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L'année 2003 de l'Assemblée des Femmes
Janvier/Février 2003
 
 "Ma soeur a été exécutée comme en Afghanistan"
 Trois questions à Kahina Denziane, soeur de Sohane, dépêche AFP du 01/02/03

VITRY-SUR-SEINE (Val-de-Marne) - Kahina Denziane, 22 ans, soeur aînée de la jeune fille qui avait été brûlée vive le 4 octobre à Vitry, estime que Sohane a été "exécutée comme en Afghanistan" et que la condition des filles en banlieue est "dramatique".

Q: Les choses ont-elles changé dans votre quartier depuis la mort de votre soeur ?

R: Non. Certaines mères de famille continuent de penser que la mort de Sohane est un accident. Ma soeur a été exécutée comme en Afghanistan. Une exécution en forme de punition comme ce qui est arrivé à cette femme tuée de sang-froid et devant des milliers de gens dans un stade de Kaboul en Afghanistan du temps des talibans. Quatre mois après cet assassinat, je ressens toujours autant de tristesse, de révolte et d'incompréhension.

Q: Qu'attendez-vous de la Marche des femmes contre les ghettos et pour l'égalité qui part ce samedi 1er février ?

R: Pour moi, c'est d'abord une forme d'hommage à ma soeur. Mais j'espère surtout que ce sera une manière d'interpeller les institutions. La condition des filles dans les banlieues est dramatique. On ne peut pas parler de division, de séparation entre garçons et filles. La vérité est qu'il y a une véritable négation de la femme et ce qui est arrivé à ma soeur en est la preuve.

Q: Comment peut-on essayer de changer les choses ?

R: Cela commence à l'intérieur même des foyers. Il faut que les pères et les mères arrêtent d'accorder plus d'importance aux garçons et de leur donner du même coup une impression de supériorité. C'est la condition indispensable pour que les filles cessent de leur côté d'entretenir un sentiment de soumission. Aucune fille, aucune femme ne mérite cela. Ma soeur n'a pas été mieux traitée qu'une poubelle ou qu'une voiture qui finit carbonisée. Je ne veux pas que cela se renouvelle.

01/02/03 15:22

 Politiques européennes pour l'emploi : la clé pour réaliser l'égalité femmes-hommes
 Lobby Européen des Femmes (LEF)
 European Women's Lobby (EWL)
 www.womenlobby.org

L'emploi des femmes reste l'un des piliers de leur autonomie économique et a une influence directe sur leur place dans l'ensemble de la société. On peut donc dire que les mesures européennes en matière d'emploi sont essentielles pour réaliser l'égalité femmes-hommes. De plus, l'UE affirme que l'augmentation de l'activité économique des femmes est fondamentale pour le développement économique européen. Elle a d'ailleurs inscrit l'égalité des chances pour les femmes et les hommes parmi les priorités de ces politiques d'emploi.

Depuis 1997 et le lancement de la stratégie européenne pour l'emploi (SEE), le Lobby européen des femmes (LEF) suit attentivement l'élaboration des mesures pour l'égalité femmes-hommes et leur impact sur l'amélioration de la situation des femmes sur le marché du travail. Le présent document vise à renforcer la dimension femmes-hommes de l'évaluation de la SEE et avance des recommandations pour les nouvelles lignes directrices pour l'emploi.

Texte intégral en français

 Avant-projet de traité constitutionnel
 Lobby Européen des Femmes (LEF)
 European Women's Lobby (EWL)
 www.womenlobby.org

