Janvier/Février
2002
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Dynah
Derrycke et Martine Lignières-Cassou
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Notre amie,
Dinah Derrycke, Sénatrice du Nord, a été emportée
par la maladie à l'âge de 56 ans. Yvette Roudy, Présidente
de l'Assemblée des Femmes, lui a rendu hommage en ouverture de
la dernière Assemblée Générale de l'Association.
Militante
socialiste, syndicaliste, féministe, Dinah Derrycke s'est battue
avec conviction pour faire avancer les droits des femmes, à la
tête de la Délégation aux Droits des Femmes et à
l'Égalité des Chances qu'elle présidait au Sénat.
Nous n'oublierons
pas sa participation à l'Université d'été
de l'Assemblée des Femmes à Lisieux en août 2000,
où Dinah Derrycke était intervenue sur un sujet qui lui
tenait à coeur, la prostitution.
| Programme
de l'Assemblée Générale ordinaire du 26 janvier
2002 |
Yvette
Roudy, Présidente de l'Assemblée des femmes
L'Assemblée
Générale ordinaire s'est tenue le :
Samedi
26 janvier 2002
de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 16h00
dans la salle du rez-de-chaussée du CEDIAS (Musée Social)
5 rue las Cases - 75007 Paris
La
journée fut organisée en deux temps :
Matinée
(accueil à 9h30) de 10h à 12h45
Dans sa
déclaration de principes, l'Assemblée des Femmes s'est
engagée à être solidaire avec toutes les femmes
dans le monde pour la reconnaissance de leurs droits.
Au lendemain
des accords de Bonn, suivi par la mise en place d'un gouvernement provisoire
à Kaboul, et la nomination de deux femmes au sein de ce gouvernement,
les femmes afghanes doivent avoir désormais le droit à
l'éducation, au travail, à la santé, à la
protection sociale, à la sécurité personnelle,
excluant toutes les violences inhumaines.
Une table
ronde, préparée par Françoise Durand, a fait le
point avec le NEGAR sur le devenir des femmes afghanes.
Débat.
2002, deux
échéances électorales majeures : l'élection
présidentielle, suivie des élections législatives.
L'Assemblée des Femmes fera le point sur les candidates investies.
Beaucoup de nos adhérentes se préparent pour la campagne
législative. Nous songeons à la création d'un Observatoire
de la Parité au sein de notre association et proposons, en association
avec l'IPEFF, deux journées de préparation des candidates
aux législatives.
Débat.
13h00
: pause déjeuner (libre).
Après-midi
de 14h30 à 16h00
Assemblée
Générale ordinaire de l'Assemblée des Femmes.
Mars/Avril
2002
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Grande
manifestation contre Le Pen
à Paris le 27 avril 2002
|
L'Assemblée
des Femmes, présidée par Yvette ROUDY, ancienne ministre des Droits
des Femmes, députée du Calvados, met en garde contre les dangers et
la régression totale pour les droits des femmes que constitue
le programme du Front National de LE PEN.
Il prévoit
la suppression du droit à l'avortement qu'il qualifie de "culture
de mort", ainsi que la suppression de la pilule du lendemain.
Il veut
promouvoir une politique nataliste mais seulement au profit des familles
françaises. Pour LE PEN, il n'y a d'avenir pour la France que "s'il
y a de nombreuses naissances de Français par filiation".
Il veut
abroger le PACS qui, selon lui, érige "les modèles déviants en modèle
social normatif".
Il prévoit
la suppression des allocations familiales pour les familles d'origine
étrangère et déplore l'attribution de fonds publics au FAS (Fonds
d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles).
Ne tenant
pas compte de l'évolution de la société et de la diversification des
modèles familiaux, il propose un modèle unique de famille : il désapprouve
les divorces, les naissances hors mariage, les familles monoparentales.
Les aides financières, en dehors de tout réalisme budgétaire, iront
exclusivement à la famille française "modèle", telle qu'il la définit.
Ne tenant
pas compte de la volonté des Françaises d'avoir une activité professionnelle,
donc leur autonomie, il veut les renvoyer au foyer par la création
d'un statut de la mère de famille.
Immuable
depuis plus de 30 ans, il se targue de son attachement aux valeurs pétainistes,
TRAVAIL, FAMILLE, PATRIE.
