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L'année 2002 de l'Assemblée des Femmes
Janvier/Février 2002

Dynah Derrycke et Martine Lignières-Cassou

Dynah Derrycke et Martine Lignières-Cassou

 

 

 Hommage à Dinah Derrycke

Notre amie, Dinah Derrycke, Sénatrice du Nord, a été emportée par la maladie à l'âge de 56 ans. Yvette Roudy, Présidente de l'Assemblée des Femmes, lui a rendu hommage en ouverture de la dernière Assemblée Générale de l'Association.

Militante socialiste, syndicaliste, féministe, Dinah Derrycke s'est battue avec conviction pour faire avancer les droits des femmes, à la tête de la Délégation aux Droits des Femmes et à l'Égalité des Chances qu'elle présidait au Sénat.

Nous n'oublierons pas sa participation à l'Université d'été de l'Assemblée des Femmes à Lisieux en août 2000, où Dinah Derrycke était intervenue sur un sujet qui lui tenait à coeur, la prostitution.

 Programme de l'Assemblée Générale ordinaire du 26 janvier 2002
 Yvette Roudy, Présidente de l'Assemblée des femmes

L'Assemblée Générale ordinaire s'est tenue le :

Samedi 26 janvier 2002
de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 16h00
dans la salle du rez-de-chaussée du CEDIAS (Musée Social)
5 rue las Cases - 75007 Paris

La journée fut organisée en deux temps :

Matinée (accueil à 9h30) de 10h à 12h45

Dans sa déclaration de principes, l'Assemblée des Femmes s'est engagée à être solidaire avec toutes les femmes dans le monde pour la reconnaissance de leurs droits.

Au lendemain des accords de Bonn, suivi par la mise en place d'un gouvernement provisoire à Kaboul, et la nomination de deux femmes au sein de ce gouvernement, les femmes afghanes doivent avoir désormais le droit à l'éducation, au travail, à la santé, à la protection sociale, à la sécurité personnelle, excluant toutes les violences inhumaines.

Une table ronde, préparée par Françoise Durand, a fait le point avec le NEGAR sur le devenir des femmes afghanes.

Débat.

2002, deux échéances électorales majeures : l'élection présidentielle, suivie des élections législatives. L'Assemblée des Femmes fera le point sur les candidates investies. Beaucoup de nos adhérentes se préparent pour la campagne législative. Nous songeons à la création d'un Observatoire de la Parité au sein de notre association et proposons, en association avec l'IPEFF, deux journées de préparation des candidates aux législatives.

Débat.

13h00 : pause déjeuner (libre).

Après-midi de 14h30 à 16h00

Assemblée Générale ordinaire de l'Assemblée des Femmes.

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Mars/Avril 2002

Manifestation contre Le Pen
Grande manifestation contre Le Pen
à Paris le 27 avril 2002

 Communiqué de presse

L'Assemblée des Femmes, présidée par Yvette ROUDY, ancienne ministre des Droits des Femmes, députée du Calvados, met en garde contre les dangers et la régression totale pour les droits des femmes que constitue le programme du Front National de LE PEN.

Il prévoit la suppression du droit à l'avortement qu'il qualifie de "culture de mort", ainsi que la suppression de la pilule du lendemain.

Il veut promouvoir une politique nataliste mais seulement au profit des familles françaises. Pour LE PEN, il n'y a d'avenir pour la France que "s'il y a de nombreuses naissances de Français par filiation".

Il veut abroger le PACS qui, selon lui, érige "les modèles déviants en modèle social normatif".

Il prévoit la suppression des allocations familiales pour les familles d'origine étrangère et déplore l'attribution de fonds publics au FAS (Fonds d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles).

Ne tenant pas compte de l'évolution de la société et de la diversification des modèles familiaux, il propose un modèle unique de famille : il désapprouve les divorces, les naissances hors mariage, les familles monoparentales. Les aides financières, en dehors de tout réalisme budgétaire, iront exclusivement à la famille française "modèle", telle qu'il la définit.

Ne tenant pas compte de la volonté des Françaises d'avoir une activité professionnelle, donc leur autonomie, il veut les renvoyer au foyer par la création d'un statut de la mère de famille.

Immuable depuis plus de 30 ans, il se targue de son attachement aux valeurs pétainistes, TRAVAIL, FAMILLE, PATRIE.

