invitation à l'Université d'été des 26 et 27 août 2009

Septembre à Décembre 2009

* L'historienne Michelle Perrot dédicace son dernier ouvrage "Histoire de Chambres"
* Pétition Alerte rouge, parité en danger
* Hommage à Carole Roussopoulos
* Manifestation pour le droits des femmes le 17 Octobre 2009 à Paris

  L'historienne Michelle Perrot dédicace son dernier ouvrage "Histoire de chambres"

(paru en septembre 2009 aux éditions du seuil)

Histoire de Chambres, par Michelle Perrot, historienneL'historienne Michelle* Perrot a dédicacé son dernier ouvrage « Histoire de Chambres »

le Mercredi 9 décembre 2009 à 18h30
à l'Assemblée Nationale
5ème Bureau, place du Palais Bourbon,
126 rue de l'Université 75007 PARIS
Métro Assemblée Nationale ou Invalides

Bien des chemins mènent à la chambre : le sommeil, l'amour, la méditation, Dieu, le sexe, la lecture, la réclusion, voulue ou subie. De l'accouchement à l'agonie, elle est le théâtre de l'existence, là où le corps dévêtu, nu, las, désirant, s'abandonne. On y passe près de la moitié de sa vie, la plus charnelle, celle de l'insomnie, des pensées vagabondes, du rêve, fenêtre sur l'inconscient, sinon sur l'au-delà.

La chambre est une boîte, réelle et imaginaire. Quatre murs, plafond, plancher, porte, fenêtre structurent sa matérialité. Ses dimensions, son décor varient selon les époques et les milieux sociaux. De l'Antiquité à nos jours, Michelle Perrot esquisse une généalogie de la chambre, creuset de la culture occidentale, et explore quelques-unes de ses formes, traversées par le temps : la chambre du Roi (Louis XIV à Versailles), la chambre d'hôtel, du garni au palace, la chambre conjugale, la chambre d'enfant, celle de la jeune fille, des domestiques, ou encore du malade et du mourant. Puis les diverses chambres solitaires : la cellule du religieux, celle de la prison ; la chambre de l'étudiant, de l'écrivain.

Nid et nœud, la chambre est un tissu de secrets. Dans ce livre, Michelle Perrot contribue à l'histoire des Chambres. Nuit et jour.

*Michelle Perrot, historienne (agrégée d'histoire, Docteure d'Etat, Professeure émérite de l'Université Paris 7 Denis Diderot), a codirigé, avec Georges Duby, les cinq volumes de l'Histoire des femmes en Occident, Plon, 1991-1992 (Perrin, coll. " Tempus ", 2002). Parmi ses nombreuses publications : Les Femmes ou les silences de l'Histoire, Flammarion, 1998 (" Champs ", 2001) et Mon histoire des femmes, Seuil/France-Culture, 2006 (" Points Histoire ", 2008).

  Pétition Alerte rouge, parité en danger


Pour faire suite à de nombreuses demandes, le texte "Alerte rouge, parité en danger", co-signé par Yvette Roudy, Danièle Bousquet, Françoise Durand et Geneviève Couraud est désormais devenu une pétition en ligne sur le site
http://www.parite-en-danger.org

Vous pouvez la signer et la diffuser sans modération à tous vos amis, vos proches, votre réseau, ainsi qu'à la presse de votre région.

Ce texte porte la seule proposition acceptable à nos yeux - que l'élection des futurs conseillers territoriaux se fasse au scrutin proportionnel avec des listes paritaires.

Nous sommes tous concernés par ce projet de loi qui marquerait le recul historique le plus important de la place des femmes en politique, jamais enregistré dans notre pays !
Le combat est loin d'être perdu.
Mobilisons-nous ! Mobilisons nos concitoyens ! Mobilisons nos parlementaires !

Deux points importants
- un point de fond : la présente pétition s'adresse aux militants et sympathisants issus de tous les partis politiques, de droite comme de gauche, et encore au-delà, aux militants associatifs, et aux simples citoyens ;
- un point de forme : la pétition se signe en donnant dans l'ordre NOM et prénom, ainsi que l'indication d'identité que vous voudrez bien indiquer (profession, mandat, localisation géographique, association, etc.).

Nous comptons sur vous pour faire avancer notre combat.

Voir aussi :
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2349/articles/a412643-.html

  Hommage à Carole Roussopoulos

Extrait du bulletin n° 16 de septembre 2009 d’Archives du féminisme

Carole Roussopoulos, un regard de femme sur l'actualitéUne géante du documentaire politique disparaît.
Carole Roussopoulos, réalisatrice féministe, nous a quitté-es

Carole Roussopoulos, née de Kalbermatten, réalisatrice pionnière de la vidéo et militante féministe, est décédée le 22 octobre, chez elle à Molignon, dans son Valais natal, à l'âge de 64 ans, des suites d'un cancer.