11/11/2002 Commentaires du LEF sur l'avant-projet de traité constitutionnel Le Lobby européen des femmes (LEF) a pris connaissance avec intérêt de l'avant-projet de Traité constitutionnel (Conv 369/02) présenté par le Présidium à la Convention lors de la session plénière du 28 octobre 2002. Nous accueillons favorablement l'effort de simplifier le texte et de rendre les structures et les procédures plus transparentes et accessibles aux personnes vivant dans l'Union européenne. Nous soutenons également le principe de 'démocratie participative' prévu à l'article 34 et considérons qu'il s'agit d'un point de départ positif en vue de la reconnaissance du dialogue civil en Europe. Le LEF note cependant avec inquiétude que le premier avant-projet de Traité constitutionnel n'inclut pas une seule référence à l'égalité des femmes et des hommes en Europe. Bien que ce projet vise à fournir un modèle éventuel pour le futur traité, il constitue néanmoins clairement un recul alarmant dans le domaine de l'égalité femmes-hommes en comparaison avec le Traité actuel établissant la Communauté européenne. Le LEF souhaite attirer l'attention des membres de la Convention sur le fait que les femmes en Europe n'attendent pas seulement le maintien de l'acquis communautaire dans le domaine de l'égalité des sexes, mais aussi un développement et un renforcement de la politique de l'Union dans ce domaine. Avec ce nouveau texte, le Présidium démontre son incapacité à saisir l'importance de l'élaboration de politiques et mécanismes pour les droits égaux des femmes et des hommes en Europe. Ce texte est également la preuve que la prétendue 'phase d'écoute' de la Convention, avec son audition publique de la société civile et le site web du Forum, n'est pas parvenue à traduire les centaines de messages envoyés en une proposition acceptable. Le LEF déplore que l'avant-projet de Traité constitutionnel n'inclue pas un langage sensible au genre. Il recommande que dans le future, le projet de traité soit revu complètement et utilise un langage qui inclut les deux sexes. Le LEF souhaite réitérer ses recommandations présentées dans sa première contribution à la Convention , et faire les commentaires suivants afin d'assurer l'intégration d'une réelle perspective de genre dans le futur Traité.

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Mars/Avril 2003
 Ingrid libre !

Dimanche 23 mars 2003, marche de soutien à Ingrid Bétancourt, détenue depuis 13 mois en Colombie. Rendez-vous à 14 heures place André Malraux (Paris 1er).

 Journée internationale des femmes 2003

Journée internationale des femmes 2003A l'occasion de la Journée internationale des femmes, l'Assemblée des Femmes disposa, comme l'an dernier, d'un stand au village des associations, installé sur le parvis de l'Hôtel de Ville à Paris. Cette manifestation, organisée à l'initiative de la ville de Paris, fut inaugurée par Bertrand Delanoë, Maire de Paris, et par Anne Hidalgo, Première Adjointe, le jeudi 6 mars à 18h30. Le village resta ouvert jusqu'au dimanche 9 mars de 10 heures à 20 heures.

 

 Dîner-débat du dimanche 9 mars 2003

Pour célébrer la Journée internationale des femmes, l'Assemblée des Femmes a organisé un dîner-débat le dimanche 9 mars à 20 heures, au restaurant "Chez Françoise", avec la participation de Dominique MEDA, écrivaine.

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Mai/Juin 2003

 

 Présentation de l'Université d'été 2003
 Yvette Roudy, Ancienne Ministre,Parlementaire Honoraire, Présidente de l'Assemblée des Femmes, 30 mai 2003

Chères amies,

J'ai le plaisir de vous annoncer que notre amie Conchita Lacuey nous accueillera à nouveau, pour notre 9ème université d'été, les mardi 26 et mercredi 27 août prochains à l'auditorium de Floirac (Gironde). Je souhaite que cette manifestation soit, comme à l'habitude, l'occasion d'informer et de débattre dans un cadre ouvert et convivial.

Cette année nous avons choisi comme sujet "l'élargissement de l'Union Européenne", avec pour thèmes principaux :

- les enjeux et les défits de cet élargissement,
- le statut des femmes dans les pays candidats,
- l'Union Européenne à travers le Monde, sa place, son environnement, ses spécificités,
- ses institutions, sa constitution, - le principe de laïcité, l'influence des religions.

Pour animer notre dîner-débat du mardi soir nous avons invité Marie- Laure Meyer, conseillère municipale de Nanterre, blessée lors de l'attentat meurtrier. A la suite de cette tragédie, elle a écrit un livre "Qui veut tuer la démocratie" qu'elle dédicacera.

Dans l'attente du plaisir de vous revoir, recevez, chères amies, mes très amicales pensées.

Yvette Roudy


Intervenants pressentis
- Pervenche Bérès, parlementaire européenne, membre de la commissionde la constitution européenne,
- Harlem Désir, ancien président de SOS racisme, parlementaire européen,
- Grabrielle Dewree, sociologue,
- Olivier Duhamel, professeur de droit publi Université Paris 1, parlementaire européen,
- Jacques Floch parlementaire européen, membre de la commissionde la constitution européenne,
- Catherine Lalumière, ancienne ministre, ancienne secrétaire générale du Conseil de l'Europe, parlementaire européenne,
- Manuel Luchert, journaliste, - Michel Miaille, professeur de droit public Université de Montpellier
- Marie-Laure Meyer, conseillère municipale de Nanterre,
- Représentantes des pays candidats.
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Juillet/Août 2003