Devant ces perspectives rétrogrades que propose LE PEN et qui rappellent le régime de Vichy, l'Assemblée des Femmes appelle les femmes à faire barrage à LE PEN et au Front National, et à le mettre en échec le 5 mai prochain.

 Vingtième anniversaire de la Journée Internationale des Femmes

Pour célébrer le vingtième anniversaire de la Journée Internationale des Femmes le 8 mars 2002, l'Assemblée des Femmes-Paris a organisé un dîner-débat, le mardi 5 mars à 20h00 dans les locaux du Cercle Républicain - 5 avenue de l'Opéra - 75001 Paris, au cours duquel Malka Marcovich, Présidente du MAPP (Mouvement pour l'Abolition de la Prostitution et de la Pornographie), a traité de la prostitution, une violence faite aux femmes.

 Paris a célébré la Journée Internationale des Femmes

À l'occasion de la Journée Internationale des Femmes, l'Assemblée des Femmes a présenté son exposition "Les chemins de la parité" au village des associations, du 8 au 10 mars 2002, sur le parvis de l'Hôtel de Ville.

 Avec les femmes afghanes, reconstruisons l'Afghanistan

L'Assemblée des Femmes a lancé une souscription pour aider à la scolarisation des filles en Afghanistan, en collaboration avec AFRANE.

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Mai/Juin 2002

 

 Communiqué de presse : "Les oubliées" du Président
 Yvette Roudy, présidente de l'Assemblée des Femmes, députée, ancienne Ministre, 13 mai 2002

Peu d'observateurs politiques semblent avoir remarqué que ce nouveau Gouvernement a tout simplement oublié de prévoir un ministère pour les femmes. Il est vrai que nous avons à l'affiche deux symboles de taille : une femme à la tête de l'imposant Ministère de la Défense. Et une jeune femme de la première génération algérienne à la tête d'un Secrétariat d'État. Ce n'est pas mal.

Mais à qui les femmes vont-elles s'adresser ? Les agriculteurs, les marins, les pêcheurs, les militaires, les anciens combattants, les écologistes savent tous vers qui se tourner. Ils ont un ministère prévu pour s'occuper d'eux. Pas les femmes. Un oubli sans doute.

Mais 22 % de femmes au Gouvernement et 20 % de candidates prévues aux législatives, est-ce la parité ? N'est-ce pas le signe qu'il y a encore beaucoup à faire dans notre pays alors que les pays scandinaves ont depuis longtemps dépassé les 30 % de présence féminine en politique ?

Un écart de salaire de près de 25 % entre les femmes et les hommes, est-ce normal dans un pays développé ? Une grave insuffisance d'information sur la contraception, est-ce satisfaisant ? Des femmes qui sont encore obligées d'aller à l'étranger chercher une intervention IVG qu'elles ne trouvent pas chez elles, est-ce supportable ? Les violences sexuelles à l'encontre des femmes et des jeunes filles qui se multiplient dans notre pays, n'est-ce pas un sujet préoccupant ?
Tous ces problèmes ne mériteraient-ils pas un Ministère à part entière qui seul permettrait de les traiter décemment ?

Quelques jours avant le second tour des élections, nous avions écrit au candidat Jacques Chirac pour lui demander ce qu'il pensait de l'égalité professionnelle entre femmes et hommes, s'il lancerait une campagne d'information sur la contraception, si il veillerait à la bonne application de la loi sur l'IVG, si il appliquerait la loi Parité, et si il prendrait des mesures pour éradiquer les violences à l'encontre des femmes.

Le candidat Chirac n'a pas répondu à nos questions. Faut-il considérer que la constitution de ce gouvernement, la préparation des législatives tiendront lieu de réponse du Président, qui n'a pas pu oublié aussi vite, qu'il nous doit son élection, à nous les femmes...

Sait-il qu'en votant contre leurs convictions, beaucoup d'entre elles ont dû s'imposer une souffrance qu'elles ne sont pas prêtes d'oublier. Elles auront bonne mémoire.