Devant
ces perspectives rétrogrades que propose LE PEN et qui rappellent le
régime de Vichy, l'Assemblée des Femmes appelle les femmes à
faire barrage à LE PEN et au Front National, et à le mettre en échec
le 5 mai prochain.
| Vingtième
anniversaire de la Journée Internationale des Femmes |
Pour célébrer
le vingtième anniversaire de la Journée Internationale
des Femmes le 8 mars 2002, l'Assemblée des Femmes-Paris a organisé
un dîner-débat, le mardi 5 mars à 20h00 dans les
locaux du Cercle Républicain - 5 avenue de l'Opéra - 75001
Paris, au cours duquel Malka Marcovich, Présidente du MAPP (Mouvement
pour l'Abolition de la Prostitution et de la Pornographie), a traité
de la prostitution, une violence faite aux femmes.
| Paris
a célébré la Journée Internationale des Femmes |
À
l'occasion de la Journée Internationale des Femmes, l'Assemblée
des Femmes a présenté son exposition "Les chemins
de la parité" au village des associations, du 8 au 10 mars
2002, sur le parvis de l'Hôtel de Ville.
| Avec
les femmes afghanes, reconstruisons l'Afghanistan |
L'Assemblée
des Femmes a lancé une souscription pour aider à la scolarisation
des filles en Afghanistan, en collaboration avec AFRANE.
| Communiqué
de presse : "Les oubliées" du Président |
Yvette
Roudy, présidente de l'Assemblée des Femmes, députée,
ancienne Ministre, 13 mai 2002
Peu d'observateurs
politiques semblent avoir remarqué que ce nouveau Gouvernement
a tout simplement oublié de prévoir un ministère
pour les femmes. Il est vrai que nous avons à l'affiche deux
symboles de taille : une femme à la tête de l'imposant
Ministère de la Défense. Et une jeune femme de la première
génération algérienne à la tête d'un
Secrétariat d'État. Ce n'est pas mal.
Mais à
qui les femmes vont-elles s'adresser ? Les agriculteurs, les marins,
les pêcheurs, les militaires, les anciens combattants, les écologistes
savent tous vers qui se tourner. Ils ont un ministère prévu
pour s'occuper d'eux. Pas les femmes. Un oubli sans doute.
Mais 22
% de femmes au Gouvernement et 20 % de candidates prévues aux
législatives, est-ce la parité ? N'est-ce pas le signe
qu'il y a encore beaucoup à faire dans notre pays alors que les
pays scandinaves ont depuis longtemps dépassé les 30 %
de présence féminine en politique ?
Un écart
de salaire de près de 25 % entre les femmes et les hommes, est-ce
normal dans un pays développé ? Une grave insuffisance
d'information sur la contraception, est-ce satisfaisant ? Des femmes
qui sont encore obligées d'aller à l'étranger chercher
une intervention IVG qu'elles ne trouvent pas chez elles, est-ce supportable
? Les violences sexuelles à l'encontre des femmes et des jeunes
filles qui se multiplient dans notre pays, n'est-ce pas un sujet préoccupant
?
Tous ces problèmes ne mériteraient-ils pas un Ministère
à part entière qui seul permettrait de les traiter décemment ?
Quelques
jours avant le second tour des élections, nous avions écrit
au candidat Jacques Chirac pour lui demander ce qu'il pensait de l'égalité
professionnelle entre femmes et hommes, s'il lancerait une campagne
d'information sur la contraception, si il veillerait à la bonne
application de la loi sur l'IVG, si il appliquerait la loi Parité,
et si il prendrait des mesures pour éradiquer les violences à
l'encontre des femmes.
Le candidat
Chirac n'a pas répondu à nos questions. Faut-il considérer
que la constitution de ce gouvernement, la préparation des législatives
tiendront lieu de réponse du Président, qui n'a pas pu
oublié aussi vite, qu'il nous doit son élection, à
nous les femmes...
Sait-il
qu'en votant contre leurs convictions, beaucoup d'entre elles ont dû
s'imposer une souffrance qu'elles ne sont pas prêtes d'oublier.
Elles auront bonne mémoire.
Juillet/Août
2002
|
Anne
Hidalgo, Première adjointe au Maire de Paris, présente
à l'Université d'été 2002, soutient
le projet de loi sur la pénalisation du client "acheteur
de services sexuels"
|
Yvette
Roudy, Ancienne Ministre,Parlementaire Honoraire, Présidente de l'Assemblée
des Femmes, 4 juillet 2002
Non,
Françoise de Panafieu, il ne faut pas rouvrir les maisons closes.