 

Marie Trintignant, source AFP

 Briser le silence
 Nicole Péry, Ciboure le 22 août 2003

Lettre à mes amies de l'Assemblée des Femmes

J'ai hésité à m'exprimer sur la mort de Marie TRINTIGNANT, sur les violences qui l'ont vraisemblablement tuée. Mais ma conviction bouscule le respect, le chagrin que nous sommes si nombreuses et si nombreux à éprouver ; la colère bouscule aussi le risque d'être accusée de récupération politique. Ma conviction force ma réserve car au-delà du tendre visage de Marie, je revois, avec netteté, des visages inconnus du grand public, ceux des femmes insultées puis battues que j'ai reçues dans mes permanences d'élue et qui m'ont fait confiance.

Durant mes quatre années ministérielles dans le gouvernement de Lionel JOSPIN, j'ai cherché à mieux comprendre les chiffres terrifiants que l'enquête scientifique, commandée en 1999, peu à peu révélait : 1 femme sur 10 vivant en couple a été confrontée à des situations de violence durant l'année 2000 !

Cette insupportable réalité sociale, portée à bout de bras et depuis si longtemps par de nombreuses associations, nous a réunis, rappelez-vous, lors des Assises Nationales à La Sorbonne le 25 janvier 2001. "EN CAS DE VIOLENCE, BRISEZ LE SILENCE" tel était notre slogan. Beaucoup d'opinions s'y sont exprimées, mais aucune ne remettait en cause la qualité et la rigueur de l'enquête : 7000 femmes interrogées, 400 questions, 1700 variables de réponses, deux années de travail !

Aussi, ai-je été profondément blessée par la critique d'Elisabeth BADINTER dans son livre "Fausse route" lorsqu'elle utilise à ce propos les termes de "subjectivité", de "logique de l'amalgame" et par son acharnement à démontrer des violences de même nature chez les femmes. "Les hommes et les femmes, dit-elle, ne sont pas à ce point différents qu'il faille les classer en deux catégories hétérogènes". Nous voici au coeur de notre sujet, dans sa globalité. Même les violences n'échappent pas au concept de l'Universel...

J'ai relu "Le Deuxième Sexe". Simone de Beauvoir dans les premières pages écrivait : "En vérité il suffit de se promener les yeux ouverts pour constater que l'humanité se partage en deux catégories d'individus... peut-être ces différences sont-elles superficielles ; peut-être sont-elles destinées à disparaître. Ce qui est certain, c'est que pour l'instant, elles existent avec une éclatante évidence".

Ces différences sont trop souvent encore sources d'inégalités, d'injustices, de violences. Faisons-nous fausse route depuis des décennies lorsque nous agissons pour provoquer des prises de conscience, pour établir des rapports de force, pour créer les conditions d'égalité et de liberté, y compris par des lois ? La très grande majorité d'entre nous pensons le contraire. Dénoncer les violences, c'est toucher au rapport de domination homme/femme et j'ai pu me rendre compte à quel point ce sujet était sensible.

Briser le silence,c'est sauver des vies de femmes, c'est donner plus de chance à leurs enfants dans leur vie d'adulte. Briser le silence, ce n'est pas une démarche de "victimisation féminine" et de "culpabilité masculine", c'est une démarche de courage et de dignité pour nous tous.
 Une mort par violence, non par amour
 Yvette Roudy, Ancienne Ministre des Droits de la Femme, Présidente de l'Assemblée des Femmes,
 4 août 2003

Marie Trintignant, 41 ans, comédienne de talent, a vu sa vie brisée à la suite des coups infligés par son compagnon.

Cette violence frappe chaque année un million et demi de femmes en France.

Longtemps sujet tabou et considérées comme relevant de la sphère privée, voire objet de plaisanteries douteuses, ces violences sont, aujourd'hui, qualifiées comme coups et blessures volontaires contre autrui.

Au cours des années 1981 à 1986, alors que j'occupais les responsabilités de Ministre des Droits de la femme, je demandais régulièrement aux associations luttant contre les violences faites aux femmes de participer à une réflexion sur les meilleurs moyens de combattre efficacement ces comportements.

Sur la suggestion de Simone de Beauvoir, dont je prenais régulièrement conseil, j'ai présenté au gouvernement un projet de loi dite "loi anti-sexiste", inspirée directement de la loi anti-raciste.

Simone de Beauvoir avait été profondément choquée par une décision de la Cour d'Assises des Yvelines ayant acquitté un mari qui avait frappé sa femme jusqu'à ce que mort s'ensuive.