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Juillet/Août 2002
Anne Hidalgo - Photo Janine NIEPCE
Anne Hidalgo, Première adjointe au Maire de Paris, présente à l'Université d'été 2002, soutient le projet de loi sur la pénalisation du client "acheteur de services sexuels"
 Communiqué de Presse
 Yvette Roudy, Ancienne Ministre,Parlementaire Honoraire, Présidente de l'Assemblée des Femmes, 4 juillet 2002

Non, Françoise de Panafieu, il ne faut pas rouvrir les maisons closes. Sanctionnez plutôt le client. [...]
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Septembre/Octobre 2002

 

 Université d'été 2002 à Floirac, Gironde
 Yvette Roudy, Présidente de l'Assemblée des Femmes, 29 août 2002

Pendant deux jours, les mardi 27 et mercredi 28 août, près de 300 femmes de gauche, principalement des socialistes, mais aussi des femmes issues du secteur associatif et universitaire, et... quelques hommes, ont planché en université d'été à Floirac chez la députée Maire Conchita Lacuey. Yvette Roudy avait préparé, avec son équipe de l'Assemblée des femmes, un programme exceptionnel et une série de motions.
Trois thèmes principaux : la Parité, les violences à l'encontre des femmes, la prostitution et la solidarité internationale. Six motions ont été proposées à la discussion et portées à l'université d'été du PS de la Rochelle notamment par les députées présentes à Floirac. [...]
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 Six motions
 Floirac 2002
Motion n°1 - La Parité : Une véritable démocratie
Motion n°2 - Le corps n'est pas une marchandise
Motion n°3 - Tolérance zéro pour les violences faites aux femmes
Motion n°4 - Solidarité internationale avec les femmes victimes de l'intégrisme et de l'oppression
Motion n°5 - Sauvons Amina Lawal
Motion n°6 - Pour une troisième femme au Panthéon
 La parité bafouée
 Floirac 2002, intervention de Yvette Roudy, 27/28 août 2002

Si la loi sur la Parité a bien fonctionné au moment des municipales de 2001, favorisant l'émergence de nombreuses femmes dans les conseils municipaux (de 22% on les a vues passer à 47,5%), il en fut tout autrement au moment des législatives de juin 2002. Alors que la loi prévoit une sanction financière pour les Partis ne présentant pas 50% de femmes aux législatives, les dirigeants des principaux partis, bafouant sans état d'âme un texte qu'ils avaient voté, ont préféré subir la sanction plutôt que de voir siéger à leurs côtés des femmes qui pouvaient enrichir leurs travaux de leurs expériences, de leurs compétences, de leur culture, de leurs différences. En un mot capables d'apporter un autre regard sur la politique, et un certain changement dont nous avons tant besoin. [...]
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Novembre/Décembre 2002
* Impressions d'Amérique
* Y a-t-il une place pour les femmes en politique ?
* Des féministes ont dit NON au système prostitutionnel

 

 Impressions d'Amérique (17 octobre - 23 novembre 2003)
 Yvette Roudy à Catherine Montfort, 12 décembre 2002

A l'invitation d'un certain nombre d'universités américaines, j'ai quitté Paris le 17 Oct 2002 pour une tournée de plus 5 semaines de conférences aux USA sur le thème des " chemins de la Parité en France ". J'étais accompagnée de Monique Thepaut, qui avait accepté de m'assister pendant mon séjour.

L'itinéraire préparé par Samia Spencer, une amie américaine francophone et francophile, professeurs de Français à l'université de Auburn (Alabama) partait de New York où j'ai donné deux conférences, dans deux Universités.
Je me suis ensuite rendue à Mobile - Alabama, où une association francophone tenait son colloque annuel réunissant de nombreux professeurs de Français, pour la plupart enseignants aux USA. Samia Spencer, co-organisatrice m'avait conviée à participer à une table ronde, toujours sur la Parité et la loi Française. De là, nous avons pris la route pour l'Université de Colombus-Georgie pour une conférence organisée par la Professeure Jacqueline Konan.
Puis ce fut Atlanta en Georgie pour d'autres conférences, déjeuners débats, diverses rencontres avec des étudiants et des professeurs, invitée par les professeures Judith Miller et Rosemarie Garland Thomson. Conférences en anglais et en français.
A Chattanooga - Tennessee, Felicia Sturzer directrice des women's studies m'a accueillie et accompagnée. Les sujets se sont élargis à la vie politique française en général, nos politiques sociales, la question de l'Europe et mon cursus politique. En anglais et français.
Le 2 Novembre j'étais à Birmingham-Alabama, pour une conférence à l'Alliance Française.