Sanctionnez plutôt le client. [...]
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| Université
d'été 2002 à Floirac, Gironde |
Yvette
Roudy, Présidente de l'Assemblée des Femmes, 29 août
2002
Pendant
deux jours, les mardi 27 et mercredi 28 août, près de 300
femmes de gauche, principalement des socialistes, mais aussi des femmes
issues du secteur associatif et universitaire, et... quelques hommes,
ont planché en université d'été à
Floirac chez la députée Maire Conchita Lacuey. Yvette
Roudy avait préparé, avec son équipe de l'Assemblée
des femmes, un programme exceptionnel et une série de motions.
Trois thèmes principaux : la Parité, les violences à
l'encontre des femmes, la prostitution et la solidarité internationale.
Six motions ont été proposées à la discussion
et portées à l'université d'été du
PS de la Rochelle notamment par les députées présentes
à Floirac. [...]
Lire
la suite
Motion
n°1 - La Parité : Une véritable
démocratie
Motion n°2 - Le corps n'est pas une marchandise
Motion n°3 - Tolérance zéro
pour les violences faites aux femmes
Motion n°4 - Solidarité internationale
avec les femmes victimes de l'intégrisme et de l'oppression
Motion n°5 - Sauvons Amina Lawal
Motion n°6 - Pour une troisième femme
au Panthéon
Floirac
2002, intervention de Yvette Roudy, 27/28 août 2002
Si la loi
sur la Parité a bien fonctionné au moment des municipales
de 2001, favorisant l'émergence de nombreuses femmes dans les
conseils municipaux (de 22% on les a vues passer à 47,5%), il
en fut tout autrement au moment des législatives de juin 2002.
Alors que la loi prévoit une sanction financière pour
les Partis ne présentant pas 50% de femmes aux législatives,
les dirigeants des principaux partis, bafouant sans état d'âme
un texte qu'ils avaient voté, ont préféré
subir la sanction plutôt que de voir siéger à leurs
côtés des femmes qui pouvaient enrichir leurs travaux de
leurs expériences, de leurs compétences, de leur culture,
de leurs différences. En un mot capables d'apporter un autre
regard sur la politique, et un certain changement dont nous avons tant
besoin. [...]
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| Impressions
d'Amérique (17 octobre - 23 novembre 2003) |
Yvette
Roudy à Catherine Montfort, 12 décembre 2002
A l'invitation
d'un certain nombre d'universités américaines, j'ai quitté
Paris le 17 Oct 2002 pour une tournée de plus 5 semaines de conférences
aux USA sur le thème des " chemins de la Parité en
France ". J'étais accompagnée de Monique Thepaut,
qui avait accepté de m'assister pendant mon séjour.
L'itinéraire
préparé par Samia Spencer, une amie américaine
francophone et francophile, professeurs de Français à
l'université de Auburn (Alabama) partait de New York où
j'ai donné deux conférences, dans deux Universités.
Je me suis ensuite rendue à Mobile - Alabama, où une association
francophone tenait son colloque annuel réunissant de nombreux
professeurs de Français, pour la plupart enseignants aux USA.
Samia Spencer, co-organisatrice m'avait conviée à participer
à une table ronde, toujours sur la Parité et la loi Française.
De là, nous avons pris la route pour l'Université de Colombus-Georgie
pour une conférence organisée par la Professeure Jacqueline
Konan.
Puis ce fut Atlanta en Georgie pour d'autres conférences, déjeuners
débats, diverses rencontres avec des étudiants et des
professeurs, invitée par les professeures Judith Miller et Rosemarie
Garland Thomson. Conférences en anglais et en français.
A Chattanooga - Tennessee, Felicia Sturzer directrice des women's studies
m'a accueillie et accompagnée. Les sujets se sont élargis
à la vie politique française en général,
nos politiques sociales, la question de l'Europe et mon cursus politique.
En anglais et français.
Le 2 Novembre j'étais à Birmingham-Alabama, pour une conférence
à l'Alliance Française.
De là,
j'ai pris l'avion pour San Francisco et Santa Clara University ou Catherine
Montfort et Barbara Molony m'ont accueillie. Thèmes essentiels
abordés : la Parité, les institutions françaises
et l'Europe.
De Santa Clara, nous avons rejoint Bellingham (Washington) où
se tenait une conférence organisée par l'association des
langues anciennes et modernes de la côte du Pacifique dont Catherine
Montfort était co-organisatrice et où j'étais invitée
comme key note speaker. J'ai parlé de mon parcours politique
et de mes livres à la demande de Catherine Montfort.