À la suite de ce jugement, Simone de Beauvoir écrivit ceci : "Pour avoir tué son épouse, M. Leber ne subira aucune peine sous prétexte que ce délit relève du domaine de l'amour" (...) Aimer autoriserait donc implicitement à tuer (1).

Mon texte ne fut jamais inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Et je faillis disparaître sous une avalanche d'insultes et d'attaques machistes. C'est ainsi que j'ai découvert l'ampleur de la force du pouvoir sexiste qui n'a d'égal que sa violence dont nous venons de voir, une fois de plus, l'un des effets les plus atroces.

Il faut arrêter de parler d'amour quand il s'agit de comportements profondément enracinés dans notre culture : la violence du plus fort aux dépens des plus faibles, femmes, enfants, personnes âgées, handicapés...

Les pays nordiques et le Canada reconnaissent ces crimes pour ce qu'ils sont. Ils ont eu le courage de prendre les mesures qui s'imposent, comme la suppression de la violence à la télévision, source d'inspiration de nombreux agresseurs, mais aussi le soutien aux victimes terrorisées.

Cette violence est à la fois l'affaire des hommes et des femmes.

Il revient aux hommes non violents (la grande majorité) de se lever, de parler haut, de dire leur indignation, de dénoncer ces actes afin que les plus violents d'entre eux cessent de s'abandonner à leurs pulsions destructrices.

Et il revient aux femmes, complices de cette violence par leur silence, de dénoncer l'innommable.

(1) "Le Monde" du 19 mars 1979
 9ème Université d'été de l'Assemblée des Femmes
Mardi 26 et mercredi 27 août 2003, à Floirac (Gironde)
Auditorium de musique - 33270 FLOIRAC
 Pourquoi la parité en politique reste-t-elle un enjeu pour la démocratie française ?
 Marie-Jo Zimmermann, Rapporteure générale, Observatoire de la Parité entre les femmes et les hommes,
 mars 2003
vignette pdf Pourquoi la parité en politique reste-t-elle un enjeu pour la démocratie française ?
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Septembre/Octobre 2003

 

 Le Lobby Européen des Femmes nous communique
 Brèves du LEF, juin 2003
 www.womenlobby.org

Convention sur l'avenir de l'Europe : résultats modestes pour l'égalité
femmes-hommes, mais on a évité le pire

logo LEF[...] Le nouveau projet de Traité constitutionnel contient certains éléments positifs en matière d'égalité des femmes et des hommes. L'ajout tardif de "l'égalité" dans la première phrase de l'article I-2 : Les valeurs de l'Union dote ce dernier d'une solide force légale, étant donné que la Constitution fait à diverses reprises allusion aux "valeurs de l'Union", en particulier lorsque les critères d'adhésion pour les nouveaux pays ou la suspension des droits des pays qui enfreignent ces valaurs sont définis. Bien sûr, nous aurions préféré que l'on y parle de "l'égalité des femmes et des hommes", mais le fait que l'égalité y soit mentionnée constitue un progrès par rapport aux précédents projets de texte.

Le projet de Traité constitutionnel comporte d'autres aspects positifs. Ainsi, "l'égalité des femmes et des hommes" est affirmée dans la 1ère Partie, article I-3, parmi les objectifs de l'Union. Le principe de l'intégration de la dimension de genre, article III-1 (ex-article 3(2)), est le premier article du chapitre sur les clauses horizontales, qui s'appliqueront à toutes les politiques de l'Union dans la 3ème Partie. La portée du mainstreaming s'étend donc désormais également à la politique étrangère et de sécurité commune, ainsi qu'à la justice et aux affaires intérieures. Langage sensible à la dimension de genre : le Présidium a promis de remanier la Constitution de manière à la rendre "neutre". En revanche, les autres exigences du LEF en rapport avec l'égalité femmes-hommes n'ont pas été retenues.

Le projet d'article I-46 : Le principe de démocratie participative stipule que "Les institutions de l'Union entretiennent un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les associations représentatives et la société civile". Le Traité reconnaît donc le rôle de la société civile, qui s'est renforcé par le droit des citoyens à demander à la Commision de proposer une législation (si 1 000 000 de signatures sont réunies). [...]