De là, j'ai pris l'avion pour San Francisco et Santa Clara University ou Catherine Montfort et Barbara Molony m'ont accueillie. Thèmes essentiels abordés : la Parité, les institutions françaises et l'Europe.
De Santa Clara, nous avons rejoint Bellingham (Washington) où se tenait une conférence organisée par l'association des langues anciennes et modernes de la côte du Pacifique dont Catherine Montfort était co-organisatrice et où j'étais invitée comme key note speaker. J'ai parlé de mon parcours politique et de mes livres à la demande de Catherine Montfort.
Le 11 Novembre nous reprenions l'avion pour Morgantown -West Virginie via Seattle, via Pittsburg où Valérie Lastinger et Barbara Howe respectivement Professeure de Français et Directrice des Women's studies m'attendaient. Une semaine très chargée en rencontres, conférences, discussions diverses sur le campus où j'ai été sollicitée sur le multiples sujets par des professeurs de droit, de sciences politiques, de sciences sociales, de management, de ressources humaines et autres, en dehors des Women's Studies. Egalement animation d'une video conférence en liaison avec une université éloignée.
Le 17 Novembre, j'étais à Millersville - Pensylvanie où Christine Gaudry Hudson, professeure, m'attendait : Conférence sur droits des femmes, Parité en France et un exposé sur l'Europe.
Je terminai à Auburn University - Alabama où Samia Spencer avait organisé un grand colloque international sur le thème : Women and politics : a global perspective.
J'étais de retour à Paris le 24 Novembre, heureuse et satisfaite de ce périple intense, mais passionnant.

Il s'agissait pour moi d'un premier vrai contact avec les milieux universitaires américains. Je n'avais jusqu'alors effectué que de brèves missions politiques dont la dernière avec une délégation de parlementaires français venus apporter leur soutien après les événements du 11 septembre.

Aussi ai-je apprécié les échanges et rencontres avec les professeurs et étudiants dont j'ai aimé les questions directes, même si je n'ai pas toujours répondu aussi complètement qu'ils l'auraient souhaité. Les questions sur l'anti-américanisme de certains milieux français et la question sur l'Irak m'ont surprise. Je me suis efforcée d'y répondre avec une égale spontanéité. Il est vrai que les Français et la plupart des européens ne souhaitent pas la guerre avec l'Irak et mon expérience politique me fait préférer de loin la négociation à l'action militaire. Je m'attendais - je l'avoue - à trouver plus d'inquiétude exprimée chez les étudiants. Certains d'entre eux ne risquent ils pas d'être rappelés en cas de guerre ?
J'ai été agréablement surprise par la question sur l'Europe qui revenait régulièrement. Certes, le sujet est dominant en France mais je ne pensais pas qu'il intéressait à ce point les étudiants américains. .
La peine de mort a été évoquée très souvent, sans doute parce qu'elle est interdite en France depuis 1981 et qu'elle est encore pratiquée dans certains Etats des USA. J'ai dit très franchement que je ne croyais pas à sa fonction dissuasive. Revenaient aussi très souvent les droits des femmes en matière de contraception et d'avortement. Là dessus je retrouvais le terrain de mes combats favoris et j'espère avoir été convaincante.
Interrogée sur la question du poids de l'Eglise sur la vie politique, j'ai clairement souligné qu'en France l'Eglise et l'Etat sont séparés et qu'il n'est pas très apprécié que l'Eglise se mêle des affaires de l'Etat même si la tentation est forte et si autrefois les deux institutions furent intimement liées. Qu'un élu puisse proposer que les Dix Commandements deviennent la règle dans les tribunaux, comme j'ai pu le lire dans la presse américaine, est proprement impensable en France. Quant à l'affaire du foulard également soulevée, elle est pour l'instant apaisée, sinon réglée, même si elle ressurgit régulièrement et si en ce moment certains Etats d'Europe sur le point d'entrer dans l'Union Européenne souhaitent, sous la pression du Vatican, que le critère religieux soit inscrit dans la Charte des droits fondamentaux européens, appelée à figurer dans la Constitution européenne à venir.