Née le 25 mai 1945 à Lausanne, Carole Roussopoulos passe son enfance à Sion et s’installe à Paris en 1967. Deux ans plus tard, sur les conseils de son ami l'écrivain Jean Genet, alors qu'elle vient d’être licenciée par le journal Vogue où elle travaillait, elle achète l’une des premières caméras vidéo portables vendues en France, le fameux « Portapack » de Sony. Avec son compagnon Paul Roussopoulos, elle fonde le premier collectif de vidéo militante, baptisé « Vidéo Out », et dès lors ne cesse de donner la parole aux « sans-voix », opprimé·es et exclu-es : « La vidéo portable permettait de donner la parole aux gens directement concernés, qui n’étaient donc pas obligés de passer à la moulinette des journalistes et des médias, et qui pouvaient faire leur propre information. »

Le militantisme vidéo de Carole Roussopoulos s'inscrit dans le courant de contestation culturelle issu de mai 68. Tout au long de la décennie 70, dotée d'un sens aigu de l'Histoire, elle accompagne les grandes luttes qui lui sont contemporaines, livre une critique des médias, dévoile les oppressions et les répressions, documente les contre-attaques et les prises de conscience. Caméra au poing, Carole Roussopoulos soutient les luttes ouvrières (conflits Lip), anti-impérialistes (Palestinien·nes, Black Panthers et autres mouvements de libération), homosexuelles (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire) et surtout féministes : les combats en faveur de l’avortement et de la contraception libre et gratuite dès 1971, les luttes des prostituées de Lyon en 1975, celles contre le viol, la lutte des femmes à Chypre et dans l’Espagne franquiste. Carole Roussopoulos explore les immenses possibilités offertes par la vidéo, nouvel outil sans passé ni école, que les femmes s'approprient à la même époque partout dans le monde, et qui permet une agitation directe sur le terrain. Ses bandes, toujours conçues comme des supports à débats, elle les diffuse sur les marchés, avec la chanteuse Brigitte Fontaine et l'accordéoniste Julie Dassin, avant que ne soit créé le collectif de distribution « Mon œil ».

Entre 1973 et 1976, Carole Roussopoulos enseigne la vidéo à la toute nouvelle Université de Vincennes. En 1982, elle fonde, avec l’actrice Delphine Seyrig et Ioana Wieder, le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, premier centre de production et d'archivage de documents audiovisuels consacrés aux femmes créé grâce au soutien financier du Ministère des droits de la femme d'Yvette Roudy. Elle y réalise de nombreux documentaires sur l’éducation non sexiste, les femmes immigrées, des métiers féminins méconnus ou non reconnus, comme celui d'agricultrice, et tourne des portraits de féministes. À partir de 1984, au sein de Vidéo Out, transformé en SARL, elle poursuit son exploration de sujets ignorés (pauvreté extrême, sans-abris, toxicomanie, prisons, mort des malades) et commence sa série sur l’inceste, « le tabou des tabous ».

Entre 1986 et 1994 à Paris, prenant la suite de Frédéric Mitterrand, Carole Roussopoulos dirige et anime le cinéma d’art et d’essai « L’Entrepôt », espace culturel regroupant trois salles, une librairie et un restaurant. En 1995, elle revient vivre en Suisse, à Sion, et continue d'y travailler comme réalisatrice, défricheuse de terrains négligés : violences faites aux femmes, viol conjugal, combat des lesbiennes, excision, études sur le genre, mais aussi personnes âgées, dons d’organes, soins palliatifs, handicap. « Le moteur de ma révolte, et donc le moteur de cette énergie que je déploie encore aujourd’hui pour dénoncer les injustices, c’est tout simplement [mon intolérance pour] le manque de respect à l’égard des autres », expliquait récemment celle qui aimait à se comparer à la figure de passeuse au volley ball (« tu prends la balle et tu la passes »).

En 1999, elle réalise Debout ! Une histoire du Mouvement de libération des femmes (1970-1980), un long-métrage documentaire qui alterne images d'archives et entretiens avec les femmes qui ont créé et porté le mouvement en France et en Suisse. Le film rend hommage à leur intelligence, leur audace et leur humour et a enthousiasmé les jeunes féministes : « Les vidéos montrent les yeux qui brillent encore aujourd’hui, trente ans après. Le rôle des images dans la transmission est donc décisif, elles permettent de casser les clichés », soulignait Carole Roussopoulos. C'est avec le même souci de transmettre une histoire méconnue et souvent falsifiée, qu'elle s'était récemment engagée dans le projet « Témoigner pour le féminisme », mis en place par l’association Archives du Féminisme (France) en partenariat avec le LIEGE (Laboratoire Interuniversitaire en Études Genre de l'Université de Lausanne) et l'Espace Femmes International (Genève), et qui entend répondre à l’urgence de sauvegarder la mémoire des luttes féministes passées et actuelles.

