Assemblée
Générale - Assemblée des Femmes - Rapport Moral
- Yvette Roudy, 17 Nov 2007.
L'année
2007 a été pour nous essentiellement marquée par
l'élection Présidentielle et notre soutien à la
candidature de Ségolène Royal. Un soutien qui s'est manifesté
par notre invitation de Ségolène Royal à notre
dîner débat traditionnel du mois de mars où nous
avons pu dialoguer avec elle. Par suite, nous avons appelé à
constituer un comité de soutien à sa candidature.
Je commencerai
donc ce rapport moral par une réflexion sur cet événement
qu'à été
La Présidentielle
Notre candidate
a recueilli 17 millions de voix, ce qui est considérable quand
on connaît les difficultés exceptionnelles qu'elle a pu
rencontrer dans cette campagne venant souvent de personnalités
importantes de son propre parti, paradoxalement. Et je suis aujourd'hui
convaincue que la méthode de désignation interne - dont
nous avons été si fiers - le vote à bulletin secret
pour départager les 3 candidats, - les 3 débats en particulier
dont elle est sortie élue à 60% - l'ont finalement desservie.
Ils ont servi d'arguments à son adversaire au premier et au second
tour. Lequel adversaire avait su lui, s'assurer d'un solide parti derrière
lui, dont pas une tête ne dépassait. C'est toute la différence.
Souvenons-nous qu'en 1995 quand Jospin et Emmanuelli se sont présentés,
ils se sont contentés d'envoyer chacun une lettre circulaire
d'intention aux militants. Il n'y eut aucun débat entre eux à
la télé. Je ne me souviens pas que quelqu'un l'ait demandé
à l'époque. Je sais que ce n'est pas Ségolène
qui l'a demandé cette fois. La demande est venue de ses concurrents
: L. Fabius et DSK avec un puissant soutien du Président des
jeunesses socialistes, proche de DSK.
Je me souviens parfaitement de la façon dont l'Université
d'été du PS de La Rochelle de 2006 a été
sous-traitée en quelque sorte aux jeunesses socialistes. Je me
souviens de la façon dont le jeune Président a voulu faire
défiler devant lui l'ensemble des candidats. Et aussi de la façon
dont elle a été stigmatisée lorsqu'elle a refusé
de se prêter à cette mascarade déclarant que ce
serait l'ensemble des militants consultés à bulletin secret
qui trancherait. Les 3 débats publics retransmis à la
télévision, en étalant nos divisions - mais certains
le savaient - ont été mortifères.
Je dirais que le vieil adage " protégez-moi de mes amis,
je me charge de mes ennemis " s'est vérifié tragiquement
Mais Ségolène ne veut pas entendre parler de riposter
à ceux qui sont les véritables responsables de son échec
et qui sont toujours là. En gardiens sévères de
la Vieille Maison ils continuent de penser que ce qu'ils appellent "
l'aventure " ou la " parenthèse " Ségolène
est derrière nous et qu'il s'agit de reprendre les affaires comme
d'habitude.
Sauf que le peuple de Gauche et nous en sommes - même si nous
ne sommes pas toutes ici membres du PS - lui, a changé. Ils veut
retrouver un Parti qui exprime ses revendications d'aujourd'hui et non
pas d'avant-hier. Le monde a changé. Le monde politique comme
le reste. Depuis la chute du mur de Berlin, le communisme n'attire plus
personne. Les socialistes européens l'ont tous compris. Si l'union
de la Gauche est toujours nécessaire pour gagner, elle n'est
plus suffisante. C'est là-dessus que nos devons réfléchir
aujourd'hui sans pour autant perdre notre âme.
Pour terminer sur ce chapitre et pour l'instant j'ajoute que Ségolène
continue son chemin, creuse son sillon et j'invite l'Assemblée
des Femmes à l'accompagner. Il y aura d'autres élections
Présidentielles. François Mitterrand s'est présenté
3 fois, souvenons-nous.
Enfin je
veux vous dire que je travaille en ce moment avec Michèle Sarde
sur l'étude de cette campagne exceptionnelle, sans précédent,
qui normalement aurait dû aboutir à l'élection d'une
femme à la tête de la France. Et plus je relis mes notes,
les coupures de presse, les déclarations des uns et des autres
et plus je pense que certains ont pris aux yeux de l'Histoire une énorme
responsabilité.
Et le plus
choquant vient sans doute des femmes politiques importantes du PS qui
n'ont pas été les dernières à l'attaquer.
Jusque là j'étais convaincue que seules celles que j'appelle
les " auxiliaires " étaient capables de tels comportements.
Force est de constater qu'il existe en France une misogynie féminine
spécifique qu'il faut étudier. Et se demander d'où
elle vient. De notre histoire sans doute, de nos moeurs en général,
de nos institutions peut-être, qui font cette incapacité
propre à notre pays à évoluer en politique.
A l'étranger,
12 femmes chefs d'Etat.
Parce qu'en
même temps, nous voyons arriver dans le monde des femmes à
la tête de pays.
La dernière, Cristina Fernandez, 54 ans, vient d'être
élue Présidente d'Argentine - sans doute bénéficiant
du soutien de son mari Président sortant.
Pratibha Patil, 72 ans, élue Première femme Présidente
en Inde en juillet dernier.
Micheline Calmy Ray, 62 ans, en Suisse en janvier 2007.
Han Myung Sook, 63 ans, en mars 2006 en Corée du Sud.
Michèle Bachelet, 56 ans, au Chili en 2006.
Ellen Johnson Sirleaf, 69 ans, au Liberia en janvier 2006.
Angela Merkel, 53 ans, Allemagne 2005.