Différence encore. L'élaboration de la Loi, sa gestation, son évolution, sont le plus souvent précédées en France de débats, de mouvements sociaux, de discussions longues et compliquées dans nos Assemblées. Un professeur de droit m'a dit qu'aux Etats-Unis la loi est le plus souvent le produit de procès devant les Tribunaux, " a law is case made " m'a-t-il expliqué lors d'une discussion.
Différence aussi en matière de politique sociale. Deux conceptions s'opposent. Nous croyons, comme la plupart des pays européens à l'action de l'Etat Providence, fondé sur la solidarité, la compassion, la primauté des relations humaines sur la performance. Interrogée sur notre système de sécurité sociale, de retraite, de gardes d'enfants, de crèches, d'indemnités diverses et autres allocations, j'ai découvert avec étonnement, qu'à son accouchement une femme ne bénéficie d'aucune journée de congé payé aux USA. Libre à elle de s'offrir une assurance privée, un plan de retraite, si son salaire le lui permet. De même notre couverture maladie universelle et notre revenu minimum d'insertion n'ont pas d'équivalent
Partisante du principe de l'action positive - la loi sur la parité prévoit que des places pour les femmes soient réservées sur les listes des élections à la proportionnelle, et ma loi de 1982 sur l'égalité professionnelle prévoit des plans d'égalité réservés aux femmes - je n'ai pas compris tout de suite pourquoi ce principe soutenu par le Président Johnson n'est plus en vogue aux USA. Ce n'est qu'après discussions que j'ai cru comprendre que l'utilisation et l'application diffèrent dans nos deux pays. L'action positive chez nous ne s'applique qu'aux femmes, jamais aux minorités. Ainsi est évité le risque de communautarisme. On imagine mal les femmes s'organiser en communauté fermée. Hommes et femmes ne sont-ils pas les deux genres d'une même espèce liés indissolublement par leur fonction procréatrice ?

A propos de cette valeur que nous partageons " l'égalité ", j'ai aussi compris que nous n'en avions pas la même perception. Pour moi le principe de l'égalité est davantage une question d' " égalité de chances " qui doit justement s'accompagner d'actions positives qui permettent de réduire les inégalités.
Quant à cette autre valeur qu'est " la liberté " pour moi elle ne se conçoit que si toutes les parties concernées sont à " égalité de chances " sans quoi il s'agit simplement de la " liberté du renard dans le poulailler ".

A toutes ces questions, s'ajoutaient dans le désordre, des interrogations sur l'Ecole Nationale d'administration, sur l'échec des socialistes aux élections en France. Et " Comment êtes-vous devenue socialiste ? " m'a-t-on demandé. Et " comment êtes-vous devenue féministe ?". Deux questions qui m'ont prise de court car - à vrai dire - je ne me les étais jamais posées. L'interrogation sur la montée de l'extrême droite m'a donné l'occasion d'expliquer ce qu'est pour moi le populisme : la forme la plus nauséabonde et la plus basse de la politique. J'ai aussi dû expliquer quelle stratégie j'avais utilisée pour faire évoluer la loi sur les droits des femmes, ce qui m'a amenée à parler de mon travail auprès du Président Mitterrand.
Toutes ces questions et d'autres encore, nous ont permis d'aller au-delà des questions féministes pour entrer dans des questions politiques que j'ai eu à connaître tout au long de ma vie. Mais à la réflexion, je m'aperçois que je n'ai pas eu de questions sur l'écologie et la dégradation de la planète, sujet pourtant d'actualité s'il en est. Nous n'avons pas non plus dans nos discussions abordé la question des droits civiques. Mais j'ai pu visiter avec intérêt les musées de Martin Luther King à Atlanta, de Rosa Park àMontgomery et celui des droits civiques à Birmingham.
Grâce à Samia Spencer, j'ai aussi pu visité la Fondation du Président Carter qui vient de recevoir le Prix Nobel. J'ai aussi été heureuse d'en apprendre plus sur la Tennessee Valley Agency à Chattanooga, ce projet grandiose du Président Roosevelt. Roosevelt et Carter sont les Présidents qui ont ma préférence auxquels j'ajouterais Clinton dont on n'a pas voulu du projet d'assurance maladie en 1995. Et c'est dommage.

Tout cela pour vous dire que j'ai accompli ce périple avec un immense plaisir et que je me rends compte à quel point ces échanges et rencontres peuvent être fructueux . C'est très volontiers que je reviendrais parmi vous.

En attendant, j'ai repris raisonnablement certaines activités politiques et j'ai commencé à réfléchir au nouveau livre que j'ai envie d'écrire.

Cela pourrait être l'occasion d'autres rencontres.