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Novembre/Décembre 2003
 10ème anniversaire de l'Assemblée des Femmes

À l'occasion du 10ème anniversaire de l'Assemblée des Femmes
A LA TOUR EIFFEL (SALLE GUSTAVE EIFFEL)
LE 14 NOVEMBRE 2003 - DE 16H00 A 23H00

Des débats, des chants d'Algérie et de Palestine, des chants en Yiddish, des poèmes dits par des artistes : Isabelle Gardien de la Comédie Française, Charles Birling, Comédien.

Tour EiffelTrois tables rondes ont eu pour thème :
* Demain la parité
* Femmes, guerre et paix
* Les violences envers les femmes.

De nombreuses personnalités ont animé cette soirée, notamment :

Danièle Bousquet, Députée des Côtes d'Armor ; Charlotte Brun, Présidente du MJS ; Léila Chahid, Déléguée Générale de la Palestine en France ; Bertrand Delanoë, Maire de Paris ; Anne Hidalgo, Première adjointe au Maire de Paris ; Catherine Génisson, Députée du Pas-de-Calais, Secrétaire Nationale du Parti Socialiste ; Elisabeth Guigou, Députée de la Seine Saint-Denis, Ancienne Ministre ; Conchita Lacuey, Députée de la Gironde ; Françoise Laurant, Présidente du planning familial ; Marilyse Lebranchu, Députée du Finistère, ancienne Garde des Sceaux ; Ivan Levaï, Journaliste ; Sarah Ozakrine, Directrice d'un Institut Judéo-Arabe, Prix de la Paix de l'Unesco 2001 ; Nicole Péry, ancienne Secrétaire d'état aux Droits des Femmes ; Christelle Raspolini, Mouvement ni putes ni soumises ; Réjane Sénac, Ancienne Secrétaire Générale de l'Observatoire de la Parité.

 À propos du voile
 Yvette Roudy, ancienne Ministre des droits des femmes, Parlementaire Honoraire, 29 octobre 2003

Dissimuler sa chevelure pour une femme musulmane ce n'est pas seulement afficher une croyance religieuse comme la croix autour du cou ou la kippa pour le garçon. Dissimuler sa chevelure c'est renoncer à une part de sa féminité, de son identité. C'est le signe de sa soumission au dogme des intégristes pour qui la femme n'est rien, n'a aucun droit, pire, représente un danger, une menace par la séduction que la chevelure exposée symbolise. Le garçon, dès lors, se sentira autorisé à s'abandonner à ses pulsions sexuelles, fort de son impunité. Déjà une jeune fille a été brûlée vive. Les viols collectifs dans les caves se multiplient. Ce ne sont pas des faits divers. Ce sont des crimes sexistes.

" Le voile c'est l'étoile jaune pour la femme musulmane, " nous dit Chahdort Djavann dans son très beau livre " bas les voiles ".

Cette pratique n'a pas sa place dans une République qui a inscrit l'égalité entre homme et femme dans sa Constitution. Le port du voile porte atteinte au principe d'égalité entre homme et femme. Il est anticonstitutionnel.

En poussant les jeunes filles à porter le voile, les intégristes islamistes nous testent. Ils veulent voir jusqu'où ils peuvent aller dans leur stratégie de déstabilisation de la République en commençant par le statut de la femme. D'abord le voile. Ensuite l'enseignement expurgé des matières " dangereuses " : biologie, sexualité, voire philosophie. Espaces réservés dans les lieux publics, transports, terrasses des cafés, cinémas, piscines... Pourquoi pas un couvre feu pour les femmes pour les " protéger " ? L'apartheid n'est pas loin. Est ce tolérable ? Le moment n'est il pas venu pour nous de dire " Ca suffit. Ici s'arrête votre provocation ". Et du même coup nous soutiendrons les chefs d'établissement courageux, qui pour l'instant s'exposent seuls.

La France est un Etat de droit. La loi est faite pour protéger le plus faible contre les excès du plus fort.

Il faut une loi et une vaste campagne publique d'explications claires sur ce signe de domination sexiste qui doit être interdit dans tous les lieux d'enseignements et établissements publics

Le débat actuel sur la laïcité n'apporte que confusion. Nos militants de la laïcité doivent reconnaître qu'au delà du signe religieux il s'agit d'abord d'une question relevant des droits des femmes. Soyons simple et clair. Et patients. Tous nos textes sur les droits des femmes prennent du temps dans notre pays avant d'être compris.

Mais pourquoi ne pas s'appuyer sur les premiers concernés ?. Les chefs religieux eux mêmes. Soucieux de respecter nos lois ils ne peuvent manquer de rappeler les membres de leur communauté à leurs devoirs.

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