Le 11 Novembre nous reprenions l'avion pour Morgantown -West Virginie
via Seattle, via Pittsburg où Valérie Lastinger et Barbara
Howe respectivement Professeure de Français et Directrice des
Women's studies m'attendaient. Une semaine très chargée
en rencontres, conférences, discussions diverses sur le campus
où j'ai été sollicitée sur le multiples
sujets par des professeurs de droit, de sciences politiques, de sciences
sociales, de management, de ressources humaines et autres, en dehors
des Women's Studies. Egalement animation d'une video conférence
en liaison avec une université éloignée.
Le 17 Novembre, j'étais à Millersville - Pensylvanie où
Christine Gaudry Hudson, professeure, m'attendait : Conférence
sur droits des femmes, Parité en France et un exposé sur
l'Europe.
Je terminai à Auburn University - Alabama où Samia Spencer
avait organisé un grand colloque international sur le thème
: Women
and politics : a global perspective.
J'étais de retour à Paris le 24 Novembre, heureuse et
satisfaite de ce périple intense, mais passionnant.
Il s'agissait
pour moi d'un premier vrai contact avec les milieux universitaires américains.
Je n'avais jusqu'alors effectué que de brèves missions
politiques dont la dernière avec une délégation
de parlementaires français venus apporter leur soutien après
les événements du 11 septembre.
Aussi ai-je
apprécié les échanges et rencontres avec les professeurs
et étudiants dont j'ai aimé les questions directes, même
si je n'ai pas toujours répondu aussi complètement qu'ils
l'auraient souhaité. Les questions sur l'anti-américanisme
de certains milieux français et la question sur l'Irak m'ont
surprise. Je me suis efforcée d'y répondre avec une égale
spontanéité. Il est vrai que les Français et la
plupart des européens ne souhaitent pas la guerre avec l'Irak
et mon expérience politique me fait préférer de
loin la négociation à l'action militaire. Je m'attendais
- je l'avoue - à trouver plus d'inquiétude exprimée
chez les étudiants. Certains d'entre eux ne risquent ils pas
d'être rappelés en cas de guerre ?
J'ai été agréablement surprise par la question
sur l'Europe qui revenait régulièrement. Certes, le sujet
est dominant en France mais je ne pensais pas qu'il intéressait
à ce point les étudiants américains. .
La peine de mort a été évoquée très
souvent, sans doute parce qu'elle est interdite en France depuis 1981
et qu'elle est encore pratiquée dans certains Etats des USA.
J'ai dit très franchement que je ne croyais pas à sa fonction
dissuasive. Revenaient aussi très souvent les droits des femmes
en matière de contraception et d'avortement. Là dessus
je retrouvais le terrain de mes combats favoris et j'espère avoir
été convaincante.
Interrogée sur la question du poids de l'Eglise sur la vie politique,
j'ai clairement souligné qu'en France l'Eglise et l'Etat sont
séparés et qu'il n'est pas très apprécié
que l'Eglise se mêle des affaires de l'Etat même si la tentation
est forte et si autrefois les deux institutions furent intimement liées.
Qu'un élu puisse proposer que les Dix Commandements deviennent
la règle dans les tribunaux, comme j'ai pu le lire dans la presse
américaine, est proprement impensable en France. Quant à
l'affaire du foulard également soulevée, elle est pour
l'instant apaisée, sinon réglée, même si
elle ressurgit régulièrement et si en ce moment certains
Etats d'Europe sur le point d'entrer dans l'Union Européenne
souhaitent, sous la pression du Vatican, que le critère religieux
soit inscrit dans la Charte des droits fondamentaux européens,
appelée à figurer dans la Constitution européenne
à venir.
Différence
encore. L'élaboration de la Loi, sa gestation, son évolution,
sont le plus souvent précédées en France de débats,
de mouvements sociaux, de discussions longues et compliquées
dans nos Assemblées. Un professeur de droit m'a dit qu'aux Etats-Unis
la loi est le plus souvent le produit de procès devant les Tribunaux,
" a law is case made " m'a-t-il expliqué lors d'une
discussion.
Différence aussi en matière de politique sociale. Deux
conceptions s'opposent. Nous croyons, comme la plupart des pays européens
à l'action de l'Etat Providence, fondé sur la solidarité,
la compassion, la primauté des relations humaines sur la performance.