 Y a-t-il une place pour les femmes en politique ?
 Les femmes ont-elles leur place en politique ? La femme politique : un nouveau genre ? Atlanta, 2 novembre 2002

La profession politique se féminise très lentement... En témoignent les chiffres révélant qu'aux Etats-Unis, les femmes ne sont représentées qu'à 12% aux postes de gouverneurs, à 14% au Congrès et à 13% au Sénat. Le retard en France est tout aussi alarmant : on ne compte que 11 Ambassadrices sur un total de 150 ; la proportion de femmes à l'Assemblée nationale ne dépasse guère les 12% et n'atteint même pas les 11% au Sénat. Passionnée par le sujet depuis de nombreuses années, Samia Spencer, professeur de Français au département de langues étrangères de l'Université d'Auburn en Alabama, a déployé une énergie extraordinaire pour organiser un événement politique majeur à l'échelle du Sud-Est : le colloque " Women and politics, a global perspective" qui a regroupé près de 800 personnes sur le campus d'Auburn, le 21 novembre dernier.

Cinq personnalités féminines de la sphère politique internationale avaient répondu présentes à l'invitation. L'actuelle Ministre des Affaires Etrangères du Salvador, Maria Eugenia Brizuela de Avila a rappelé que sur 187 pays, seules 11 femmes occupaient sa fonction. Sheila Sisulu, Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de l'Afrique du Sud a montré l'importance qu'attachait en revanche son gouvernement à la représentation féminine et souligné l'efficacité des nombreuses organisations gouvernementales (ou non) qui militent en faveur des droits de la Femme. La Francophonie était à l'honneur de ce colloque, le panel étant composé également de trois éminentes figures politiques de langue française : Céline Hervieux-Payette, membre du Sénat canadien et présidente du Forum des Amériques, Faida Mitifu, Ambassadrice de la République du Congo aux Etats-Unis et Yvette Roudy, ancienne Ministre des droits de la Femme en France, ancien maire de Lisieux et fondatrice de l'Assemblée des Femmes. Cette dernière achevait une tournée américaine de six semaines sur le thème de " Chemins de la parité en France ". Intervenue dans une vingtaine d'universités où elle a fait forte impression, elle a conclu triomphalement en Alabama avec l'humour mordant et le style direct qui la caractérisent. Son combat pour la cause des femmes a inspiré sa vie et son engagement politique. Yvette Roudy compte parmi les rares modèles auxquels peuvent se référer les jeunes générations qui devront lutter à leur tour pour l'intégration des femmes dans le système du pouvoir.

L'audience, pour l'essentiel féminine, a prêté une oreille très attentive aux récits des intervenantes qui ont, avec beaucoup de simplicité et de passion accepté de partager leurs expériences, et encouragé fortement la relève. La conférence avait pour originalité de se dérouler dans un Etat traditionnellement fermé à la présence féminine en milieu politique. Les dernières élections permettent cependant de nuancer ce constat, quatre femmes ayant été élues à des postes clés, dont ceux de Lieutenant Gouverneur et de Secrétaire d'Etat. Cette dernière, en la personne de Nancy Worley, se remet tout juste d'une campagne éprouvante dont elle a accepté de parler au cours d'une intervention improvisée, sous les acclamations du public. Un colloque de cette ampleur, au sein d'une université très conservatrice, dans un Etat qui fait peu parler de lui, était un projet ambitieux auquel avaient accepté de s'associer les Gouvernements français et canadiens via leurs représentations consulaires respectives. L'attachée de presse et l'attachée linguistique du consulat général de France à Atlanta, présentes sur le terrain, ont pu apprécier l'envergure et la qualité de l'événement. Le professeur Samia Spencer a fait le premier pas. Les intervenantes ont donné leurs recettes. La portée de cette conférence innovatrice se mesurera dans quelques années. Mesdemoiselles, Mesdames, la balle est dans votre camp.

Natacha Constable, attachée de presse Karine Larcher, attachée linguistique

 Des féministes ont dit NON au système prostitutionnel
 Florence Montreynaud, 11 décembre 2002

Paris, 10 décembre 2002, anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains : pour la première fois, des féministes sont descendu-es dans la rue en nombre pour dire NON au système prostitutionnel, NON à la répression visant les personnes prostituées, et OUI à un monde sans prostitution [...]
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