9h15 :
accueil des participant(e)s
9h30 :
intervention de Raymond Faro, maire de Boujan-sur-Libron
9h45 :
ouverture et présentation de la journée
Geneviève Tapié, présidente de l'Assemblée
des femmes du Languedoc et du Roussillon
10h00 :
intervention de Paul Alliés, professeur de Droit
10h30 :
Table ronde n° 1 - La limitation du cumul des mandats, jusqu'où
?
Présidence: Elisabeth Auerbacher, avocate
Isabelle Bettati, présidente de l'Association pour le mandat
unique
Eliane Bauduin, vice-Présidente du Conseil Général
de l'Hérault
Catherine Guy-Quint, députée européenne
Renaud Boisvert, administrateur territorial
11h30 :
débat
11h50 :
clôture de la matinée : Maryse Berger-Lavigne, sénatrice
de la Haute-Garonne
12h15 :
réception à la mairie - déjeuner
14h30 :
Table ronde n° 2 - Le statut de l'élu, lequel ?
Présidence : Yvette Chassagne, conseillère municipale
de Narbonne
Gérard Rispal, président de l'Association sur le statut
de l'élu
Catherine Bertin, déléguée générale
de FNESER
Raymond Faro, maire de Boujan-sur-Libron
Jany Prats-Vidal, maire-adjoint de St Estève (PO)
15h40 :
Table ronde n° 3 - La place des femmes, laquelle ?
Présidence : Geneviève Tapié
Barbara Romagnan, doctorante en science politique (Lyon)
Monique Dental, CEDREF (Université Paris VII)
Jeanine Rouvière, maire de Balsièges (Lozère)
16h40 :
débat
17h00 :
synthèse des travaux - Stéphane Ratinaud, journaliste
à France 3 Sud
17h15/17h30
: clôture des travaux - Roland Courteau, sénateur de l'Aude
Avant que
l'attentat du 11 septembre à New York ne fasse trembler le monde,
fort peu de gens s'intéressaient au sort barbare que les Taliban
réservaient à leurs femmes depuis leur arrivée
au pouvoir le 27 septembre 1996. Fort peu, en dehors de ce monde à
part que sont les associations féminines, féministes et
humanitaires.
Lorsqu'en
décembre 1998, j'organisais à Paris, à l'Assemblée
Nationale, sous l'égide du Conseil de l'Europe, un colloque sur
la situation des Afghanes, qui l'a remarqué en dehors de ces
mêmes associations féminines, féministes, humanitaires
? Et pourtant, au même moment le Parlement Européen lançait
une grande campagne en faveur des Afghanes. Un poster géant "une
fleur pour Kaboul" représentait un beau visage de jeune
fille, émergeant entre deux silhouettes enveloppées du
tchadri, cette sorte de prison de tissu qui laisse à peine le
regard filtrer à travers un grillage, sorte de scaphandre sans
lequel les Afghanes ne pouvaient sortir de chez elles.
Force
est de constater que jusqu'au 11 septembre, l'indifférence était
quasi totale. Il faut dire que jusqu'alors, les États-Unis, par
une sorte d'aveuglement ou de vieux réflexe politique, soutenaient
le régime taliban contre les Russes et que des raisons économiques
et des intérêts financiers puissants (pétrole et
drogue) intervenaient. À partir du 11 septembre, attaqués
au coeur même de leur puissance, sur leur propre territoire, les
USA ont changé brutalement d'attitude. Le Président Poutine
vient d'être reçu chez M. Bush comme un ami et un allié
précieux, et Ben Ladden qui fit ses études en Occident
et fut l'élève de la CIA est devenu l'ennemi public numéro
un, dont la tête est mise prix pour 25 millions de dollars (140
millions de francs). Connaissant l'âme humaine, son meilleur ami
peut fort bien se laisser tenter.
Dès
lors, le sort des Afghanes est devenu un sujet incontournable et Madame
Bush et Madame Blair elles-mêmes se sont adressées à
l'opinion de leur pays respectif pour décrire l'horreur du destin
que les Taliban réservaient à leurs mères, soeurs,
filles, épouses, mères de leurs enfants. Épouvantée,
horrifiée, l'opinion publique du monde entier a découvert
à la radio, à la télé, qu'il existait des
pays où des régimes barbares, cruels, totalitaires, pouvaient,
par décret, interdire aux femmes les écoles, sauf l'école
coranique jusqu'à l'âge de 9 ans, leur interdire de travailler,
de sortir sans le tchadri et sans être accompagnées d'un
membre mâle de leur famille, fut-il un enfant. Que dénoncées
pour adultère, elles risquaient d'être lapidées
à mort publiquement. Et pour faire bonne mesure, toute personne
prise en flagrant délit de vol, pouvait avoir la main droite
coupée, que la prière était obligatoire, que les
rassemblements de plus de 5 personnes étaient interdits, qu'il
était interdit de fumer dans la rue, au bureau, que la musique,
la télé, la vidéo et les fêtes de mariage
étaient interdites, etc. Les Tribunaux Charia étaient
prédominants dans toutes les structures administratives de l'État
islamique et les milices islamiques patrouillaient dans les rues.
Et nous
avons entendu parler de cet autre décret des Taliban interdisant
aux femmes l'accès la santé : les femmes ne pouvant consulter
que des femmes médecins, celles-ci ne pouvant travailler, cela
revenait à les priver de soins. Certaines femmes couvertes de
diplômes, sans hommes dans leur famille, en étaient réduites
à mendier dans la rue ou préféraient encore se
suicider et en finir plus vite. Ce fut le sort de nombreuses veuves
dans un pays en guerre où beaucoup d'hommes étaient morts
dans des affrontements.