Interrogée sur notre système de sécurité
sociale, de retraite, de gardes d'enfants, de crèches, d'indemnités
diverses et autres allocations, j'ai découvert avec étonnement,
qu'à son accouchement une femme ne bénéficie d'aucune
journée de congé payé aux USA. Libre à elle
de s'offrir une assurance privée, un plan de retraite, si son
salaire le lui permet. De même notre couverture maladie universelle
et notre revenu minimum d'insertion n'ont pas d'équivalent
Partisante du principe de l'action positive - la loi sur la parité
prévoit que des places pour les femmes soient réservées
sur les listes des élections à la proportionnelle, et
ma loi de 1982 sur l'égalité professionnelle prévoit
des plans d'égalité réservés aux femmes
- je n'ai pas compris tout de suite pourquoi ce principe soutenu par
le Président Johnson n'est plus en vogue aux USA. Ce n'est qu'après
discussions que j'ai cru comprendre que l'utilisation et l'application
diffèrent dans nos deux pays. L'action positive chez nous ne
s'applique qu'aux femmes, jamais aux minorités. Ainsi est évité
le risque de communautarisme. On imagine mal les femmes s'organiser
en communauté fermée. Hommes et femmes ne sont-ils pas
les deux genres d'une même espèce liés indissolublement
par leur fonction procréatrice ?
A propos
de cette valeur que nous partageons " l'égalité ",
j'ai aussi compris que nous n'en avions pas la même perception.
Pour moi le principe de l'égalité est davantage une question
d' " égalité de chances " qui doit justement
s'accompagner d'actions positives qui permettent de réduire les
inégalités.
Quant à cette autre valeur qu'est " la liberté "
pour moi elle ne se conçoit que si toutes les parties concernées
sont à " égalité de chances " sans quoi
il s'agit simplement de la " liberté du renard dans
le poulailler ".
A toutes
ces questions, s'ajoutaient dans le désordre, des interrogations
sur l'Ecole Nationale d'administration, sur l'échec des socialistes
aux élections en France. Et " Comment êtes-vous devenue
socialiste ? " m'a-t-on demandé. Et " comment êtes-vous
devenue féministe ?". Deux questions qui m'ont prise de
court car - à vrai dire - je ne me les étais jamais posées.
L'interrogation sur la montée de l'extrême droite m'a donné
l'occasion d'expliquer ce qu'est pour moi le populisme : la forme la
plus nauséabonde et la plus basse de la politique. J'ai aussi
dû expliquer quelle stratégie j'avais utilisée pour
faire évoluer la loi sur les droits des femmes, ce qui m'a amenée
à parler de mon travail auprès du Président Mitterrand.
Toutes ces questions et d'autres encore, nous ont permis d'aller au-delà
des questions féministes pour entrer dans des questions politiques
que j'ai eu à connaître tout au long de ma vie. Mais à
la réflexion, je m'aperçois que je n'ai pas eu de questions
sur l'écologie et la dégradation de la planète,
sujet pourtant d'actualité s'il en est. Nous n'avons pas non
plus dans nos discussions abordé la question des droits civiques.
Mais j'ai pu visiter avec intérêt les musées de
Martin Luther King à Atlanta, de Rosa Park àMontgomery
et celui des droits civiques à Birmingham.
Grâce à Samia Spencer, j'ai aussi pu visité la Fondation
du Président Carter qui vient de recevoir le Prix Nobel. J'ai
aussi été heureuse d'en apprendre plus sur la Tennessee
Valley Agency à Chattanooga, ce projet grandiose du Président
Roosevelt. Roosevelt et Carter sont les Présidents qui ont ma
préférence auxquels j'ajouterais Clinton dont on n'a pas
voulu du projet d'assurance maladie en 1995. Et c'est dommage.
Tout cela
pour vous dire que j'ai accompli ce périple avec un immense plaisir
et que je me rends compte à quel point ces échanges et
rencontres peuvent être fructueux . C'est très volontiers
que je reviendrais parmi vous.
En attendant,
j'ai repris raisonnablement certaines activités politiques et
j'ai commencé à réfléchir au nouveau livre
que j'ai envie d'écrire.