Luia Diogo, 49 ans, en février 2004 au Mozambique.
Gloria Macapagal Arroyo, 60 ans, Philippines 2001.
Tarja Halonen, 63 ans, Finlande février 2000
Helen Clark, 57 ans, Nouvelle Zélande 1999
Mary McAleese, 56 ans, Irlande, qui a succédé à
Mary Robinson.
Mais il
n'y a pas que des mauvaises nouvelles même si la France occupe
toujours au sein des pays démocratiques une place à part
en matière de misogynie. Ce qui est confirmé par le nombre
de femmes députées à l'Assemblée nationale
qui fait de notre pays toujours la lanterne rouge de l'Europe, en dépit
des tout récents efforts de François Hollande.
C'est toujours la Suède qui est en tête des pays démocratiques
avec 47% de femmes au Parlement. Comme tout se tient en démocratie,
ce pays affiche le taux d'emploi des femmes le plus élevé
d'Europe, les femmes y bénéficient d'un congé parental
de 13 mois. En Suède on poursuit les clients des prostituées
et non les prostituées, on se bat contre les violences faites
aux femmes et on compte le taux le plus élevé de femmes
dans la fonction publique.
Vous vous
souvenez que François Hollande au Congrès du Mans a pris
l'engagement de doubler le nombre de femmes au sein du groupe socialiste
à l'Assemblée nationale. De le faire passer de 17 à
34%. Je rappelle que la loi 2000 ne change rien aux scrutins qui ne
sont pas à la proportionnelle. Je rappelle aussi que 30% est
le chiffre clé à partir duquel un groupe social quelconque
pèse de façon significative dans une institution.
À la suite de cette annonce, j'ai proposé une série
de règles à F. Hollande en soulignant pour commencer que
l'on pouvait espérer retrouver en 2007, les 117 circonscriptions
perdues en 2002.
50% de ce chiffre peuvent s'ajouter aux 17 % de femmes faisant déjà
partie du groupe socialiste (en supposant que l'on adopte la règle
de gel de ces circonscriptions pour des candidatures féminines).
Peuvent également s'ajouter une demi-douzaine de circonscriptions
tenues par des députés masculins ayant atteint 70 ans
après 3 mandats ; ces règles simples, logiques, d'équité,
permettraient d'atteindre 33% et de rattraper le peloton de tête
des pays européens, notamment l'Espagne.
Hélas aucune de ces règles n'a été retenue.
Il n'y a pas eu 50% de circonscriptions réservées Femmes
sur les 117 perdues en 2002.
On n'a pas réservé à des femmes les circonscriptions
tenues par une femme.
On n'a pas retenu la limite d'âge d'une députée
à 70 ans liée à 3 mandats successifs.
Bien entendu, le cumul des mandats n'a pas été évoqué.
Le Secrétariat
national aux élections a simplement essayé de " convaincre
" les Fédérations. Certaines ont fait des efforts.
D'autres pas.
Et aucune règle n'empêche un retour en arrière toujours
possible.
Il n'empêche,
grâce à un bon soutien des électeurs, et aux efforts
de certaines fédérations (dont celles de Bretagne et Paris,
entre autres), on enregistre aujourd'hui une progression significative
de la présence féminine à l'Assemblée nationale
où elles passent de 17 à 27%.
(Pour plus de détails veuillez vous reporter à l'excellente
étude que Geneviève Couraud a présenté à
notre Université d'été à la Rochelle).
Les
municipales et les cantonales
Maintenant
se préparent les Municipales. Si vous avez des indications, adressez-les
moi, car la commission PS ne communique plus d'info et laisse faire
les fédérations. Or, quand on laisse faire, on recule.
C'est ce qui est à craindre.
Les
violences, la journée du 25 novembre
Plus que
jamais la vigilance s'impose en matière de violences. Un récent
rapport nous rappelle combien il est important de les dénoncer.
L'occasion se présente le 25 novembre, un rendez-vous à
ne pas manquer.
Je n'ai
pas grand-chose à dire du Gouvernement sinon qu'il ne s'occupe
en rien des femmes. Il n'y a aucun ministère, aucun secrétariat
d'Etat, aucune délégation, simplement des femmes ministres
que le Président présente en vitrine. Les droits des femmes
reculent en France.
Nous devons alerter nos députées et leur rappeler que
nous comptons sur elles.
Divers
Michèle
Vianès m'a demandé de vous communiquer ses alertes sur
les atteintes à la laïcité venant notamment des intégristes
religieux musulmans qui continuent d'intimider nos républicains.
Se procurer
le DVD
Notre Université
d'été à la Rochelle a permis de faire le point
sur la Présidentielle. Michèle Sarde a fait une analyse.
Son texte se trouve sur un DVD, ainsi que deux des interventions qui
portaient sur le thème choisi : la Géopolitique
Pour vous procurer le DVD, il suffit de passer la commande à
" Art Productions, 52 Passage Hermitte - 33 000 Bordeaux.
Tél : 05.56.93.00.50
Changements
au bureau
Christine
Alayli, trésorière, et Lisiane Gerbier, chargée
de mission, ont demandé à être déchargées
de leurs responsabilités, et sont remplacées par Colette
Stéphan, trésorière, et Edwige Langevin, secteur
jeunesse.
Ce rapport
sera adopté si personne ne manifeste une opposition.
Le bureau
de l'Assemblée des Femmes National :
Yvette ROUDY - Présidente
Danièle BOUSQUET - Vice-présidente
Françoise DURAND - Secrétaire générale
Colette STEPHAN - Trésorière
Marie-Pierre SAVELSBERGH - Info journal
Edwige LANGEVIN - Info jeunesse