Carole Roussopoulos a réalisé et monté plus de cent-vingt documentaires, toujours dans une perspective féministe et humaniste, mue par la volonté constante de « faire comprendre que c’est un grand bonheur et une grande rigolade de se battre ! Nous avons toutes à gagner de lever la tête, tout le monde, tous les opprimés de la terre ».
Dès 2007, la Cinémathèque française a rendu un vibrant hommage à cette « géante du documentaire politique à l'instar de Joris Ivens, René Vautier, Chris Marker ou Robert Kramer », selon la formule de Nicole Brenez. Ces dernières années, le travail vidéo de Carole Roussopoulos a ainsi fait l'objet de programmations dans le monde entier : aux festivals de La Rochelle, Nyon (Suisse), Trieste (Italie), à la Tate Modern de Londres, ou encore en Turquie et au Québec.
En 2001, Carole Roussopoulos a été nommée Chevalière de la Légion d’honneur et en 2004, elle a été lauréate du Prix de la ville de Sion. Le 9 octobre 2009, elle a reçu le prestigieux Prix culturel du canton du Valais pour l'ensemble de son œuvre. Une œuvre actuellement conservée à la Médiathèque de Martigny en Suisse, mais également archivée à la Bibliothèque nationale de France à Paris et qui n'a pas cessé de susciter notre intérêt et notre admiration.

Parmi les nombreux films réalisés par Carole Roussopoulos, citons :
Genet parle d'Angela Davis (1970)
Le F.H.A.R. (Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire) (1971)
Y a qu'à pas baiser ! (1971-1973)
Lip : Monique (1973)
Les Prostituées de Lyon parlent (1975)
S.C.U.M. Manifesto (1976)
Maso et miso vont en bateau (1976)
Le Viol : Anne, Corinne, Annie, Brigitte, Josyane, Monique et les autres... (1978)
Profession : agricultrice (1982)
La Mort n'a pas voulu de moi : Portrait de Lotte Eisner (1984)
Les Clés de Mauzac (1987)
L'Inceste, la conspiration des oreilles bouchées (1988)
Les Hommes invisibles (1993)
Debout ! Une histoire du Mouvement de libération des femmes (1970-1980) (1999)
Donner c'est aimer (2002)
Vieillir en liberté (2002)
Viol conjugal, viol à domicile (2003)
Il faut parler : Portrait de Ruth Fayon (2003)
Le Jardin de Lalia : des microcrédits pour les femmes maliennes (2004)
Des fleurs pour Simone de Beauvoir (2005)
Les Années volées (2005)
Sans voix... mais entendus ! Un hommage aux soins palliatifs (2006)
Pour vous les filles ! (2006)
Je suis un être humain comme les autres (2006)
Femmes mutilées, plus jamais ! (2007)
Mariages forcés, plus jamais ! (2008)
Ainsi va la vie. Cancer : de la peur à l'espoir (2009)
Pramont : une deuxième chance (2009)
Delphine Seyrig : un portrait (2009)

  Manifestation pour le droit des femmes le 17 Octobre 2009 à Paris


L'Assemblée des Femmes vous a donné rendez-vous samedi 17 octobre prochain à Paris à Bastille à 14h30 pour la mobilisation nationale pour le droits des femmes.

Cette grande mobilisation, à l'initiative du Collectif Droits des Femmes et Femmes solidaires, avait pour but de dénoncer les attaques récentes et répétées envers les femmes en termes de retraites, de droit à disposer de son corps, d'accès aux soins avec la fermeture des plannings...

En effet, parce que le 8 mars et la journée du 25 novembre de lutte contre les violences ne suffisent plus, nous devons, femmes et hommes, revendiquer lors de cette nouvelle journée de mobilisation :

. l’égalité professionnelle et salariale : parce que les inégalités persistent malgré les lois, des mesures contraignantes doivent être prises,

. une retraite décente, avec le maintien des bonifications pour les mères salariées,

. la lutte contre les violences faites aux femmes : la proposition de loi cadre déposée au Parlement par le Collectif national pour les Droits des Femmes (CNDF) doit être adoptée,

. la défense des services publics : pour garantir notamment l’accès aux soins et aux services de la petite enfance,

. la liberté de disposer de son corps : l’avortement est aujourd’hui menacé dans sa pratique par la fermeture des hôpitaux et l’activisme des anti IVG : il faut un accès à la contraception et à l’avortement pour toutes et sur tout le territoire !

. le Droit pour toutes et tous de choisir sa sexualité,

. le refus du sexisme : parce qu’il perdure toujours en 2009, le CNDF réclame une loi antisexiste, au même titre que la loi contre le racisme et l’antisémitisme,

A télécharger :
- le tract de la mobilisation du 17 octobre 2009
- le numéro 2 du journal "osez le féminisme" spécial manif du 17 octobre 2009

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