Cela pourrait
être l'occasion d'autres rencontres.
| Y
a-t-il une place pour les femmes en politique ? |
Les
femmes ont-elles leur place en politique ? La femme politique : un
nouveau genre ? Atlanta,
2 novembre 2002
La profession
politique se féminise très lentement... En témoignent
les chiffres révélant qu'aux Etats-Unis, les femmes ne
sont représentées qu'à 12% aux postes de gouverneurs,
à 14% au Congrès et à 13% au Sénat. Le retard
en France est tout aussi alarmant : on ne compte que 11 Ambassadrices
sur un total de 150 ; la proportion de femmes à l'Assemblée
nationale ne dépasse guère les 12% et n'atteint même
pas les 11% au Sénat. Passionnée
par le sujet depuis de nombreuses années, Samia Spencer, professeur
de Français au département de langues étrangères
de l'Université d'Auburn en Alabama, a déployé
une énergie extraordinaire pour organiser un événement
politique majeur à l'échelle du Sud-Est : le colloque
" Women
and politics, a global perspective" qui a regroupé
près de 800 personnes sur le campus d'Auburn, le 21 novembre
dernier.
Cinq personnalités
féminines de la sphère politique internationale avaient
répondu présentes à l'invitation. L'actuelle Ministre
des Affaires Etrangères du Salvador, Maria Eugenia Brizuela de
Avila a rappelé que sur 187 pays, seules 11 femmes occupaient
sa fonction. Sheila Sisulu, Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire
de l'Afrique du Sud a montré l'importance qu'attachait en revanche
son gouvernement à la représentation féminine et
souligné l'efficacité des nombreuses organisations gouvernementales
(ou non) qui militent en faveur des droits de la Femme. La
Francophonie était à l'honneur de ce colloque, le panel
étant composé également de trois éminentes
figures politiques de langue française : Céline Hervieux-Payette,
membre du Sénat canadien et présidente du Forum des Amériques,
Faida Mitifu, Ambassadrice de la République du Congo aux Etats-Unis
et Yvette Roudy, ancienne Ministre des droits de la Femme en France,
ancien maire de Lisieux et fondatrice de l'Assemblée des Femmes.
Cette dernière achevait une tournée américaine
de six semaines sur le thème de " Chemins de la parité
en France ". Intervenue dans une vingtaine d'universités
où elle a fait forte impression, elle a conclu triomphalement
en Alabama avec l'humour mordant et le style direct qui la caractérisent.
Son combat pour la cause des femmes a inspiré sa vie et son engagement
politique. Yvette Roudy compte parmi les rares modèles auxquels
peuvent se référer les jeunes générations
qui devront lutter à leur tour pour l'intégration des
femmes dans le système du pouvoir.
L'audience,
pour l'essentiel féminine, a prêté une oreille très
attentive aux récits des intervenantes qui ont, avec beaucoup
de simplicité et de passion accepté de partager leurs
expériences, et encouragé fortement la relève.
La conférence
avait pour originalité de se dérouler dans un Etat traditionnellement
fermé à la présence féminine en milieu politique.
Les dernières élections permettent cependant de nuancer
ce constat, quatre femmes ayant été élues à
des postes clés, dont ceux de Lieutenant Gouverneur et de Secrétaire
d'Etat. Cette dernière, en la personne de Nancy Worley, se remet
tout juste d'une campagne éprouvante dont elle a accepté
de parler au cours d'une intervention improvisée, sous les acclamations
du public. Un
colloque de cette ampleur, au sein d'une université très
conservatrice, dans un Etat qui fait peu parler de lui, était
un projet ambitieux auquel avaient accepté de s'associer les
Gouvernements français et canadiens via leurs représentations
consulaires respectives. L'attachée de presse et l'attachée
linguistique du consulat général de France à Atlanta,
présentes sur le terrain, ont pu apprécier l'envergure
et la qualité de l'événement. Le
professeur Samia Spencer a fait le premier pas. Les intervenantes ont
donné leurs recettes. La portée de cette conférence
innovatrice se mesurera dans quelques années. Mesdemoiselles,
Mesdames, la balle est dans votre camp.
Natacha
Constable, attachée de presse Karine Larcher, attachée
linguistique
| Des
féministes ont dit NON au système prostitutionnel |
Florence
Montreynaud, 11 décembre 2002
Paris,
10 décembre 2002, anniversaire de la Déclaration universelle
des droits humains : pour la première fois, des féministes
sont descendu-es dans la rue en nombre pour dire NON au système
prostitutionnel, NON à la répression visant les personnes
prostituées, et OUI à un monde sans prostitution [...]
Lire
la suite
|