INVITATION

À
l'occasion du centenaire de la Journée Internationale des
Femmes, l'Assemblée des Femmes a le plaisir de vous inviter
à la projection - débat autour du film :
"
OSAMA ",
du réalisateur afghan de Siddiq Barmak (2003)
Caméra d'Or du festival de Cannes 2004 (Durée: 1h 23mn)
Lundi
22 mars 2010 à 19h30 (précises)
Au Cinéma l'ENTREPOT
7-9 rue Francis de Pressensé 75014 Paris (Métro Pernety)
La projection
sera suivie d'un débat sur la situation actuelle des femmes afghanes
qui risquent fort d'être sacrifiées sur l'autel d'une réconciliation
imminente du pouvoir en place avec les Talibans. Ces derniers seraient
donc susceptibles de revenir au pouvoir, alors que nul n'ignore que
l'une de leur principales volontés est de faire entrer la Charia
dans la Constitution.
Ce débat
sera animé par Shoukria Haïdar, Présidente de l'association
Negar, de soutien aux femmes d'afghanistan (www.negar-afghanwomen.org)
et ancienne collaboratrice du Ministère de la Culture et des
Sports afghan, en présence de :
- Latif Pedram, ancien candidat à la présidence de la
République Afghane, Président du Parti du Congrès
National ;
- Yvette Roudy, ancienne Ministre, Présidente de l'Assemblée
des Femmes.
Entrée
gratuite, uniquement sur inscription à l'adresse :
Avec Marina
Golbahari, Khawaja Nader, Arif Herati, Zubaida Sahar, Hamida Refar
Distribué par la société " Haut et court ".
Site officiel : http://www.mgm.com/ua/osama
Une
mer de burkas bleues déferle dans les rues. " Nous voulons
travailler. Nous avons faim ". Très vite c'est un autre
cri : " Les Talibans arrivent ! ". Fuite éperdue des
femmes, tirs, jets d'eaux puissants sur les manifestantes. Dès
les premières images, le réalisateur nous introduit dans
l'atmosphère de l'Afghanistan des talibans qui traquent, humilient,
enferment les femmes. Parmi celles-ci une femme médecin qui n'a
plus le droit d'exercer. Elle vit avec sa mère et sa fille. Son
mari et son frère ont été tués ; eux seuls
auraient pu travailler. Sans hommes comment vivre ? La grand-mère
a la solution : travestir la fillette de 12 ans en garçon.
Le
subterfuge réussit ; Osama, c'est le prénom qu'on lui
trouve, est engagée par un petit laitier et peut ainsi faire
survivre la maisonnée. Mais qui dit garçon dit école
coranique et prières à la mosquée. Osama vit dans
la terreur d'être découverte ; les garçons la harcèlent,
les talibans l'épient, seul le jeune Espandi la défend.
On sent bien qu'à un moment ou un autre, la vérité
éclatera et le piège se refermera sur Osama.
Après
des années d'exil Siddiq Barmak est revenu en Afghanistan. Par
ce film il a voulu décrire le sort réservé aux
femmes par ces " fous de Dieu ". Le visage d'Osama nous dit
avec une intensité extrême, la peur, la panique qu'elle
ressent à chaque nouvelle épreuve. Son air traqué,
son mutisme sonnent vrai car elle a vécu cette violence. Siddiq
Barmak a trouvé l'interprète, Marina Golbahari, mendiant
dans une rue de Kaboul. " J'ai été fasciné
" dit-il " par son regard. A travers ses yeux on lisait la
tragédie, la mélancolie et une immense tristesse. "
Mais c'est pourtant Osama qui apporte au film des moments de poésie,
des moments de respiration : elle plante ses tresses coupées
dans un pot qu'elle garde près de son lit ou bien, dans les moments
les plus durs, elle s'imagine sautant à la corde comme une gamine
qu'elle est. Le rêve lui permet d'échapper un moment à
la réalité. Mais cette dernière est là,
avec l'image qui revient souvent : de gros verrous de fer d'un autre
âge symbole de l'enfermement. La fiction sait nous dire la réalité
la plus cruelle. Celle d' " Osama " est terrible. Siddiq Barmak
signe ici un film sincère, poignant, engagé.
La mise
en scène étudiée, notamment dans la magnifique
séquence du début, marque les talents prometteurs de ce
cinéaste qui a reçu à Cannes une Caméra
d'Or bien méritée.