Qui n'a
pas frémi aux récits terrifiants de ces femmes lapidées,
fouettées publiquement pour un bras découvert, à
qui l'on arrachait les ongles trop colorés ou encore aux récits
de ces petites filles aux doigts coupés pour les mêmes
raisons.
Dans certains
villages où les femmes, nous disait-on, vivaient comme des animaux
sans droits, sans moyens d'existence, sans vêtements, sans nourriture,
sans médicaments, malheur à celles qui tombaient malades.
Elles devaient rester chez elles jusqu'à ce que la mort survienne.
Depuis
la chute de Kaboul, survenue avec une surprenante rapidité, ces
récits appartiennent au passé. On veut bien le croire.
Les hommes politiques, les experts que j'interroge à chaque occasion
sur ces horribles faits écartent la question rapidement. Les
Taliban étaient givrés. "C'était Pol Pot",
me dit l'un d'eux, avant de passer vite à autre chose. Comme
si ça réglait la question. Oui mais ce qui fut peut fort
bien ressurgir ! Là ou ailleurs peut-être où le
fondamentalisme rôde et attend son heure.
Les Taliban
sont vaincus, grâce aux frappes américaines et aux combats
des anti-Taliban. Désormais les femmes peuvent sortir sans le
tchadri, les petites filles revenir à l'école. Les enseignantes
sont de retour. Les femmes peuvent reprendre le travail. Et elles sont
nombreuses, instruites, éduquées, compétentes.
Elles pourront soigner et se faire soigner, conduire une voiture. Et
c'est un immense soulagement.
Mais on
a bien vu ces images la télé l'autre soir. Ces visages
de femmes éclatants, découverts, souriants, plein de vie.
Elles étaient 200. Elles voulaient marcher vers le siège
de l'ONU pour chercher confirmation de leurs droits, et que s'est-il
passé ? On les a dispersées. On leur a refusé le
droit de manifester. Elles n'étaient pas sorties depuis 5 ans.
Elles étaient 200. Elles avaient entendu dire que les Taliban
étaient partis. Les hommes se faisaient raser dans la rue, se
précipitaient dans les cinémas ? Elles ont cru qu'elles
avaient peut-être le droit, elles aussi, de circuler librement
! Il faut croire qu'une fois de plus - tout comme les Algériennes
dès la fin de la guerre, tout comme les Françaises en
1789 - elles n'avaient pas bien compris que les droits de l'homme sont
une chose, et les devoirs des femmes une autre. On leur a fait comprendre.
Comment,
dès lors, ne pas interpréter l'apparition de ces deux
femmes présentatrices à la télé sinon comme
une mise en scène juste bonne à rassurer l'opinion occidentale.
Mais en
quoi sont-elles dangereuses ? Qui a vu, une fois, les femmes mettre
en danger l'ordre public ? Ont-elles jamais renversé un régime,
les armes à la main, sinon dans "je ne sais" quel fantasme
de cervelles détraquées ? Les voit-on régulièrement
se mettre à plusieurs pour agresser un homme, le torturer sexuellement
pour s'amuser ? La violence n'est pas de leur côté. Qui
voudra bien un jour reconnaître cette évidence ?
Il y a
quelques jours, lors d'un débat à la radio sur la question
afghane, une journaliste de ELLE s'est invitée pour poser la
question des femmes. L'un des experts qui expliquait gravement ce qu'il
fallait penser du problème afghan lui a répondu que la
question des femmes n'était pas à l'ordre du jour, ce
n'était ni le lieu ni le moment. Mais où et quand est-ce
le lieu et le moment ? Ne savent-ils pas, ces éminents spécialistes,
que le degré de démocratie d'un pays se mesure au sort
réservé aux femmes ?
Soria
Parlika, chef de file des manifestantes empêchées de poursuivre
leur marche, souhaite voir les femmes entrer dans le futur Conseil de
l'unité afghane. Elles ont des choses à dire. Soria Parlika
insiste : "Je vous en supplie, puisque nous ne pouvons pas aller
voir les gens des Nations Unies, dites-leur de venir ici" .
Elle ne sait pas, sans doute on ne lui a pas assez dit, que les grandes
questions de guerre et de paix, tout comme la politique, cette autre
façon de faire la guerre, sont des affaires d'hommes. Rien qu'à
voir la façon dont ces affaires sont traitées, on se demande
ce que l'on risquerait à donner la parole aux femmes. Moins de
violence peut-être. Plus de diplomatie. Plus de patience aussi.
Qui sait ? On n'a pas encore essayé.
Une femme
cependant pourra peut-être être présente en Allemagne.
C'est une italienne, Margharita Boniver, qui accompagne l'ex-roi d'Afghanistan
Mohammed Zaher. Je doute qu'on lui donne la parole.
À
certains moments de l'histoire d'un peuple, quand on a suffisamment
détruit et que vient le moment de reconstruire, il existe une
chance de voir le cours des choses s'accélérer. Ce moment
existe pour les Afghanes aujourd'hui, cet instant, ne le laissons pas
échapper. Si l'ONU obtient que les droits de l'homme soient inscrits
dans la Constitution, que ne soient pas oubliés les droits des
femmes. Autour de la table des négociations, il y aura des partisans
de la Charia, du Code de la famille, de la polygamie, de la répudiation,
etc. Ne laissons pas l'intégrisme, fut-il modéré,
revenir sournoisement et imposer ses lois. En aidant ces femmes, c'est
nous-mêmes et la démocratie que nous aidons.